Analyse Pearl (PRL) – La crypto qui veut miner avec l’IA

Pearl ia

Depuis que l’intelligence artificielle a fait exploser la demande en cartes graphiques (GPU), une idée revient régulièrement chez ceux qui suivent à la fois la crypto et l’IA : les GPU qui font tourner les modèles d’IA et ceux qui minent des cryptomonnaies sont les mêmes cartes. Alors pourquoi ne pas leur faire faire les deux en même temps ?

C’est exactement le pari de Pearl, une blockchain lancée le 27 avril 2026 par deux chercheurs israéliens en cryptographie, Ilan Komargodski et Omri Weinstein. Elle reprend presque tout de Bitcoin, sauf une chose : le travail des mineurs.
Au lieu de calculer des hash qui ne servent qu’à sécuriser le réseau, les mineurs de Pearl font des multiplications de matrices (matmul), l’opération de base de l’intelligence artificielle. L’idée, c’est qu’une même carte graphique puisse faire tourner un modèle d’IA et miner des PRL en même temps.

Sur le papier, c’est séduisante, il n’y pas de prévente de tokens ni VC, ni allocations pour l’équipe : tous les PRL sont minés, comme les bitcoins (BTC). On est dans la même famille que Bittensor (TAO) ou, plus récemment, le Flop Network (TAO) d’Arthur Hayes, avec une différence de taille : ici, le réseau tourne déjà depuis cinq mois, et derrière le projet on trouve des chercheurs en cryptographie reconnus.

Et le timing n’est pas anodin. Depuis deux ans, le marché a montré un vrai appétit pour trois récits : le lancement équitable (fair launch, sans prévente ni VC, comme Bitcoin, Bittensor ou Hyperliquid), le croisement crypto x IA, et les tokens dont la valeur est soutenue par de vrais revenus, à l’image des rachats (buybacks) de HYPE financés par les frais d’Hyperliquid. Pearl coche clairement les deux premières cases. La troisième, on va le voir, est plus discutable.

Seulement, entre la promesse et ce qui tourne aujourd’hui sur le réseau, l’écart est important. Une étude publiée en juin affirme que les mineurs de Pearl ne font aucun calcul d’IA utile, et le CEO du projet reconnaît lui-même que la version actuelle du protocole ne convient pas à la plupart des modèles.

Dans cette analyse, nous allons voir ce qu’est concrètement Pearl, comment fonctionne sa preuve de travail utile (et ce qu’elle ne fait pas encore), qui se cache derrière le projet, à quoi sert le token PRL, comment sont conçues ses tokenomics, ce que gagnent vraiment les mineurs, ce qui est prévu pour la suite et surtout quels sont les points de vigilance avant de s’y intéresser.

Pearl : c’est quoi ?

Pearl est une blockchain (layer 1) qui fonctionne en preuve de travail, comme Bitcoin. Techniquement, c’est d’ailleurs un fork de btcd, une implémentation de Bitcoin écrite en Go : on y retrouve le modèle UTXO, la règle de la chaîne la plus longue, une offre de jetons plafonnée et des frais de transaction payés aux mineurs et le PRL est la monnaie native de cette blockchain.

Ce qui change, c’est la nature du travail. Sur Bitcoin, les mineurs calculent des milliards de hash par seconde jusqu’à tomber sur le bon. Ce calcul sécurise le réseau, mais il ne produit rien d’autre “d’utile” (on met des guillemets pour ne froisser personne). Sur Pearl, le travail consiste à multiplier des matrices (de grands tableaux de nombres), c’est-à-dire exactement ce que font les cartes graphiques quand elles font tourner un modèle d’IA.

On parle de preuve de travail utile (Proof of Useful Work).

Le raisonnement de Pearl est le suivant : chaque jour, des centaines de milliers de GPU font de l’inférence, c’est-à-dire qu’ils exécutent des modèles d’IA pour produire des réponses.
Si ces mêmes calculs peuvent en parallèle sécuriser une blockchain, alors un datacenter peut vendre de l’inférence à ses clients et miner du PRL avec les mêmes cartes, sans presque rien dépenser de plus. L’équipe parle d’une économie « 2-pour-1 » qui transformerait les dépenses d’infrastructure IA en source de revenus.

