Venice veut proposer l’équivalent de ChatGPT, mais sans stocker vos conversations et sans décider à votre place de ce que vous avez le droit de demander. Et pour une fois dans la catégorie crypto x IA, on ne parle pas d’une promesse sur un whitepaper : le produit existe, il est utilisé par des millions de personnes et des clients paient pour s’en servir.
Le 1er juillet 2026, Venice annonce une levée de 65 millions de dollars (en equity) menée par Dragonfly, à une valorisation de 1 milliard de dollars. Pas mal pour une plateforme d’IA lancée en mai 2024 par Erik Voorhees, le fondateur de ShapeShift, et qui n’avait jusque-là jamais levé un seul dollar auprès d’investisseurs extérieurs.
Seulement, un bon produit ne fait pas forcément un bon token. Venice est une entreprise, avec des actionnaires, et le VVV n’est pas une action.
Dans cette analyse, nous allons voir ce qu’est concrètement Venice, comment fonctionne sa confidentialité (et ses limites), qui se cache derrière le projet, à quoi servent les tokens VVV et DIEM, comment sont conçues leurs tokenomics, ce qui est prévu pour la suite et surtout quels sont les points de vigilance avant de s’y intéresser.
Sommaire
- Venice : c’est quoi ?
- Les quatre niveaux de confidentialité de Venice
- Les produits : Venice chat, Studio, API et agents IA
- Utilisateurs, revenus, rentabilité : les chiffres de Venice
- L’équipe derrière Venice
- Une levée de 65 millions de dollars… en equity
- Le token VVV : lancement et utilité
- DIEM : l’inférence IA transformée en token
- Tokenomics du token VVV de Venice
- Roadmap : les prochaines étapes de Venice
- Les points de vigilance
- Conclusion
- Liens utiles
Venice : c’est quoi ?
Venice.ai est une plateforme d’IA générative. On y discute avec des modèles de langage, on génère des images, des vidéos, de l’audio ou du code, depuis le site, l’application mobile, le Venice CLI ou via une API.
Venice n’entraîne pas ses propres modèles de pointe. C’est avant tout un agrégateur qui donne accès à plus de 200 modèles depuis une seule interface, qu’ils soient open source (DeepSeek, Qwen, GLM, Kimi…) ou propriétaires (Claude, GPT, Grok…). Ce que Venice vend, ce n’est donc pas l’intelligence elle-même, c’est la manière d’y accéder.
Et cette manière repose sur deux promesses. La première, c’est l’absence de surveillance : Venice affirme ne jamais enregistrer vos prompts, et l’historique de vos conversations reste stocké localement sur votre appareil, pas sur les serveurs de l’entreprise.
La seconde, c’est l’absence de censure : la plateforme ne restreint pas les questions que vous posez et traite ses utilisateurs « comme des adultes », pour reprendre l’expression de Voorhees. Chaque modèle garde toutefois ses propres règles, et Venice modère les contenus publiés publiquement.
« L’intelligence, moteur du progrès de la civilisation, devient une collaboration entre l’homme et la machine. La mission de Venice est de la protéger de la surveillance de masse et de la censure. »
Erik Voorhees, fondateur et CEO de Venice
Le raisonnement derrière est assez simple. De plus en plus de gens réfléchissent, écrivent et prennent des décisions avec l’aide d’une IA. Les conversations avec ChatGPT ou Claude deviennent donc la donnée la plus intime qui soit, et chez les grands acteurs, elles sont conservées, analysées, et peuvent être piratées, revendues ou réclamées par un gouvernement. Venice veut être l’alternative où il n’y a tout simplement rien à collecter.
