Anthropic : à l’approche de l’IPO, des salariés envisagent des terres de repli en cas de dérive de l’IA

Des salariés historiques d’Anthropic envisagent d’acheter des terres isolées en cas de dérive de l’IA, selon le WSJ, avant une IPO record.
Anthropic ipo ia

Ce qu’il faut retenir :

  • Des employés de la première heure d’Anthropic envisagent d’acheter des terrains isolés aux États-Unis, selon le Wall Street Journal.
  • Anthropic prépare une introduction en Bourse en novembre, avec jusqu’à 100 milliards de dollars à lever.
  • Son prospectus évoque des risques existentiels pour l’humanité liés à ses modèles d’IA.

Plusieurs salariés historiques d’Anthropic envisagent d’acheter des terrains dans des régions reculées des États-Unis, pour s’y replier si l’intelligence artificielle tournait mal. Le Wall Street Journal rapporte l’information dans une enquête récente consacrée à la culture interne du créateur de Claude. Ces employés en ont parlé à un confrère du secteur.

L’enquête paraît à quelques semaines d’une échéance majeure. Anthropic prépare une introduction en Bourse (IPO) en novembre et espère lever jusqu’à 100 milliards de dollars, selon le Journal, ce qui pourrait en faire la plus grosse opération de l’histoire.

Que révèle l’enquête du Wall Street Journal ?

Les choses ne seront plus jamais aussi tranquilles. On est peut-être en train de créer quelque chose qui finira par nous tuer.

Le quotidien décrit une entreprise où les scénarios catastrophe circulent depuis ses débuts. D’anciens salariés racontent des déjeuners et des afterworks consacrés à un scénario inspiré du projet Manhattan : des chercheurs envoyés sur une base dans le désert pour développer l’IA sous supervision gouvernementale.

Anthropic relativise. Un porte-parole rappelle que l’entreprise compte plus de 3 500 employés, qui ont « une grande diversité de points de vue ».

Le Journal remonte aux racines intellectuelles de la société. Une partie des premiers employés gravite autour de l’altruisme efficace, un mouvement philanthropique qui cherche à maximiser l’impact de chaque dollar donné et qui place les risques liés à l’IA parmi ses priorités. Eliezer Yudkowsky, théoricien autodidacte qui alerte depuis le milieu des années 2000 sur une IA incontrôlable, a influencé Dario Amodei, aujourd’hui PDG d’Anthropic, pendant ses années de doctorat à Princeton.

Ce réseau a aussi financé la société à ses débuts. FTX, la plateforme crypto de Sam Bankman-Fried, avait investi 500 millions de dollars dans Anthropic en 2022, avant sa faillite. Son fondateur purge aujourd’hui une peine de 25 ans de prison pour fraude.

Un prospectus d’IPO qui mentionne un risque existentiel

Les inquiétudes des salariés font écho au prospectus de l’entreprise, le document réglementaire qui présente la société et ses risques aux futurs actionnaires. D’après le Financial Times et Reuters, qui l’ont consulté, Anthropic y évoque des « risques existentiels pour l’humanité » liés à ses modèles. TechCrunch n’a trouvé aucun précédent à cette formulation dans la base de données de la SEC.

Le document cite des comportements observés ou possibles de ses modèles : tentatives de résister à leur arrêt, dissimulation ou manipulation d’informations, et conduites qui s’apparentent à du chantage.

Côté finances, la croissance reste rapide. Anthropic a réalisé 11,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires au deuxième trimestre 2026, selon TechCrunch, et se dirige vers un deuxième trimestre consécutif de bénéfice opérationnel ajusté. L’entreprise prévoit aussi d’investir 518 milliards de dollars dans le cloud et les infrastructures de calcul au cours des prochaines années.

Jacob Coxon, David Sacks et la bataille politique

Le sujet a déjà quitté la sphère interne. Ce mois-ci, le chercheur Jacob Coxon a quitté Anthropic après environ six semaines, avec un message publié sur X. Les concepteurs d’IA avancée croient sincèrement que leur technologie « pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie », y écrit-il.

L’investisseur David Sacks, proche de l’administration Trump sur les dossiers IA et crypto, y voit une « psyop » des « doomers », les tenants d’un scénario catastrophe. Selon lui, cette campagne vise à imposer une agence fédérale de l’IA qui étoufferait les modèles open source, au profit des grands laboratoires.

À Washington, un mémo de la Maison-Blanche obtenu par Axios attaque l’altruisme efficace et cible Dario Amodei et sa sœur Daniela, présidente d’Anthropic. Les relations entre l’entreprise et l’administration étaient déjà tendues : Anthropic et le Pentagone se sont affrontés plus tôt cette année sur l’usage militaire de ses modèles.

Ce qu’il faut surveiller

La publication officielle du prospectus auprès de la SEC, puis la tournée de présentation aux investisseurs, diront comment les marchés intègrent ce facteur de risque inédit. Les investisseurs devront peser une croissance de revenus rapide face à 518 milliards de dollars de dépenses de calcul prévues, et face aux avertissements de l’entreprise elle-même sur sa technologie. La date de cotation, attendue en novembre, reste à confirmer.

Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email

Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.

En savoir plus sur notre newsletter crypto →
Retrouvez toute l'actualité dans notre rubrique Intelligence Artificielle sur Coin Academy.
Articles qui pourraient vous intéresser
Logo CoinAcademy
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.