Analyse Quantus (QTC) – La crypto post-quantique qui veut finir le travail de Bitcoin

Quantus qtc fondamental

Depuis quelques mois, une question s’est invitée dans les discussions crypto : que se passera-t-il le jour où un ordinateur quantique sera capable de casser les signatures qui protègent les bitcoins et les ethers ? Personne ne connaît la date de ce « Q-Day ». Mais les États ont déjà fixé des échéances pour abandonner ces algorithmes, et les développeurs de Bitcoin comme d’Ethereum travaillent sur leurs plans de migration.

C’est dans ce contexte que Quantus a lancé son mainnet le 9 septembre 2026. Le projet se présente comme une monnaie chiffrée résistante au quantique : une blockchain en preuve de travail, plafonnée à 21 millions de coins comme Bitcoin, mais qui utilise dès le premier bloc des signatures post-quantiques standardisées par le NIST, l’agence américaine des normes.

La Maison Blanche a avancé l’échéance fédérale de migration post-quantique, et l’Ethereum Foundation vise désormais une résistance quantique complète pour décembre 2029. Quantus se positionne comme la chaîne qui n’aura pas besoin de migrer.

Le timing n’est pas anodin non plus. Le marché a montré ces derniers mois un vrai appétit pour les nouvelles cryptos minables sur GPU comme Pearl ou Flop Network et pour les monnaies orientées confidentialité comme Monero.
Quantus coche ces deux cases, avec un argument en plus : la sécurité face au quantique. Dès son lancement, plus de 7000 cartes graphiques se sont mises à miner son token, le QTC.

Mais derrière le récit « Bitcoin, en mieux », il y a un point que le marketing met peu en avant : 27 % des QTC ont été créés avant le premier bloc et attribués aux investisseurs, aux fondateurs et à la société.

Dans cette analyse, nous allons voir ce qu’est Quantus, comment fonctionne sa blockchain post-quantique, qui se cache derrière le projet, à quoi sert le token QTC, comment sont construites ses tokenomics, ce que gagnent vraiment les mineurs, ce qui est prévu pour la suite et surtout quels sont les points de vigilance avant de s’y intéresser.

Quantus : c’est quoi ?

Quantus est une blockchain (Layer 1) lancée par la société américaine Quantus Labs LLC, basée dans le Wyoming. Son token natif s’appelle le QTC.

Le projet se définit comme une monnaie, pas comme une plateforme d’applications décentralisées. Il n’y a pas de smart contracts ni DeFi native ni NFTs et Quantus se compare lui-même à Bitcoin, Monero ou Zcash. Son slogan est “Finishing what Bitcoin started” ou finir ce que Bitcoin a commencé en français.

Le problème qu’il veut résoudre est celui du Q-Day, le jour hypothétique où un ordinateur quantique sera capable de retrouver une clé privée à partir d’une clé publique grâce à l’algorithme de Shor. Ce jour-là, les signatures ECDSA et Schnorr utilisées par Bitcoin et Ethereum ne protégeront plus rien. Personne ne sait quand ce jour viendra, ni même s’il viendra, mais les États ont déjà fixé des dates butoirs pour abandonner ces algorithmes.

Bitcoin a des pistes pour s’adapter, comme le BIP-360, encore à l’état de brouillon, mais une migration demande que chaque détenteur déplace ses fonds vers une nouvelle adresse, et que la communauté décide quoi faire des millions de bitcoins perdus ou oubliés.

Quantus fait le pari inverse : partir de zéro avec une cryptographie post-quantique dès le bloc 0, pour ne jamais avoir à migrer.

Quantus promet quatre choses à la fois :

  • Post-quantique : toutes les signatures utilisent ML-DSA, un standard du NIST.
  • Chiffré : chaque transfert peut être public ou « chiffré », au choix de l’utilisateur (comme sur ZCASH).
  • Monnaie saine : 21 millions de QTC maximum, en preuve de travail.
  • Scalable : des preuves à divulgation nulle de connaissance (zero knowledge) pour compenser le poids des signatures post-quantiques.

Comment fonctionne Quantus

Quantus n’est pas un fork de Bitcoin. Le réseau est construit sur Substrate, le kit de développement de Polkadot. Ce n’est pas pour autant une parachain : Quantus a sa propre sécurité, assurée par ses mineurs, et ne dépend pas de Polkadot.