Les quatre niveaux de confidentialité de Venice
C’est le point le plus important à comprendre, et le plus souvent mal résumé : toutes les conversations sur Venice ne sont pas privées au même niveau. La plateforme distingue en réalité quatre modes 👇
| Mode | Comment ça marche | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Anonymous | Venice relaie votre requête vers le fournisseur du modèle (OpenAI, Anthropic, xAI…) sans lui transmettre votre identité | Le fournisseur voit le contenu de la conversation et peut le conserver |
| Private | Le modèle tourne sur des GPU de Venice ou de partenaires engagés à ne rien conserver | La protection repose sur la confiance et des engagements contractuels – zero data retention |
| TEE (Pro) | Le calcul s’exécute dans une enclave matérielle sécurisée chez NEAR AI Cloud ou Phala Network, avec une attestation vérifiable | Les données transitent quand même par le proxy de Venice |
| E2EE (Pro) | Le prompt est chiffré sur votre appareil et n’est déchiffré qu’à l’intérieur de l’enclave | Moins de modèles disponibles, pas de recherche web ni de mémoire |
En clair, quand vous utilisez Claude ou GPT sur Venice, vous êtes anonyme, mais les conversations ne sont pas privés. Anthropic ou OpenAI ne savent pas qui vous êtes, mais ils voient ce que vous écrivez. La vraie confidentialité vérifiable, avec les enclaves matérielles sécurisées (TEE, pour Trusted Execution Environment) et le chiffrement de bout en bout (E2EE), n’existe que sur une partie des modèles open source, et uniquement pour les abonnés Pro.
Ces deux modes sont arrivés en 2026 avec NEAR AI Cloud et Phala Network, et ils marquent un vrai tournant avec une confidentialité vérifiable cryptographiquement.
⚠️ Nuance importante : la politique de confidentialité prévoit tout de même la collecte de certaines métadonnées (adresse IP, email selon le type de compte, événements d’utilisation). “On ne stocke pas vos conversations” ne veut pas dire qu’on ne sait rien de vous.
Les produits : Venice chat, Studio, API et agents IA
Côté produit, Venice a beaucoup livré ces derniers mois. Depuis mai 2026, le chat agentique (équivalent Claude CoWork) est devenu l’expérience par défaut : l’IA découpe votre demande en étapes et se sert seule de ses outils, que ce soit pour faire une recherche web, générer une image ou une vidéo, ou lire un fichier. Le chat classique reste disponible, avec l’ensemble des modèles.
Venice propre également Venice Studio, qui regroupe dans un seul espace de travail la génération et l’édition d’images, la vidéo (Seedance, Kling, Grok Imagine, Wan…), l’audio et la musique.
Pour les développeurs, il y a l’API, compatible avec celle d’OpenAI, qui donne accès aux modèles de texte, d’image, de vidéo, d’audio et d'embeddings. Venice publie d’ailleurs des guides pour la brancher sur les outils d’agents les plus utilisés : OpenClaw, Claude Code, Cursor, Hermes Agent…
Cette API est aussi la porte d’entrée des agents IA, et c’est là que Venice devient intéressant côté crypto. Un agent qui contrôle un wallet sur Base peut acheter du VVV, le staker et générer lui-même sa clé API, sans la moindre intervention humaine. Avec le standard x402, il peut même payer ses requêtes à l’unité en USDC, sur Base ou Solana, sans compte ni clé API. Et comme Venice fait aussi office de fournisseur RPC pour une dizaine de blockchains EVM et Starknet, un seul accès suffit à l’agent pour réfléchir et envoyer ses transactions.
Pour le grand public, voici les offres affichées au 25 septembre 2026 :
| Offre | Prix mensuel | Ce qui est inclus |
|---|---|---|
| Free | 0 $ | 10 prompts texte et 15 images par jour |
| Pro | 18 $ | Texte illimité, 1 000 images par jour, modes TEE et E2EE, 100 crédits par mois |
| Pro Plus | 68 $ | Tout Pro + 7 500 crédits par mois |
| Max | 200 $ | Tout Pro Plus + 22 500 crédits par mois |
Les crédits servent à payer la vidéo, les modèles premium et l’API, sachant que 100 crédits valent 1 dollar. On notera qu’il est aussi possible d’obtenir l’accès Pro sans payer d’abonnement, simplement en stakant 100 tokens VVV (mais ça revient a plusieurs milliers d’euros).
Utilisateurs, revenus, rentabilité : les chiffres de Venice
La croissance de Venice est l’argument numéro un du projet, et les chiffres communiqués par l’entreprise ont de quoi impressionner. Au lancement du token, en janvier 2025, Venice revendiquait 450 000 inscrits et 50 000 utilisateurs actifs par jour. Au moment de la série A, en juillet 2026, on parle de 3,5 millions d’inscrits, de 1 300 milliards de tokens traités chaque mois, de 2 millions d’appels API par jour et de 850 000 à 1 million de visiteurs uniques par mois.
