Or et argent : pourquoi les métaux reprennent le pouvoir, que se passe-t-il vraiment ?

Or et argent metaux

Quand l’or pulvérise record sur record et que l’argent, plus volatil par nature, enregistre des performances encore plus marquées, il faut lire au-delà du simple rally. Cette convergence haussière n’est pas un accident de marché, c’est le symptôme d’un régime macroéconomique qui a changé de nature, où l’inflation réelle, la défiance souveraine et la fragmentation monétaire dictent désormais le tempo.

Contrairement aux actifs financiers traditionnels, les métaux précieux ne reposent ni sur la croissance ni sur l’innovation. Leur évolution reflète avant tout des dynamiques monétaires, liées à la valeur des devises, à l’endettement et aux équilibres macroéconomiques.

Ce mouvement apparaît d’autant plus significatif qu’il combine des facteurs structurels : achats des banques centrales, tensions géopolitiques et contraintes monétaires, avec un retour marqué des flux vers les instruments financiers adossés à l’or, notamment les ETF, dont les encours ont atteint des niveaux records en 2025 et 2026.

La progression des prix semble portée par des facteurs structurels, extérieurs aux logiques habituelles de flux spéculatifs.

Dans ce contexte, l’or et l’argent peuvent être analysés comme des indicateurs avancés de la situation macroéconomique. Leur trajectoire offre une clé de lecture utile pour comprendre les transformations en cours et leur impact potentiel sur l’ensemble des classes d’actifs.

Pour les investisseurs souhaitant s’exposer à ces métaux dans une logique de diversification, l’or et l’argent sont notamment accessibles via des plateformes régulées comme Bitpanda, qui permettent de les intégrer simplement au sein d’un portefeuille multi-actifs.

Cet article vous est proposé dans le cadre d’une collaboration commerciale avec Go bitpandaBitpanda
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Le point de bascule macroéconomique

La dynamique actuelle des métaux précieux traduit un changement de régime macroéconomique amorcé au début des années 2020. Pour en comprendre les ressorts, il est nécessaire de revenir sur la période qui a suivi la crise financière de 2008.

Durant plus d’une décennie, l’économie mondiale a évolué dans un cadre dominé par la politique monétaire. Les banques centrales ont maintenu des taux d’intérêt très bas, déployé des programmes massifs d’achats d’actifs et assuré une liquidité abondante aux marchés financiers.

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Taux directeur de la Fed (2004 – 2026)

Dans le même temps, l’action budgétaire est restée relativement contenue dans de nombreuses économies développées. La mondialisation a continué de peser sur les coûts de production, contribuant à maintenir une inflation structurellement faible.

Ce contexte a favorisé la surperformance des actifs financiers : les obligations ont bénéficié de la baisse des taux, le crédit s’est développé dans un environnement de faible volatilité, et les actions, en particulier celles liées à la croissance, ont concentré l’essentiel des flux.

À l’inverse, les matières premières et les actifs réels ont été durablement pénalisés par l’absence de tensions inflationnistes et par le manque d’incitations à investir dans l’offre.

La rupture intervient avec la crise du Covid. Contrairement à 2008, la réponse des États et des banques centrales ne s’est pas limitée au levier monétaire. Elle a pris une dimension budgétaire.

Les déficits publics se sont fortement creusés, des transferts directs ont été mis en place pour soutenir la demande, et des plans d’investissement de long terme ont été engagés, notamment dans les infrastructures, l’énergie et la réindustrialisation.

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Depuis 2020, l’environnement économique et financier est également devenu plus incertain et plus polarisé. Des conflits armés ont éclaté ou se sont intensifiés, les tensions géopolitiques se sont multipliées, et un mouvement de dédollarisation progressif s’est amorcé, remettant en question certains équilibres hérités de l’après-Seconde Guerre mondiale. La domination du dollar reste centrale, mais elle est de plus en plus contestée par des stratégies de diversification des réserves et des échanges internationaux.

