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Satoshi Nakamoto – Portrait du mystérieux créateur de Bitcoin

“Celui qui contrôle les échanges contrôle les libertés”

Satoshi Nakamoto

Le 31 octobre 2008 est publié le whitepaper du Bitcoin, “Bitcoin, Peer-to-Peer Electronic Cash System”, par un certain Satoshi Nakamoto. Ce personnage anonyme dévoile au grand public son innovation technologique, le Bitcoin, ses enjeux et la philosophie qui a animé sa création. Jusqu’à ce jour son identité est inconnue et vouée à le rester. Le créateur du Bitcoin prônait la décentralisation numérique, considérant que l’avènement d’internet pourrait apporter de nouvelles problématiques, en particulier vis-à-vis de la vie privée et de la centralisation du pouvoir technologique.

Il n’est sans aucun doute que Satoshi Nakamoto et les Cypherpunk ont fortement été inspirés par les craintes exposées par George Orwell dans 1984. Son œuvre a marqué les générations et la culture populaire. Dans ce célèbre roman dystopique l’auteur décrit une Grande-Bretagne contrôlée par le totalitarisme. “Big Brother” contrôle la vie et les pensées des individus dans les moindres détails de leur vie et les libertés y sont prohibées.

Cette crainte a probablement motivé les crypto-anarchistes et les Cypherpunk à lutter contre les dérives des technologies du numérique, dont au moins l’un des membres aurait théoriquement participé à la création du Bitcoin ou en serait même LE créateur.

Le 3 janvier 2009, le premier bloc du Bitcoin est miné par Satoshi Nakamoto lui-même, alors que le premier Bitcoin sera transféré à Hal Finney, un personnage important du Bitcoin et un pionnier des cryptomonnaies. L’anonymat de Satoshi Nakamoto est plus important qu’une simple protection de la vie privée, elle est la preuve de la volonté décentralisatrice de la technologie blockchain et du Bitcoin.

Si les spéculations sur l’identité de Satoshi Nakamoto vont de bon train, cette mystification du personnage offre à cette technologie et à sa popularité une portée mondiale et mystique, attisant la curiosité des plus curieux ou l’assurance d’une décentralisation pure et effective de sa technologie pour les plus sceptiques.

A l’origine du Bitcoin

Le Bitcoin et sa technologie, la Blockchain, sont issus de décennies de réflexion et d’innovations en matière de technologie numérique. La volonté des experts en cryptographie était de sécuriser l’utilisateur d’internet et sa vie privée.

Si internet est un outil de décentralisation, une mauvaise conception de protocoles permettrait à des pouvoirs centralisés de renverser cette tendance en une politique totalitaire. Alors que George Orwell décrivait un monde dystopique dans lequel les technologies “futuristes” tendraient à asservir les individus, on constate que les GAFAM outrepassent leur fonction et s’immiscent dans les vies privées dans un objectif économique.

Si les entités centralisées [GAFAM] ont tracé les chemins qui ont permis la construction de la révolution Internet, on remarque néanmoins que les États et les Géants du numérique se sont emparés de ce pouvoir et ont soumis les utilisateurs de ce réseau à leur stratégie économique et leur vision du monde.

Cette période de centralisation si elle est critiquable, était potentiellement nécessaire afin de produire des richesses et des innovations. Satoshi Nakamoto et les Cypherpunk dénoncaient déjà dans les années 1990 cette centralisation nocive pour internet. Le manifeste d’un cypherpunk publié en 1993 par Eric Hughes exposait cette pensée.

La cryptographie face aux “problèmes des généraux byzantins”

Le problème des généraux byzantins est un concept informatique. Cette métaphore expose un problème de confiance quant à la communication d’informations : Alors que l’armée de l’Empire Byzantin envisage d’assiéger une ville, les généraux de l’armée ne peuvent communiquer qu’à l’aide de messagers oraux afin de coordonner une stratégie, offensive ou défensive. Or certains d’entre eux sont des traîtres et tentent de corrompre l’information. Le problème est donc de trouver une stratégie pour s’assurer que tous les généraux loyaux arrivent à trouver un consensus. Ce problème se rencontre principalement dans les réseaux pair-à-pair.

Le Bitcoin par exemple, est fondé sur un protocole de consensus par Preuve de travail sur la blockchain. Ce type d’algorithme est appelé, tolérance aux fautes byzantines, abrégés en BFT. La rémunération des validateurs/mineurs, permet d’accroître l’intérêt de faire fonctionner le réseau plutôt que de l’attaquer.