Côté revenus, Mr Voorhees annonçait début juillet plus de 70 millions de dollars de revenus annualisés et une entreprise rentable depuis le premier trimestre 2026 (TechCrunch, 1er juillet 2026). Le 17 août, il annonce le passage des 100 millions de dollars (source BSCN).
Dans un secteur où OpenAI et consorts brûlent des milliards chaque année, une plateforme d’IA rentable, c’est suffisamment rare pour être souligné. Il faut quand même garder en tête que ce sont des chiffres déclarés, pas des comptes audités.
Autre chiffre à retenir : selon le fondateur de Venice, seuls 8 % environ des utilisateurs paient en crypto. Venice est d’abord une application d’IA classique, que l’on paie par carte bancaire. La crypto n’est qu’un moyen de paiement parmi d’autres, et le VVV n’est pas nécessaire pour utiliser le service.
L’équipe derrière Venice
Erik Voorhees, fondateur et CEO, est une figure historique de Bitcoin. Arrivé dans la crypto en 2011, il a créé le site de jeu SatoshiDice puis le célèbre exchange ShapeShift, transformé en DAO en 2021. Libertarien assumé, il défend depuis plus de dix ans la vie privée financière et la liberté d’expression. Venice est la suite logique de ce combat, appliquée à l’IA.
À ses côtés, Jesse Proudman est cofondateur, président et CTO de Venice. Entrepreneur en série, il a revendu Blue Box à IBM en 2015, puis Makara, une plateforme d’investissement crypto, à Betterment. C’est lui qui a apporté le profil d’ingénieur et d’opérationnel dont Venice avait besoin pour passer à l’échelle.
Côté structure, les conditions d’utilisation de Venice sont régies par le droit du Wyoming (États-Unis), où la société indique son adresse.
Une levée de 65 millions de dollars… en equity
La série A du 1er juillet 2026 mérite qu’on s’y arrête. Menée par Dragonfly, elle réunit aussi Coinbase Ventures, F-Prime, North Island Ventures, Archetype, Liquid2 Ventures et Morgan Creek. D’après The Block, les investisseurs ont obtenu en échange de leurs 65 millions de dollars 8,98 % du capital de l’entreprise et 1,5 million de VVV versés progressivement.
Ils ont aussi reçu des warrants (des bons de souscription) qui leur permettent d’acheter 5 millions de VVV supplémentaires pendant huit ans, pour environ 66,5 millions de dollars. Cela fait environ 13,3 dollars par VVV, moins de la moitié du cours de fin septembre, qui tourne autour de 31 dollars.
Les VVV de l’investissement et des warrants sont bloqués pendant un an, puis débloqués de façon linéaire sur trois ans. Si tous les warrants sont exercés, cela représente environ 6 000 VVV par jour qui arriveraient sur le marché à partir de juillet 2027.
Le point notable, c’est que Venice a choisi de vendre des parts de la société plutôt que ses tokens. L’entreprise reste le premier détenteur de VVV, avec plus de 30 millions de tokens, et Voorhees assure que ni la société ni l’équipe n’en ont vendu à ce jour.
Les fonds doivent servir à construire le premier data center de Venice, pour ne plus dépendre de GPU loués. Selon Mr Voorhees, cela doit sécuriser les capacités de calcul face à la pénurie qui s’annonce, améliorer les marges et donc permettre de brûler davantage de VVV. C’est plutôt un bon signal pour les détenteurs du token : les VC n’ont pas acheté de VVV à prix cassé pour le revendre au premier listing. Mais ce sont les investisseurs ont misé sur l’entreprise, et ce sont ses actionnaires, pas les détenteurs de VVV, qui ont un droit sur ses bénéfices.
Le token VVV : lancement et utilité
Le VVV a été lancé le 27 janvier 2025 sur Base, le layer 2 de Coinbase, avec une offre initiale de 100 millions de tokens. Pas de prévente, ni VC et pas de gouvernance non plus : le VVV ne donne aucun droit de vote.
La moitié de l’offre, soit 50 millions de VVV, a été distribuée par airdrop : 25 millions aux utilisateurs de Venice et 25 millions aux communautés IA de Base (Virtuals, AIXBT, Luna, Vader, Aerodrome, Degen, Clanker, Morpheus…). Seuls 17,4 millions ont été réclamés, par un peu plus de 40 000 personnes, et les 32,5 millions restants ont été brûlés le 12 mars 2025.