Tous les paramètres ci-dessous sont lus dans le code source du réseau, publié sur GitHub (version du 21 septembre 2026).

ParamètreValeur
ConsensusPreuve de travail (QPoW)
Algorithme de minageDouble hachage Poseidon2
Temps de bloc visé12 secondes
SignaturesML-DSA-65 & ML-DSA-87 (ex-Dilithium, NIST FIPS 204)
Chiffrement réseauML-KEM-768 (ex-Kyber, NIST FIPS 203)
Finalité100 blocs, soit environ 20 minutes
Offre maximale21 000 000 QTC
Smart contractsAucun

Des signatures post-quantiques… 70 fois plus lourdes

Le cœur du projet, ce sont les signatures ML-DSA, anciennement appelées CRYSTALS-Dilithium. Le NIST les a standardisées en août 2024 après huit ans de compétition. Leur sécurité repose sur des problèmes mathématiques de réseaux euclidiens, pour lesquels on ne connaît aucune attaque quantique efficace.

Il y a une contrepartie : leur taille. Une signature ML-DSA-87 pèse 4627 octets, et la clé publique 2592 octets. Signature et clé publique pèsent donc environ 7 Ko ensemble, contre une centaine d’octets pour leur équivalent dans une transaction Bitcoin classique. C’est plusieurs dizaines de fois plus lourd. Les portefeuilles Quantus utilisent par défaut la version ML-DSA-65, un peu plus légère (environ 5,3 Ko).

Pour les communications entre les nœuds du réseau, Quantus utilise aussi ML-KEM-768, l’autre standard post-quantique du NIST, qui sert à chiffrer les échanges. Attention à ne pas confondre : ML-KEM protège les communications entre machines, pas les montants des transactions.

Poseidon2 : un minage pensé pour les preuves ZK

Le minage ressemble à celui de Bitcoin : les mineurs cherchent un nombre (le nonce) qui donne un résultat inférieur à une cible. La différence, c’est la fonction de hachage. Quantus remplace le SHA-256 par un double Poseidon2.

Le « Q » de QPoW ne signifie pas qu’il faut un ordinateur quantique pour miner. Poseidon2 a été choisi pour son efficacité dans les preuves zero knowledge, pas parce que le SHA-256 serait menacé par le quantique. L’intérêt, c’est que le travail des mineurs peut être vérifié directement à l’intérieur des preuves ZK.

Contrairement à Bitcoin, qui recalcule sa difficulté tous les 2016 blocs, Quantus ajuste la difficulté à chaque bloc, par petits pas plafonnés, pour ramener le temps de bloc vers sa cible de 12 secondes. C’est ce qui a permis au réseau d’encaisser l’arrivée massive des mineurs au lancement : la difficulté a été multipliée par 3100 en 40 heures, et le temps de bloc s’est stabilisé autour des 12 secondes en une demi-journée.

Le 12 secondes reste une cible, pas une garantie. Le temps réel entre deux blocs varie selon le hashrate du moment. C’est pour cela que la finalité, fixée à 100 blocs de profondeur, correspond à environ 20 minutes en pratique, parfois un peu plus.

Enfin, en cas de fork, le réseau retient la chaîne qui a accumulé le plus de travail, pas forcément celle qui compte le plus de blocs. Une chaîne plus courte mais construite avec une difficulté plus élevée l'emporte sur une chaîne plus longue mais plus facile.

Wormhole addresses et transferts chiffrés

C’est la partie la plus originale de Quantus et la plus mal comprise et surtout cela n’a rien à voir avec le bridge Wormhole : chez Quantus, le Wormhole est un système de transferts privés.

En simplifiant, ça fonctionne en trois étapes :

1. L’utilisateur envoie ses QTC vers une adresse spéciale, dérivée d’un secret. Ces QTC sont considérés comme brûlés.

2. Plus tard, il prouve avec une preuve zero knowledge qu’il connaît le secret, sans révéler de quelle adresse viennent les fonds.

3. Le réseau recrée les QTC sur l’adresse de sortie de son choix et un « nullifier » empêche de réutiliser la même preuve.

Les preuves sont générées sur le téléphone de l’utilisateur, qui peut regrouper jusqu’à sept sorties dans une seule preuve, puis agrégées une seconde fois avant d’être publiées sur la blockchain. C’est ce qui permet à Quantus de compenser en partie la taille des signatures post-quantiques. Le système s’appuie sur Plonky2, un système de preuves développé par Polygon, sans cérémonie de “trusted setup“.