Le projet est porté par Pearl Research Labs, dont l’entité juridique est Pearl Research Ltd, une société israélienne immatriculée le 11 février 2025 à Tel Aviv. On notera d’ailleurs que le site officiel pearlresearch.ai parle très peu de crypto : il se présente aujourd’hui avant tout comme une plateforme d’inférence IA.

D’ailleurs, Pearl n’est pas le seul projet sur ce créneau puisque le Flop Network d’Arthur Hayes promet lui aussi une blockchain où les mineurs sont payés pour faire tourner des modèles d’IA, et Bittensor rémunère depuis des années les participants qui fournissent de l’intelligence artificielle. La différence de Pearl, c’est qu’elle garde le fonctionnement de Bitcoin (un bloc, un gagnant, une récompense) et que son réseau tourne déjà depuis cinq mois.

Comment fonctionne la preuve de travail utile de Pearl

Tout part d’un article de recherche publié en avril 2025 par Ilan Komargodski et Omri Weinstein, les deux cofondateurs du projet : « Proofs of Useful Work from Arbitrary Matrix Multiplication ». Ils y montrent comment transformer n’importe quelle multiplication de matrices en preuve de travail, avec un surcoût théoriquement négligeable.

Concrètement, le mineur ajoute un petit « bruit » aléatoire aux matrices qu’il multiplie, calcule le résultat, puis en tire une empreinte (un hash, calculé avec l’algorithme BLAKE3 directement sur la carte graphique pour éviter les allers-retours avec le processeur). Comme sur Bitcoin, un bloc est valide quand cette empreinte passe sous un certain seuil de difficulté. Le réseau peut ensuite vérifier la preuve sans refaire tout le calcul.

Note : Le bruit joue le rôle du nonce de Bitcoin : il rend chaque essai unique tout en gardant le résultat presque identique à la vraie inférence.

Côté paramètres, un bloc doit être produit en moyenne toutes les 194 secondes (3 minutes et 14 secondes), et la difficulté s’ajuste en continu, avec un algorithme qui lisse les variations sur environ une semaine. Dans les faits, le réseau va plus vite que prévu : fin septembre 2026, un bloc sort toutes les 145 à 160 secondes selon la période observée, ce qui augmente d’autant le nombre de PRL créés chaque jour.

⚠️ C’est aussi là que la comparaison avec Bitcoin s’arrête. Le puzzle de Bitcoin est simple à comprendre et il n’a pas changé depuis 2009. Le puzzle de Pearl, lui, dépend de plusieurs paramètres (la taille et le format des matrices, l’ampleur du bruit, la façon dont la graine est tirée), et chacun de ces paramètres est une surface d’attaque. Un mineur peut chercher des matrices plus faciles à multiplier, recycler un calcul d’un bloc à l’autre ou, tout simplement, multiplier des matrices qui ne servent à rien : la preuve garantit qu’un calcul a été fait, pas qu’il était utile.

Preuve de travail « utile » : ce qui tourne vraiment aujourd’hui

Le protocole permet à un mineur de miner avec les matrices d’un vrai modèle d’IA en train de répondre à un client. Mais rien ne l’y oblige : il peut tout aussi bien multiplier des matrices aléatoires, qui ne servent à rien, et toucher exactement la même récompense.

C’est précisément ce que montre une étude publiée le 3 juin 2026 par le chercheur Abhinaba Basu, « The Usefulness Gap in Proof-of-Useful-Work ». Après avoir analysé 8 012 machines d’un pool de minage (environ 21 % de la puissance du réseau à l’époque), il constate que le logiciel de minage dominant ne contient aucun code d’inférence.

Sa conclusion : les 24 EH/s du réseau, soit environ 320 000 GPU et 112 mégawatts selon son estimation, ne produisaient « aucun calcul d’IA utile ». Il a aussi réussi à miner avec des cartes AMD MI300X, alors que Pearl était présenté comme un réseau réservé à NVIDIA.