Le lancement n’a pas été de tout repos. La FDV a frôlé les 2 milliards de dollars en quelques heures, avant une chute de 50 % dès le lendemain sur fond de soupçons de délit d’initié. Venice a reconnu qu’environ 1 % de l’offre avait été vendu le jour du lancement par un membre de l’équipe, avec son accord, puis a racheté et brûlé ces 1,03 million de VVV.
Aujourd’hui, le VVV sert à :
- Staker pour recevoir des sVVV et toucher un rendement en VVV, issu des nouvelles émissions.
- Débloquer l’abonnement Pro en stakant au moins 100 VVV.
- Minter des DIEM en verrouillant ses sVVV (on y revient juste après).
- Permettre à un agent IA de créer sa clé API de façon autonome.
- Capter une partie des revenus de Venice, via les rachats et les burns de tokens.
À l’origine, le modèle était plus simple : staker 1 % des VVV donnait droit à 1 % de la capacité de l’API de Venice, gratuitement et à vie. Le problème, c’est que cette capacité variait tous les jours selon le nombre de stakers. Venice a donc revu toute la mécanique en août 2025, avec l’arrivée de DIEM.
DIEM : l’inférence IA transformée en token
DIEM est probablement l’idée la plus originale de Venice. Le principe : chaque DIEM staké donne droit à 1 dollar de crédit API par jour, à vie. Le crédit se renouvelle tous les jours à minuit UTC, et ce qui n’est pas consommé est perdu.
DIEM transforme donc de la puissance de calcul en un actif que l’on peut détenir, échanger ou revendre. Pour un développeur ou un agent IA, c’est un budget d’inférence fixe et prévisible, payé une seule fois mais au prix de plus de 2100$ par jeton DIEM, cela devient peu intéressant à staker aujourd’hui, il faut un peu moins de six ans d’utilisation quotidienne complète pour amortir son achat..
Pour créer des DIEM, il faut verrouiller des sVVV à un taux appelé Mint Rate, qui grimpe de façon exponentielle à mesure que l’offre de DIEM se rapproche d’une cible fixée par Venice. Cette cible, de 38 000 DIEM au lancement, a été relevée progressivement jusqu’à 40 000 DIEM le 14 septembre 2026. Il en existe environ 36 400 fin septembre, et il faut désormais verrouiller environ 411 sVVV pour créer 1 DIEM, contre 90 au lancement.
Les sVVV verrouillés continuent de rapporter 80 % du rendement du staking, les 20 % restants revenant à Venice. Et pour récupérer ses VVV, il faut brûler autant de DIEM qu’on en a créé : celui qui a revendu ses DIEM entre-temps devra donc en racheter.
⚠️ La mécanique est astucieuse, mais il faut bien comprendre ce qu’est un DIEM : ce n’est ni un stablecoin, ni un dollar de revenu, ni un morceau de GPU. C’est une promesse de service de Venice, que l’entreprise considère d’ailleurs elle-même comme une dette. Si Venice ferme ou change ses tarifs, le crédit de 1 dollar par jour perd de sa valeur.
Tokenomics du token VVV de Venice
Au lancement le 27 janvier 2025, les 100 millions de VVV ont été répartis de la façon suivante :
| Allocation | VVV | Part | Conditions |
|---|---|---|---|
| Airdrop utilisateurs Venice | 25 M | 25 % | Réclamation jusqu’en mars 2025, non réclamé brûlé |
| Airdrop communautés IA de Base | 25 M | 25 % | Idem |
| Trésorerie de Venice | 25 M | 25 % | Détenue par l’entreprise |
| Équipe | 10 M | 10 % | 25 % au lancement, le reste sur 24 mois (jusqu’en janvier 2027) |
| Fonds d’incitation | 10 M | 10 % | Soutien à l’écosystème |
| Liquidité | 5 M | 5 % | Pools sur Aerodrome |
L’offre en circulation aujourd’hui
Si vous regardez le contrat du VVV sur un explorateur, vous verrez une offre totale d’environ 114,9 millions de tokens. Ce chiffre est trompeur : chez Venice, les burns consistent à envoyer les tokens vers l’adresse zéro, sans les retirer du compteur du contrat.