À cette instabilité s’ajoute une montée de l’incertitude politique, en particulier aux États-Unis. La ligne adoptée par Donald Trump, marquée par une approche plus agressive et frontale des relations commerciales et diplomatiques, y compris à l’égard des alliés traditionnels, a contribué à accroître la volatilité du cadre international. Or, les marchés financiers tendent historiquement à pénaliser les environnements incertains.

C’est dans ce contexte que les métaux précieux retrouvent une place centrale. Ils ne signalent pas nécessairement une crise imminente, mais traduisent un ajustement progressif à un environnement plus incertain, plus fragmenté et moins favorable aux actifs purement financiers.

Là où le régime post-2008 privilégiait le crédit et les marchés actions, l’après-2020 redonne un avantage relatif aux actifs réels. L’évolution de l’or et de l’argent reflète moins une anomalie de marché qu’une adaptation progressive à un nouvel environnement macroéconomique.

L’or : une valeur refuge

La dynamique de l’or s’explique avant tout par sa fonction monétaire.

Contrairement aux matières premières industrielles, sa valeur ne repose que marginalement sur des usages économiques concrets. L’or est avant tout une valeur refuge, dont le rôle principal consiste à préserver un pouvoir d’achat relatif dans le temps, indépendamment du cycle économique, de la croissance ou de la solvabilité d’un émetteur.

Il ne génère pas de revenus, ne dépend d’aucune infrastructure financière et ne comporte aucun risque de contrepartie. Cette caractéristique distingue l’or des actifs financiers traditionnels.

Là où les actions et les obligations tirent leur valeur de flux futurs ou de promesses contractuelles, l’or repose uniquement sur sa rareté, sa liquidité et sa reconnaissance universelle. Face à l’augmentation de la dette publique et à la dépendance croissante aux politiques monétaires et budgétaires, le fait que l’or ne repose sur aucun engagement financier prend de nouveau toute son importance.

Dans la majorité des économies développées, les niveaux de dette ont atteint des seuils historiquement élevés, tandis que le coût de leur financement est redevenu un enjeu macroéconomique majeur.

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Cette situation place les banques centrales dans une position délicate. Des taux durablement élevés accentuent la pression sur les finances publiques et le système financier, des taux trop bas fragilisent la crédibilité monétaire et entretiennent des dynamiques inflationnistes.

La stabilité repose alors moins sur des fondamentaux économiques solides que sur des arbitrages politiques permanents.

Lorsque l’or s’apprécie dans un environnement de déficits persistants et de croissance nominale élevée, il agit comme un indicateur de l’érosion monétaire plutôt que comme un signal de panique.

Le comportement des banques centrales joue également un rôle important. Depuis plusieurs années déjà, les banques centrales restent des acheteurs nets majeurs d’or. En 2025, leurs achats ont atteint 863,3 tonnes : un niveau inférieur aux records des trois années précédentes, mais toujours historiquement élevé.

Ces flux proviennent en grande partie de pays cherchant à diversifier leurs réserves de change, en particulier des économies émergentes et des membres des BRICS. La Chine figure parmi les principaux acteurs de ce mouvement : la Banque populaire de Chine a prolongé ses achats d’or pendant 16 mois consécutifs jusqu’en février 2026, portant ses réserves officielles à 74,22 millions d’onces troy fines*.

*Une once troy pèse environ 31,1 grammes, contre 28,35 grammes pour une once ordinaire.

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Cette stratégie répond à plusieurs logiques.

D’une part, elle vise à réduire la dépendance à une monnaie internationale dont l’usage est étroitement lié à l’influence géopolitique de son émetteur.

Le dollar conserve une place centrale dans le système financier mondial, mais son statut implique également une exposition aux cadres juridiques et réglementaires qui l’accompagnent. Dans ce contexte, la monnaie devient un instrument de projection de puissance, ce qui incite certains États à diversifier progressivement leurs actifs de réserve.