Il faut toutefois nuancer le mot « chiffré ». Le whitepaper le reconnaît lui-même : l’adresse de dépôt affiche un solde visible, les montants des sorties sont publics, et un observateur qui rapproche un dépôt et une sortie de même montant à des horaires proches peut tenter de deviner le lien. Pour limiter ce risque, les montants avancent par paliers de 0,01 QTC. Quantus cache le lien entre l’expéditeur et le destinataire, pas les montants. Ce n’est pas l’anonymat d’un Monero.

Des comptes réversibles pour les gros portefeuilles

Quantus propose aussi des comptes « haute sécurité », pensés pour les exchanges et les gros détenteurs. Le propriétaire désigne un gardien, par exemple un hardware wallet ou un multisig. Chaque transfert sortant est alors bloqué pendant un délai, et le gardien peut l’annuler en cas de vol. Une annulation coûte 1 % du montant, qui est brûlé.

Le mode est définitif : une fois activé, il ne peut plus être désactivé, pour qu’un voleur ne puisse pas le couper. Au 28 septembre, l’explorateur ne recense encore aucun compte configuré de cette façon.

Plus d’infos : https://docs.quantus.com/deep-dives/safety/

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Une gouvernance entre les mains d’un collectif technique

Comme toute blockchain basée sur Substrate, Quantus peut être mis à jour sans hard fork : le code du réseau est remplacé directement sur la blockchain. D’ailleurs, une première mise à jour a déjà eu lieu le 23 septembre 2026.

La question, c’est qui décide. Au départ, Quantus prévoyait une gouvernance on-chain ouverte aux détenteurs de tokens. Elle a été retirée avant le lancement : le code indique noir sur blanc que les référendums communautaires et le vote pondéré par les tokens ont été supprimés. Aujourd’hui, seul un « Technical Collective » (10 membres à la genèse, 13 au maximum) peut proposer et voter les mises à jour. Les détenteurs de QTC n’ont aucun droit de vote.

L’équipe affirme ne pas vouloir modifier le protocole sauf urgence de sécurité, et vouloir supprimer ce collectif avec le temps. Mais aucune date n’est fixée, et rien techniquement n'empêche une mise à jour de toucher aux règles monétaires.

L’équipe derrière Quantus

  • Christopher Smith, fondateur et CEO. Il signe le whitepaper, anime le podcast QDay et dirige le média Quantum Canary, consacré à la menace quantique. Sur X, il publie sous le pseudonyme @YuviLightman. Son profil sur le site cite plusieurs projets crypto antérieurs, dont Lunyr, une « Wikipedia sur la blockchain » lancée par ICO en 2017, et FactoryDAO. Il dit avoir fait une thèse en intelligence artificielle.
  • Joseph « Joe » Mattia, cofondateur et COO. Il gère les opérations et la communauté.
  • Jonathan Angle, responsable de la communication et co-auteur du whitepaper.

Selon le récit publié par Joe Mattia en janvier, tout commence à Singapour en septembre 2024, où l’équipe rencontre son premier investisseur. Le projet démarre en décembre 2024, et, selon la présentation de son passage au podcast Bitcoin Takeover (octobre 2025), Christopher Smith aurait construit la chaîne avec son équipe en six mois, avec un budget de 500 000 dollars.

Le projet revendique aussi Balaji Srinivasan, ancien CTO de Coinbase, comme investisseur puis conseiller.

Financement de Quantus : on ne sait presque rien

C’est l’un des points les plus flous du dossier. Aucun montant de levée, aucune valorisation et aucun nom de fonds n’a été publié. Les seules traces sont :

  • un tour d’amorçage en décembre 2024, auprès d’un investisseur privé anonyme
  • des « engagements verbaux de 3 nouveaux investisseurs » et un investisseur « bouclé », mentionnés le 14 octobre 2025 dans le canal Telegram du projet
  • 250 000 dollars « engagés verbalement » cités dans une mise à jour de novembre 2025
  • un investissement de « deux partenaires stratégiques » rencontrés au Peer Summit, annoncé le 22 décembre 2025, sans nom ni montant
  • les investissements revendiqués de Balaji Srinivasan et de Babak Nivi, sans montant.