Une fois retirés les 33,9 millions de VVV brûlés, on obtient la vraie photographie au 25 septembre 2026 : une offre totale nette d’environ 81 millions de VVV, dont ~48,4 millions en circulation selon VeniceStats. Quant à l’offre maximale, il n’y en a pas : le VVV n’a aucun plafond, et de nouveaux tokens sont créés en permanence pour rémunérer le staking.
Réduction de l’inflation du VVV de Venice : -82 % depuis le lancement
L’inflation a été réduite à huit reprises, et chaque baisse est vérifiable on-chain :
| Date | Émissions annuelles |
|---|---|
| Janvier 2025 (lancement) | 14 millions de VVV |
| 20 août 2025 | 10 millions |
| 23 octobre 2025 | 8 millions |
| 11 février 2026 | 6 millions |
| 1er mai 2026 | 5 millions |
| 1er juin 2026 | 4 millions |
| 1er juillet 2026 | 3 millions |
| 1er septembre 2026 | 2,5 millions (en vigueur) |
| 1er octobre 2026 (annoncé) | 2 millions |
À 2,5 millions de VVV par an, l’inflation brute tombe à environ 3 % par an, contre 14 % au lancement.
Les burns : trois mécanismes
En face de ces émissions, Venice utilise une partie de ses revenus pour racheter du token VVV sur le marché et le détruire (burn), un peu à la manière d’Hyperliquid, dans une version beaucoup plus modeste.
Depuis avril 2026, Venice execute un burn automatique à chaque nouvel abonnement : 2 dollars de VVV pour un abonnement Pro, 5 dollars pour Pro Plus et 10 dollars pour Max et depuis le 17 juillet 2026, 5 % des achats de crédits servent à racheter et brûler du VVV : pour 100 dollars de crédits achetés, 5 dollars partent en fumée.
Venice met en avant plus de 33,8 millions de VVV brûlés, soit ~42% de l’offre en ciruclation. Dans les faits, cela représente environ 34 % de l’offre de départ (100 millions), et près de 99 % de ces burns viennent des deux opérations exceptionnelles de mars 2025 : l’airdrop non réclamé et le rachat des tokens vendus par l’équipe. Les burns financés par les revenus ne totalisent qu’environ 340 000 VVV.
Pour se faire une idée du rythme actuel, on peut comparer les deux flux sur les 30 derniers jours d’après VeniceStats : environ 29 000 VVV brûlés (près de 600 000 dollars) tous mécanismes confondus, contre environ 208 000 VVV émis sur la même période au rythme de 2,5 millions par an.
Les émissions restent donc environ sept fois supérieures aux burns. Le VVV n’est pas encore déflationniste : c’est un objectif affiché par Venice, pas une réalité mesurable aujourd’hui. Même au rythme de 2 millions par an à partir d’octobre, il faudrait multiplier les burns par cinq ou six pour atteindre l’équilibre.
Staking et rendement
Environ deux tiers des VVV en circulation sont stakés (33,4 millions de sVVV), dont un quart verrouillé pour créer des DIEM. Le rendement nominal tourne autour de 7 % par an (septembre 2026) pour un sVVV non verrouillé, et il faut compter une période de 7 jours après le déstaking pour récupérer ses VVV.
Il faut bien comprendre d’où vient ce rendement : ce sont les nouvelles émissions, pas un partage des bénéfices de Venice. C’est de l’inflation redistribuée aux stakers. Si vous stakez, vous compensez la dilution, si vous ne stakez pas, vous la subissez. Et chaque baisse d’émissions fait mécaniquement baisser ce rendement.
Les prochains déblocages
Trois échéances sont à garder en tête. En janvier 2027, le déblocage progressif des tokens de l’équipe prendra fin : il reste environ 2 millions de VVV dans les contrats de vesting d’après VeniceStats.
En juillet 2027, ce sera au tour des 1,5 million de VVV des investisseurs de la série A de commencer à se débloquer sur trois ans, tout comme les éventuels 5 millions issus des warrants.
Reste la trésorerie de Venice, plus de 30 millions de VVV, qui n’est soumise à aucun blocage. L’entreprise dit ne pas vouloir vendre, mais techniquement, rien ne l’en empêche à tout moment.
Roadmap : les prochaines étapes de Venice
Venice ne publie pas de roadmap détaillée, mais plusieurs étapes ont été annoncées. La plus proche est une nouvelle baisse des émissions, à 2 millions de VVV par an, le 1er octobre 2026.