D’autre part, cette réallocation a des implications indirectes sur les marchés obligataires. À mesure qu’une part croissante des réserves est orientée vers l’or, la demande pour la dette américaine se réduit.

Sans remettre en cause le rôle dominant du dollar, ce mouvement contribue à augmenter les contraintes pesant sur son financement à long terme. Ce déséquilibre entre l’offre et la demande contribue à renforcer l’intérêt pour des actifs indépendants des États et des monnaies nationales.

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Cette configuration permet également d’expliquer une particularité du cycle actuel : la hausse du prix de l’or sans afflux massif vers les instruments financiers occidentaux qui lui sont adossés.

Historiquement, les phases haussières de l’or s’accompagnent souvent d’entrées dans les ETF et autres véhicules financiers. C’est également le cas dans le cycle récent : les ETF adossés à l’or ont enregistré de fortes entrées en 2025 et en début d’année 2026, même si les achats des banques centrales continuent de jouer un rôle important dans la dynamique long terme.

L’argent : un métal sous pression monétaire et industrielle

Contrairement à l’or, l’argent occupe une position particulière. Il conserve un rôle monétaire, mais il est aussi un métal industriel essentiel.

Cette double fonction explique pourquoi ses mouvements sont historiquement plus amples et plus rapides. L’argent réagit à la fois aux dynamiques monétaires et aux contraintes de l’économie réelle, ce qui en fait un indicateur particulièrement sensible des tensions du régime actuel.

Silver tradingview

Comme l’or, l’argent est coté en dollars. Lorsque son prix augmente fortement, cela reflète en partie une dépréciation de la monnaie dans laquelle il est exprimé. Mais à la différence de l’or, la demande pour l’argent ne repose pas uniquement sur sa fonction de réserve de valeur. Une part importante de sa consommation est liée à des usages industriels difficiles à remplacer, notamment dans l’électronique, le solaire et les semi-conducteurs.

La transition énergétique renforce cette dynamique. Le développement du photovoltaïque s’appuie sur une forte consommation de métaux. Dans le cas de l’argent, la demande reste peu sensible au prix, car sa part dans le coût final des équipements demeure relativement faible. Cela limite les mécanismes d’ajustement par la demande, même en cas de hausse rapide des prix.

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En face, l’offre est rigide. Une grande partie de l’argent produit dans le monde provient de mines dont l’activité principale est l’extraction d’autres métaux, comme le cuivre ou le zinc. Cela limite la capacité à augmenter rapidement la production en réponse à une hausse des prix. À cela s’ajoute le sous-investissement observé dans le secteur minier depuis plus de dix ans, qui réduit encore la flexibilité de l’offre.

La Chine joue un rôle central dans cet équilibre. Elle figure parmi les principaux producteurs mondiaux d’argent et occupe une place importante dans les chaînes de transformation industrielles. Depuis fin 2025, Pékin a encadré les exportations via un système d’entreprises autorisées pour 2026 & 2027, ce qui renforce la sensibilité du marché aux décisions politiques, même si l’effet précis de ces mesures sur l’offre mondiale reste débattu.

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Les tensions sont également visibles sur le marché physique. Dans certaines régions, le métal disponible immédiatement se négocie avec une prime par rapport aux prix des marchés à terme occidentaux. Ce type de configuration, où le prix au comptant dépasse les prix futurs, traduit généralement un déséquilibre entre offre et demande physique plutôt qu’un excès spéculatif.

Le retour des actifs réels

Depuis la crise du Covid, les politiques budgétaires ont pris le relais, les déficits se sont installés et l’inflation est redevenue un facteur structurant.

Dans ce contexte, l’or et l’argent bénéficient d’un double soutien. D’une part, leur rôle de valeurs refuges les rend attractifs dans un environnement marqué par l’endettement, l’incertitude et les tensions monétaires. D’autre part, surtout pour l’argent, leur utilisation industrielle renforce la demande dans un monde engagé dans la transition énergétique et la numérisation.