L’innovation de Nakamoto était de permettre à un grand nombre de nœuds de participer de manière totalement ouverte sans entraver le bon fonctionnement du protocole. Ainsi, la sécurité du réseau quant à ses validateurs “traîtres” est fortement accrue.

Le “père spirituel” des Cypherpunk

Au début des années 1980, le Dr David Chaum, un cryptographe, publie les premiers articles qui présentaient le thème des crypto monnaies et d’économies fondées sur un système de réputation : « La sécurité sans identification : des systèmes de transaction pour reléguer Big Brother au musée »

En 1983, il crée la première monnaie numérique, ecash. Une banque de St Louis, la Mark Twain Bank, décida de tester sa viabilité dans le cadre de micropaiements. Mais l’acquisition de cette banque par la Mercantile Bank a mis fin au projet. L’erreur principale du projet était de centraliser sa gestion qui impliquait une dépendance aux banques.

Les premières pierres de la révolution cryptographique et numérique sont posées, mais de nombreuses problématiques sont encore à résoudre, comment ne plus dépendre d’institutions et n’être en même temps pas soumis à une force toute aussi puissante tel qu’un acteur qui contrôlerait l’offre monétaire ?

Les Cypherpunk

Nous les Cypherpunks sommes dévoués à construire des systèmes anonymes. Nous défendons notre vie privée avec la cryptographie, avec des systèmes de renvoi anonymes, avec des signatures digitales, et avec une monnaie électronique.

Eric Hughes, Le Manifeste Cypherpunk

Dans les années 1990, des cryptographes se réunissaient dans un premier temps à San Francisco pour développer les idées de David Chaum jusqu’à créer une liste d’e-mails qu’ils nommeront, les Cypherpunk. En 1992 est publie le “Manifeste Crypto-anarchiste” de Tim May, qui énonce son orientation anarcho-capitaliste afin de démontrer que l’informatique est une voie de développement pour l’anarchisme capitaliste.

La crypto-anarchie permettrait selon l’auteur; grâce aux procédés cryptologiques de contourner les instances gouvernementales et les grandes sociétés dans les transactions économiques. Le chiffrement réseau permet d’anonymiser les discussions ou les transactions et d’éliminer les intermédiaires, illégitimes selon la philosophie anarchiste. Les Cypherpunk s’inscrivent dans cette mouvance idéologique, l’élan de liberté d’internet a lancé la nouvelle ère des possibles.

  • Jacob Appelbaum : développeur de Tor.
  • Julian Assange : fondateur de WikiLeaks.
  • Dr Adam Back : inventeur de hashcash, cofondateur de Blockstream.
  • Bram Cohen : créateur de BitTorrent.
  • Hal Finney : auteur principal de PGP 2.0, créateur de la Preuve de travail  (proof-of-work) réutilisable.
  • Philip Zimmermann : créateur de PGP 1.0

Le Manifeste Cypherpunk

“Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.”

 Art. 12, Déclaration universelle des droits de l’Homme, 1948

Le manifeste Cypherpunk est un plaidoyer pour la vie privée, publié le 9 mars 1993 sur le site activisme.com, il défend l’idée selon laquelle les technologies du numérique pourraient porter atteinte à de nombreux principes fondamentaux. Selon les mots d’Eric Hughes, la vie privée et l’anonymat qui sont des principes fondamentaux notre société serait fourvoyée par le numérique. “Un système d’échange anonyme renforcerait le pouvoir de l’invidivu à révéler leurs identités quand ils le désirent et seulement quand ils le désirent, c’est l’essence même de la vie privée“.

Il estime que la vie privée numérique requiert indispensablement la cryptographie, afin que chaque chose qui soit entendu uniquement par ceux à qui le message était destiné, si le message est ouvertement disponible au monde, alors il n’y a plus de vie privée.Crypter, c’est indiquer le désir d’une vie privée et crypter avec une faible cryptographie est l’indication d’un désir faible pour une vie privée”. Or on remarque aujourd’hui que les entreprises du numérique ont monétisé notre vie privée, le constat des Cypherpunk était juste et répond exactement aux besoins des nouveaux “individus numériques”.

Leur dessein était d’élaborer des logiciels défendant la vie privée, ils publient alors leur propre code open-source pour permettre aux défenseurs de la vie privée de construire cet écosystème. Leur volonté de changer les choses, de faire confiance aux individus et à leur discernement est probablement ce qui a permis de construire un tel système cryptographique. Leur volonté était de mettre en œuvre un contrat social dans lequel “les individus” en seront le seul moteur et le pilier, par la défense de leurs intérêts fondamentaux telle que la vie privée.