Le gros chantier, c’est le premier data center de Venice, financé par la série A. Aucun site ni calendrier n’a été communiqué pour l’instant.
Côté token, Venice veut plus de burns automatiques : augmenter les montants par événement, ajouter de nouveaux déclencheurs et remplacer progressivement les rachats discrétionnaires. Côté produit, l’entreprise continue de miser sur les partenariats autour de la confidentialité, comme celui avec NEAR AI Cloud pour les modes TEE et E2EE, et sur de nouveaux types de modèles, à l’image de Jev, un modèle de décision accessible en bêta via l’API depuis le 18 septembre.
Enfin, l’objectif de long terme affiché par Mr Voorhees est radical : brûler tous les tokens existants. Une déclaration d’intention forte, mais qui ne s’appuie sur aucun calendrier ni mécanisme précis à ce stade.
Les points de vigilance
- Un token encore inflationniste : sur les 30 derniers jours, Venice a émis environ sept fois plus de VVV qu’elle n’en a brûlé. La baisse des émissions va dans le bon sens, mais la déflation reste un objectif, pas un fait.
- Une gouvernance 100 % centralisée : émissions, cible de DIEM, montant des burns, tout est décidé par Venice. Le contrat de staking, qui contrôle la création de nouveaux VVV, est modifiable et piloté par un multisig de 4 signataires sur 6, et le contrat du VVV ne prévoit aucun plafond d’offre. Et Venice détient à elle seule plus de 30 millions de VVV, soit plus d’un tiers de l’offre totale, sans aucun blocage.
- Une confidentialité à géométrie variable : les modèles les plus populaires (Claude, GPT, Grok) ne sont accessibles qu’en mode anonyme. Le positionnement « non censuré » expose aussi Venice à un risque réglementaire et réputationnel (deepfakes, contenus illicites, régulation de l’IA en Europe).
- Une volatilité extrême : -50 % au lendemain du lancement, puis une multiplication par 35 en moins de dix mois. Le VVV réagit très fort aux annonces et aux narratifs du moment.
Conclusion
Venice est l’un des rares projets crypto x IA à s’appuyer sur un vrai produit, utilisé par des millions de personnes, avec plus de 100 millions de dollars de revenus annualisés et une entreprise rentable. La thèse est lisible : l’IA devient la donnée la plus intime qui soit, et une partie des utilisateurs (et des agents) paiera pour qu’elle ne soit ni surveillée ni filtrée.
Les tokenomics se sont nettement améliorées en un an et demi. Les émissions ont été divisées par plus de cinq, les burns automatiques sont désormais branchés sur les revenus, et DIEM apporte une vraie utilité à ceux qui consomment de l’inférence. Le choix de lever des fonds en equity plutôt qu’en vendant des tokens va aussi dans le bon sens.
Mais il ne faut pas confondre la réussite de Venice et celle du VVV. Tout dépend de la volonté de l’entreprise de reverser une part croissante de ses revenus au token, et pour l’instant, les burns restent loin de compenser les émissions. Les prochains mois seront donc à suivre de près, avec la baisse des émissions du 1er octobre, l’évolution des burns, le futur data center et le programme de fidélité.
Pour ceux qui veulent tester avant d’investir, la bonne nouvelle, c’est que le produit est gratuit : il suffit de se rendre sur venice.ai.
Liens utiles
🌐 Site officiel de Venice : https://venice.ai
💎 Page du token VVV : https://venice.ai/token
📚 Documentation VVV et DIEM : https://docs.venice.ai/overview/vvv-diem
🔒 Architecture de confidentialité : https://venice.ai/privacy
🔥 Suivi officiel des burns : https://venice.ai/token/burns
📊 VeniceStats (tableau de bord communautaire) : https://venicestats.com
📰 Annonce de la série A (1er juillet 2026) : https://venice.ai/blog/venice-raises-65-million-series-a
🔗 Contrat VVV sur BaseScan : https://basescan.org/token/0xacfE6019Ed1A7Dc6f7B508C02d1b04ec88cC21bf
🐦 Twitter Venice & Erik Voorhees : https://x.com/AskVenice & https://x.com/ErikVoorhees
🎙️ Interview d’Erik Voorhees (Unchained) : https://unchainedcrypto.com/erik-voorhees-discusses-plan-to-hand-venices-vvv-token-to-loyal-users/