Pourtant, ces investisseurs détiennent une partie des 23 % de l’offre réservés aux « investisseurs, fondateurs et équipe ». On ne sait pas à quel prix ils ont obtenu leurs QTC, ni combien chacun en possède.

Le modèle a aussi beaucoup changé en quelques mois. Le whitepaper de janvier 2026 prévoyait une vente publique et une taxe prélevée sur les récompenses de minage pour financer la société. Une version suivante prévoyait 25 % de prémine.

La version actuelle, publiée pour le lancement, est passée à 27 %, sans vente publique ni taxe.

Les produits

  • Le portefeuille mobile (iOS et Android), édité par Quantus Labs LLC. Il permet d’envoyer des QTC en mode public ou chiffré, de recevoir les récompenses de minage et de réclamer l’airdrop du testnet. Il est encore en bêta.
  • Le Quantus mineur, en version graphique ou en ligne de commande, compatible avec les cartes Nvidia et les puces Apple (Metal).
  • L’explorateur officiel, explorer.quantus.com.
  • Le Q-Day Checker, un outil qui estime le risque quantique d’une adresse crypto. C’est avant tout un outil de communication.

Le produit le plus attendu, lui, n’est pas encore disponible : les swaps via NEAR Intents. Le 17 septembre, Quantus a annoncé que NEAR serait son partenaire de listing « dès le premier jour », et NEAR a relayé l’annonce.

Mais aucune date n’a été donnée. Au 28 septembre, le QTC n’apparaît pas dans la liste des tokens de l’API NEAR Intents, et la page de lancement de Quantus annonce toujours les swaps comme « la prochaine étape ». Le code prévoit d’ailleurs une allocation de 42 000 QTC libérée sur un an, nommée « intents », vraisemblablement destinée à cette liquidité.

Utilité du token QTC

Le QTC est la monnaie native du réseau. Ses usages sont limités, et c’est voulu :

  • Payer les frais de transaction.
  • Récompenser les mineurs, seule source de création de nouveaux QTC depuis le lancement.
  • Servir de monnaie pour les transferts, publics ou chiffrés.

Le QTC ne donne aucun droit de vote (la gouvernance par les détenteurs a été retirée), ne permet pas de staker puisqu’il s’agit d’une preuve de travail, et ne donne aucun droit sur les revenus de Quantus Labs. Sa valeur repose entièrement sur l’idée qu’il deviendra une réserve de valeur recherchée le jour où le risque quantique deviendra concret.

Les frais sont les suivants :

Type de transactionFraisDestination
Transfert public (ML-DSA-65)Environ 0,0062 QTCMineurs
Transfert public (ML-DSA-87)Environ 0,0081 QTCMineurs
Transfert chiffré0,04 % du montant, minimum 0,01 QTCMoitié mineurs, moitié brûlée (dont une partie peut revenir à l’agrégateur de preuves)
Annulation (compte haute sécurité)1 % du montant annuléBrûlé

Le burn existe, mais il ne rend pas le QTC déflationniste : les QTC brûlés redeviennent disponibles pour les futures récompenses de minage, le plafond restant de 21 millions.

Tokenomics du QTC

27 % de l’offre créés avant le premier bloc

Sur les 21 millions de QTC, 5 670 000 ont été créés dans le bloc de genèse, soit 27 %. Les 73 % restants (15,33 millions) ne pourront être créés que par le minage.

Le whitepaper résume la répartition ainsi :

AllocationPartQTCDéblocage
Investisseurs, fondateurs et équipe23 %4 830 000Bloqués 1 an, puis linéaire sur 3 ans
Société (Quantus Labs)3 %630 000Bloqués 1 an, puis linéaire sur 3 ans
Liquidité initiale1 %210 000« Liquides au lancement »
Mineurs73 %15 330 000Par le minage, sur des décennies

Le code source, lui, est plus précis, et il ne correspond pas exactement au whitepaper :

  • 45 adresses reçoivent au total 4 915 502 QTC (23,41 % de l’offre maximale), bloqués jusqu’au 9 septembre 2027 puis libérés linéairement jusqu’en septembre 2030. Les deux plus grosses adresses détiennent 840 000 QTC chacune, soit 8 % de l’offre maximale à elles deux. Les cinq premières en détiennent 14,75 %.
  • 42 000 QTC (allocation « intents ») sont libérés linéairement sur un an dès le lancement, sans période de blocage.
  • La liquidité de 210 000 QTC n’était pas libérée d’un coup : elle a été débloquée progressivement sur 16 jours, donc entièrement disponible depuis le 25 septembre.
  • La trésorerie de la société ne reçoit que 502 438 QTC à long terme (2,39 %), et non 3 %. Elle est contrôlée par un multisig de 6 signatures sur 10.