Ce double moteur distingue les métaux précieux des actifs financiers traditionnels. L’or reste principalement porté par sa fonction monétaire, tandis que l’argent combine cette dimension avec des usages industriels difficiles à substituer. Cette configuration accentue la sensibilité de leurs prix aux chocs économiques, monétaires et géopolitiques.

Au-delà de l’or et de l’argent, cette logique s’étend à d’autres matières premières.

Le cuivre, l’uranium ou les métaux critiques deviennent des enjeux stratégiques pour les États, en raison de leur rôle central dans l’énergie, les infrastructures et les technologies.

La sécurisation des approvisionnements, les politiques industrielles et les restrictions commerciales placent ces ressources au cœur des débats économiques et géopolitiques, comme l’illustre le cas de la Chine avec l’argent.

Diversification dans un monde de régimes instables

Dans un environnement marqué par l’incertitude et les changements de régime, la diversification joue avant tout un rôle de protection. Répartir un portefeuille entre plusieurs classes d’actifs permet de réduire la dépendance à un scénario macroéconomique unique et d’amortir l’impact de chocs asymétriques. Cette logique repose sur le constat que les différents actifs ne réagissent pas aux mêmes facteurs économiques, monétaires ou géopolitiques.

Cette approche a notamment été formalisée par Harry Browne à travers le concept de portefeuille permanent. Son idée n’était pas de chercher à anticiper les cycles, mais de construire un portefeuille capable de traverser des environnements variés en combinant des actifs aux comportements structurellement différents. Ce cadre ne cherche pas à éliminer l’incertitude, mais à la prendre en compte.

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Le “portefeuille permanent” de Harry Browne se divise en 4 parts égales de 25% : actions (Total Stock Market), obligations long terme, or et cash, pour résister à tous les environnements économiques.

Dans la pratique, mettre en œuvre cette diversification suppose de disposer d’outils adaptés.

Des plateformes comme Bitpanda s’inscrivent dans cette logique en offrant un accès à plusieurs classes d’actifs : actions, cryptomonnaies, matières premières et métaux peuvent ainsi être regroupés au même endroit.

L’essentiel réside dans la capacité à maintenir une allocation disciplinée et lisible dans le temps, malgré un environnement économique changeant.

Étape par étape : Comment acheter de l’or sur BitpandaGo bitpanda

1. Ouvrir un compte sur Bitpanda

Bitpanda est une plateforme d’investissement régulée permettant d’accéder à différents actifs. Pour commencer, rendez-vous sur le site ou l’application mobile de Bitpanda et créez un compte en entrant vos informations personnelles.

2. Déposer des fonds

Après avoir créé votre compte, vous devrez déposer des fonds pour pouvoir acheter des métaux

Bitpanda propose plusieurs méthodes de dépôt, notamment les virements bancaires (et virements instantanés), cartes bancaires et même des options comme Skrill & Neteller. Bitpanda permet d’acheter ou de vendre des actifs à partir de 1€, ce qui rend Bitpanda accessible à un large public, y compris les petits investisseurs.

3. Rechercher et acheter de l’or

Une fois vos fonds disponibles sur votre compte, accédez à la section « Métaux » de Bitpanda et recherchez GOLD.

Vous verrez alors le cours de l’or en temps réel.

Sur Bitpanda, vous pouvez acheter de l’or adossé à du métal physique, conservé dans des coffres sécurisés. Cette option vous permet d’investir à partir de petits montants, sans devoir acheter un lingot entier.

4. Passer un ordre d’achat

Pour acheter de l’or, sélectionnez simplement le montant que vous souhaitez investir, puis validez votre achat directement depuis l’interface Bitpanda.

Bitpanda achat or

5. Suivre vos investissements sur Bitpanda

Après avoir acheté vos métaux, vous pouvez suivre leur performance dans votre tableau de bord Bitpanda.

Vous aurez accès à des graphiques de suivi et des notifications sur les mouvements du cours, vous permettant d’ajuster votre stratégie en fonction des tendances du marché.

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