Satoshi Nakamoto crée le Bitcoin

Le 31 octobre 2008, Satoshi Nakamoto révèle le Whitepaper du Bitcoin, il détaille le fonctionnement de sa monnaie numérique et dévoile l’enjeu de sa création. Dans une volonté de décentraliser les échanges entre individus, il développe un protocole complexe permettant l’échange d’une monnaie numérique sans intermédiaire, grâce à la blockchain et aux smart contracts. Quelques jours après la publication du livre blanc, il enregistre le projet sur une plateforme de code open source appelée SourceForge

Le 3 janvier 2009, alors que la crise des Subprimes bouleverse le monde, Satoshi Nakamoto met en application son innovation ; il mine le premier bloc du Bitcoin. Si les Cypherpunk eux-mêmes pensaient que trop d’obstacles entraveraient le développement d’une monnaie numérique, la solution de Satoshi Nakamoto consistait en une complète décentralisation de cette cryptomonnaie. À partir de la blockchain, il n’introduisait pas uniquement une technologie révolutionnaire, mais un concept politique qui l’était tout autant. La décentralisation totale et effective du réseau était indispensable au bon fonctionnement d’un protocole d’une cryptomonnaie comme nous le constatons aujourd’hui.

À l’intérieur du bloc de la genèse, Satoshi a laissé un message qui disait “Journal The Times 03/Jan/2009 : Le chancelier anglais est sur le point de renflouer les banques pour la deuxième fois”, alors que le gouvernement britannique sauvait les banques. Beaucoup de gens l’ont interprété comme une évaluation du système monétaire actuel, tandis que d’autres le considèrent comme un horodatage pour Nakamoto. Ce message a par ailleurs été l’objet de théories quant à l’identité ou la localisation de Satoshi Nakamoto, supposant que ce dernier était londonien.

Mais qui est Satoshi Nakamoto

Ce personnage emblématique et mystique de l’écosystème crypto et de la révolution du Web3 a fait l’œuvre de nombreuses enquêtes et théories quant à son identité. Il convient de mentionner que, selon Dan Kaminsky, un chercheur en sécurité informatique, Satoshi Nakamoto est considéré comme un génie potentiel à bien des égards ou certainement comme un groupe de participants.

Les noms suivants ont été trouvés dans les enquêtes d’identité des créateurs :

  • Nick Szabo.
  • Dorian Nakamoto.
  • Hal Finney.
  • Craig Steven Wright.
  • Adam Back
  • “Un Londonien”

Son anonymat fait partie de son projet, il en est même la clé de voûte. Si les membres des Cypherpunk ont été évidemment les premiers soupçonnés de se cacher derrière l’identité de ce génie du XXIe siècle. Il est probable que cela soit le cas, mais il est primordial de ne pas le savoir et de laisser le mythe perdurer. Désormais, sa fortune est estimée à plus de 60 milliards de dollars, faisant de lui la 20e personne la plus riche de la planète.

Conclusion

“Un système anonyme renforce le pouvoir des individus à révéler leurs identités quand ils le désirent et seulement quand ils le désirent ; c’est l’essence même de la vie privée.” 

Eric Hughes dans le “Manifeste d’un Cypherpunk” de 1993.

Le projet de Satoshi Nakamoto de décentraliser les échanges et les interactions grâce à internet a lancé une vraie révolution technologique. Le BTC est désormais publiquement connu, désormais au centre de l’attention des institutions étatiques et bancaires. Il suscite l’intérêt tant des individus que des fonds institutionnels et l’anonymat de son créateur a joué un rôle majeur dans le développement de sa création, le Bitcoin.

Cette monnaie n’appartient à personne et donc à tout le monde, le protocole de consensus Proo-of-Work permet à chaque individu de devenir acteur de ce réseau. Ce n’est donc plus le rôle d’une banque centrale de “contrôler la monnaie” mais aux individus d’en décider son avenir. Le Bitcoin aurait pu être un échec comme ses homonymes déchus, mais la volonté des individus a toujours et continuera de permettre ces transformations majeures de la société.

Et si fonder sa monnaie sur la confiance des gens était la meilleure solution ? Il est très probable que Satoshi Nakamoto soit une seule personne, héritière de la philosophie et des réflexions des Cypherpunk. Afin de détenir un si lourd secret qui est fondamental à sa technologie, une seule personne serait théoriquement apte à conserver le secret, si ce n’est un très petit groupe de personnes à la confiance et à la détermination remarquable.

Sources

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