Les écarts sont faibles, mais ils montrent que le résumé du whitepaper n’est pas une comptabilité exacte. Les adresses sont publiques dans le code, mais on ne sait pas à qui elles appartiennent.

Illustration - Analyse Quantus (QTC) – La crypto post-quantique qui veut finir le travail de Bitcoin

Quantus défend ce choix en expliquant que Bitcoin a émis plus de la moitié de ses coins en quatre ans, presque tous au profit de ses premiers mineurs, et que le blocage d’un an protège le marché d’un « dump » au lancement.

⚠️ 27 % pour les initiés, c’est beaucoup pour un projet qui se présente comme “l’héritier de Bitcoin”.

Une émission lente, sans halving

Il n’y a pas de halving tous les quatre ans. À chaque bloc, la récompense vaut ce qu’il reste à miner, divisé par 50 millions :

Récompense = (21 000 000 − QTC déjà émis) / 50 000 000

Au lancement, cela donne environ 0,306 QTC par bloc. La récompense baisse ensuite un tout petit peu à chaque bloc. Avec un bloc toutes les 12 secondes, la moitié des QTC restant à miner sera émise en 13 ans environ, et il faudra près de 90 ans pour en émettre 99 %. C’est bien plus lent que Bitcoin, qui a émis la moitié de son offre en quatre ans.

Une inflation modérée… jusqu’en septembre 2027

Le réseau émet environ 1 800 QTC par jour, soit environ 670 000 QTC par an. Rapporté à la totalité des QTC existants, c’est une inflation d’environ 12 % par an. Rapporté aux seuls QTC débloqués, c’est une hausse de plus de 0,7 % par jour.

Le vrai rendez-vous est le 9 septembre 2027. Ce jour-là commence le déblocage des 5,4 millions de QTC des investisseurs, de l’équipe et de la société : environ 4 950 QTC par jour pendant trois ans, soit près de trois fois l’émission des mineurs. Débloqués ne veut pas dire vendus, mais c’est la date à surveiller.

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Le minage de Quantus

Un minage GPU, mais très concentré

Quantus se mine avec des cartes graphiques. Selon les tests publiés par Paralon, une RTX 4090 atteint environ 1,17 GH/s pour 500 W et une RTX 5090 entre 1,2 et 1,5 GH/s pour 400 W. Sur processeur, c’est inutile : un Ryzen 9 7950X3D plafonne à 20 MH/s et il n’existe pas d’ASIC connu pour Poseidon2 à ce jour.

Le problème, c’est la concentration. D’après l’indexeur officiel de Quantus, que nous avons interrogé le 28 septembre :

PériodeBlocsPremier mineurTrois premiers mineurs
Depuis le lancement127 46552,1 %91,2 %
7 derniers jours41 67439,3 %90,6 %
24 dernières heures6 24844,5 %94,5 %

Ces « mineurs » sont des adresses, vraisemblablement celles de pools (Kryptex, Quanpool, LuckyPool…), qui regroupent eux-mêmes de nombreux mineurs. Mais trois adresses produisent plus de 90 % des blocs. Pour une chaîne dont toute la promesse est la sécurité, c’est une faiblesse importante, que la cryptographie post-quantique ne corrige pas.

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      Roadmap : ce qui est livré, ce qui est promis

      Les étapes de Quantus portent des noms de physiciens. Le calendrier a glissé : le whitepaper de janvier 2026 annonçait le mainnet pour le deuxième trimestre 2026, il est arrivé le 9 septembre.