Car le CEO lui-même reconnaît les limites du protocole actuel. Le 25 septembre, Omri Weinstein écrit sur X que la version en service ne fonctionne qu’en INT8 (des nombres entiers sur 8 bits) et ajoute 10 à 15 % de surcoût, ce qui « disqualifie la plupart des modèles » qui tournent en virgule flottante. La nouvelle version, baptisée Pearl-GEMM, doit régler ce problème avec un surcoût de 0 à 3 % et le support natif des puces Blackwell de NVIDIA. Elle est en testnet et doit arriver « d’ici quelques semaines », mais la mise à jour correspondante n’était toujours pas intégrée au code du réseau principal le 28 septembre.

Même chose pour la preuve d’inférence, c’est-à-dire le mécanisme qui permettrait de prouver qu’un calcul d’IA précis a bien été réalisé : elle ne sera pas intégrée à la blockchain Pearl elle-même, mais construite à part, sous forme de layer 2 ou de rollup, a précisé Omri Weinstein le même jour.

En clair, aujourd’hui, rien ne prouve on-chain qu’un bloc Pearl a servi à faire de l’IA. Le « travail utile » est une possibilité offerte aux mineurs, pas une obligation, et l’économie actuelle du minage ne les pousse pas vraiment à le faire (on y revient plus bas).

Pearl : 4 forks en 2 mois

Le protocole bouge aussi beaucoup. Entre juin et août 2026, Pearl a changé quatre fois ses règles de minage : fork « MoE » au bloc 71 935 (12 juin), « dense-only » au bloc 91 630 (23 juillet), « rank-penalty » au bloc 96 251 (6 août) et « salted-seed » au bloc 99 000 (11 août).

D’après le guide destiné aux mineurs de Cryptolexicon, chacun de ces forks venait refermer une faille qui permettait à certains mineurs de gagner plus que leur part réelle de travail. Un mineur qui ne mettait pas son logiciel à jour à temps continuait d’afficher une belle puissance de calcul… sans rien gagner. C’est le prix d’un protocole très jeune, et la prochaine mise à jour (Pearl-GEMM) sera elle aussi un changement de règles.

MoE (12 juin, hard fork) : le réseau passe à une nouvelle version de la preuve (certificat V2) qui accepte le minage
sur des modèles de type MoE (mixture of experts) comme Qwen3.6 35b a3b, en plus des modèles classiques dits “denses” comme Qwen3.8 27b par exemple.

dense-only (23 juillet, soft fork) : six semaines plus tard, marche arrière : les preuves issues de modèles MoE sont
rejetées et seules les multiplications de matrices « denses » restent acceptées, ce qui laisse penser que le mode
MoE permettait de produire des preuves à moindre coût.

rank-penalty (6 août, soft fork) : le bruit ajouté aux matrices doit désormais avoir un « rang » minimum (grosso
modo, être assez riche pour ne pas simplifier le calcul), et un bruit de rang trop faible donne droit à une
récompense réduite en proportion, ce qui ferme la porte aux mineurs qui allégeaient artificiellement leur travail.

salted-seed (11 août, hard fork) : la graine (seed) qui génère le bruit est désormais salée, c’est-à-dire liée
au bloc en cours, de sorte qu’un calcul ne peut plus être préparé à l’avance ni réutilisé d’un bloc à l’autre
(certificat V3).

L’équipe derrière Pearl

Les fondateurs sont pourtant faciles à identifier et leur profil est solide.

Omri Weinstein, cofondateur et CEO, est docteur de l’université de Princeton et chercheur en informatique théorique à l’Université hébraïque de Jérusalem. Sur X, il se présente aussi comme passé par NVIDIA et par Vast Data, une entreprise de stockage de données pour l’IA.

Ilan Komargodski, cofondateur et CTO, est cryptographe. Il enseigne à l’Université hébraïque et travaille comme chercheur chez NTT Research. Il cosigne aussi Hawkeye (mars 2026) avec Dan Boneh, l’un des cryptographes les plus connus de Stanford : un travail sur la reproduction exacte des calculs des GPU, indispensable pour vérifier des calculs en virgule flottante.