      ÉtapeDateStatut
      Heisenberg : financement, choix de SubstrateDécembre 2024Livré
      Resonance : testnet public, signatures DilithiumJuillet 2025Livré
      Schrödinger : fonctionnalités complètes, prêt pour auditOctobre 2025Livré
      Dirac : minage Poseidon2, corrections des auditsNovembre 2025Livré
      Planck : comptes avancés, multisigs, hardware wallet, transferts chiffrésAvril 2026Livré
      Mainnet9 septembre 2026Livré
      Swaps via NEAR IntentsAnnoncés le 17 septembre 2026Pas de date
      Bridge post-quantique (MPC NEAR)–En développement (audit HashCloak)
      Suppression du Technical Collective« Avec le temps »Pas de date

      Côté sécurité, plusieurs audits sont publiés sur GitHub : Neodyme pour l’implémentation des signatures et du portefeuille (décembre 2025, une faille critique et deux élevées signalées), Eiger/Equilibrium pour le minage et Poseidon2 (octobre 2025) puis pour le cœur du réseau (mai 2026, avec certains risques « acceptés » sur les comptes haute sécurité), et un rapport sur les circuits ZK encore marqué « Draft Report v0.1 ».

        Les points de vigilance

        • Une premine de 27 % des tokens au lancement : 5,67 millions de QTC ont été attribués avant le premier bloc à 45 adresses et à la société, dont deux adresses à 840 000 QTC chacune. Aujourd’hui, plus de 99 % des QTC existants viennent de cette prémine.
        • Un grand déblocage en septembre 2027 : à partir du 9 septembre 2027, environ 4 950 QTC par jour seront débloqués pendant trois ans, soit près de trois fois ce que produisent les mineurs.
        • Un financement opaque : aucun montant de levée, aucun investisseur nommé (hormis Balaji Srinivasan et Babak Nivi, selon l’équipe), aucun prix d’entrée connu.
        • Un minage très concentré : trois adresses produisent plus de 90 % des blocs. Une chaîne à 12 TH/s sur GPU reste à la portée d’un acteur capable de louer quelques milliers de cartes.
        • Une gouvernance centralisée : le vote des détenteurs a été retiré du code. Seul un collectif technique (10 membres à la genèse) peut mettre à jour le réseau, sans hard fork.
        • Un marché minuscule : une seule plateforme, environ 300 000 dollars de volume par jour, et un prix qui est passé de 51,87 à 10,20 dollars en une trentaine d’heures. La valorisation de 840 millions de dollars n’a pas de sens sur un carnet aussi fin.
        • Un code jeune et en évolution : trois semaines de mainnet, une mise à jour déjà déployée, des audits sur des versions antérieures et un rapport ZK encore en brouillon. Standard NIST ne veut pas dire implémentation sans faille.

        Conclusion

        Quantus est un projet techniquement sérieux. Le réseau tourne, le code est public, les signatures sont celles que le NIST recommande, plusieurs audits sont publiés et l’équipe a fait des choix clairs : une monnaie simple, sans smart contracts, pensée pour durer. C’est l’une des rares blockchains réellement post-quantiques dès le premier bloc.

        Mais le discours « finir ce que Bitcoin a commencé » cache une réalité très différente de celle de Bitcoin. 27 % des coins sont allés aux initiés avant le premier bloc, les financements ne sont pas publiés, trois adresses produisent plus de 90 % des blocs, les détenteurs n’ont aucun droit de vote et le seul marché disponible est une petite plateforme où s’échangent quelques milliers de QTC par jour.

        Sur les récits qui portent le marché en ce moment, Quantus en coche plusieurs : une crypto minable sur GPU, la confidentialité et la sécurité face au quantique. En revanche, ce n’est pas un vrai fair launch, et rien ne relie la valeur du QTC à une activité économique, comme les rachats de HYPE financés par les frais d’Hyperliquid.

        Liens utiles

        🌐 Site officiel de Quantus : https://www.quantus.com

        🚀 Page de lancement : https://www.quantus.com/launch

        📜 Whitepaper : https://www.quantus.com/whitepaper

        📚 Documentation : https://docs.quantus.com

        💻 Code source (GitHub) : https://github.com/Quantus-Network/chain

        🔎 Explorateur officiel : https://explorer.quantus.com

        📱 Portefeuille iOS : https://apps.apple.com/us/app/quantus/id6747967405

        🤖 Portefeuille Android : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.quantus.wallet

        🛡️ Rapports d’audit : https://docs.quantus.com/reference/audits

        🦎 Quantus sur CoinGecko : https://www.coingecko.com/en/coins/quantus

        🐦 Twitter Quantus : https://x.com/QuantusNetwork

        🐦 Twitter Christopher Smith : https://x.com/YuviLightman

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