Idan Sugarman apparaît comme administrateur de Pearl Research Ltd au registre israélien et a été présenté comme troisième cofondateur lors de l’AMA du 15 septembre 2026. On trouve en revanche peu d’informations publiques sur son rôle.

Financement : pas de VC… officiellement

Aucune levée de fonds n’a été annoncée publiquement pour Pearl Research Labs, et on n’en trouve aucune trace dans les bases de données habituelles. Le projet met en avant un lancement sans investisseurs, sans prévente et sans tokens réservés à l’équipe.

C’est un signal plutôt positif pour les détenteurs de PRL : aucun fonds n’a acheté de tokens à prix cassé pour les revendre plus tard, et il n’y a donc aucun déblocage (unlock) à surveiller.

⚠️ Mais l’absence de levée documentée ne veut pas dire absence de financement. Pearl Research Labs est une vraie entreprise, qui emploie des ingénieurs, publie des travaux de recherche et fait tourner une plateforme d’inférence. On ne sait pas qui la finance. De plus, rien n'empêchait non plus l’équipe, qui disposait du logiciel avant tout le monde, de miner dès le premier jour, et aucune information publique ne permet de savoir si elle l’a fait.

Les produits : Together AI et la plateforme d’inférence Pearl

Le 15 mai 2026, Pearl annonce un partenariat exclusif avec Together AI, l’un des principaux fournisseurs d’inférence de modèles open source. Ensemble, ils lancent le premier modèle « 2-pour-1 » : une version de Gemma 4 (le modèle ouvert de Google) proposée au moins 25 % moins cher, la réduction étant financée par les PRL minés pendant les calculs.

C’était la démonstration concrète de la thèse de Pearl. Sauf qu’au 28 septembre 2026, la fiche de ce modèle chez Together indique qu’il n’est plus disponible sur son offre serverless, et le journal des modifications de Together le range parmi les modèles retirés mi-septembre. Aucune explication n’a été donnée publiquement.

Depuis, Pearl pousse sa propre offre, la Pearl Inference Platform : une API compatible avec celle d’OpenAI qui donne accès à des modèles open source comme DeepSeek V4, GLM-5.3, Qwen 3.8 ou Gemma 4 à des prix très compétitifs.

Illustration - Analyse Pearl (PRL) – La crypto qui veut miner avec l'IA

On notera que le PRL n’intervient nulle part dans cette offre : on ne paie pas en PRL, et une partie des revenus n’est ni utilisée pour racheter des PRL, ni pour en brûler. La plateforme d’inférence est l’activité de l’entreprise, le PRL est la monnaie du réseau, et les deux ne sont pas reliés par un mécanisme économique.

Utilité du token PRL

Le PRL a aujourd’hui une utilité très proche de celle du bitcoin :

  • Récompenser les mineurs : chaque bloc crée de nouveaux PRL, auxquels s’ajoutent les frais des transactions incluses.
  • Payer les frais de transaction sur la blockchain Pearl.
  • Servir de réserve de valeur : lors de l’AMA du 15 septembre, l’équipe a assumé ce positionnement, à la manière du bitcoin.

Et c’est à peu près tout. Il n’y a pas de staking, pas de gouvernance, pas de burn, et le PRL ne sert pas à payer l’inférence, ni chez Together AI ni sur la plateforme de Pearl. Toute la valeur du token repose donc sur l’intérêt de le miner, de le détenir et, à terme, sur l’adoption du minage par de vrais acteurs de l’IA.

C’est là que Pearl se distingue des modèles qui ont le vent en poupe. Chez Hyperliquid, l’essentiel des frais de la plateforme sert à racheter du HYPE : le succès du produit se traduit mécaniquement en demande pour le token. Chez Bittensor, le TAO sert au moins à enregistrer et à faire fonctionner les sous-réseaux. Chez Pearl, rien de tel pour l’instant : l’entreprise vend son inférence en dollars, et aucun mécanisme de rachat ou de burn ne relie ces revenus au PRL.

Le token profite du narratif crypto x IA et du fair launch, mais pas encore d’un lien direct avec l’activité commerciale.

Tokenomics du PRL

Une offre plafonnée et 100 % minée

Les règles d’émission du PRL sont écrites dans le code source, publié sur GitHub, et elles sont simples :

ParamètreValeur
Offre maximale2,1 milliards de PRL (100 fois l’offre du bitcoin)
Prévente, équipe, VCAucune allocation, le bloc de genèse ne crée aucun PRL
Temps de bloc visé194 secondes
ÉmissionDécroissance continue, sans halving
Moitié de l’offre émiseVers le bloc 650 226, soit environ 4 ans au rythme visé
Offre au 28 septembre 2026Environ 328 millions de PRL (15,6 %)
Récompense par blocEnviron 2 300 PRL, en baisse à chaque bloc

Contrairement à Bitcoin, il n’y a pas de halving tous les quatre ans. Le nombre de PRL émis suit une formule qui décroît doucement à chaque bloc : la moitié de l’offre est créée en 4 ans environ, les trois quarts en 12 ans et 90 % en 36 ans, si le rythme de 194 secondes par bloc est respecté.

Une distribution très concentrée sur les premiers jours

Le lancement est « équitable » au sens où personne n’a reçu de tokens gratuitement. Mais la distribution, elle, l’est beaucoup moins.

Au lancement, la difficulté était très basse et le réseau a produit des blocs à toute vitesse : le bloc 40 000 a été miné le 3 mai 2026, six jours seulement après le lancement, alors qu’au rythme prévu, il aurait fallu trois mois.
Autrement dit, ceux qui avaient les machines et le logiciel prêts dès le premier jour ont capté une part énorme de l’offre actuelle.

Une inflation encore très élevée

C’est le propre des cryptos minées à leurs débuts (le bitcoin aussi avait une inflation énorme en 2009 et 2010), mais les chiffres de Pearl sont impressionnants :

  • Au rythme visé de 194 secondes par bloc, le réseau émet environ 1 million de PRL par jour.
  • Comme les blocs sortent en réalité plus vite, on est plutôt entre 1,2 et 1,35 million de PRL par jour fin septembre.
  • Même au rythme théorique, l’offre passerait de 328 millions à environ 637 millions de PRL dans un an, soit une hausse de 94 %.

Au cours du 28 septembre (1,37 dollar), ce sont donc environ 1,7 million de dollars de PRL qui sont créés chaque jour et donnés aux mineurs. Pour comparaison, le volume d’échange quotidien du PRL tourne autour de 4 millions de dollars. Les mineurs, qui paient leur électricité et leur matériel en dollars, doivent revendre une partie de leur production : c’est une pression vendeuse permanente que le marché doit absorber.

Il faut garder en tête que le token est déjà valorisé près de 2,9 milliards de dollars en FDV (la valorisation si toute l’offre était en circulation), alors que ~84 % des PRL restent à miner.

Le minage de Pearl : qui mine, et est-ce rentable ?

Fin septembre 2026, la puissance de calcul du réseau atteint environ 61 EH/s, contre 24 EH/s en juin. Attention, cette unité ne se compare pas à celle de Bitcoin : elle mesure des tentatives de calcul matriciel, pas des hash SHA-256.

Deux pools font plus de 75 % des blocs

Le minage de Pearl est très concentré. Voici la répartition des blocs sur 24 heures au 28 septembre 2026, d’après PrlStats :

PoolPart des blocs
Kryptex50,6 %
PearlHash26,3 %
LuckyPool6,8 %
Solo / inconnus5,8 %
PearlFortune5,4 %
HeroMiners5,1 %

Un seul pool, Kryptex, produit donc plus de la moitié des blocs. En théorie, cela lui donnerait les moyens de censurer des transactions ou de réorganiser la chaîne. Les mineurs peuvent changer de pool à tout moment, mais tant que cette situation dure, c’est un point faible réel pour une blockchain qui se veut décentralisée.

Une économie qui favorise… le minage « inutile »

Qui mine, et avec quoi ? Des cartes graphiques grand public (RTX 4070 Ti, 4090, 5090…) comme des GPU de datacenter (H100, H200, B200).

Pour le moment il est possible de miner du Pearl avec des GPU grands publics comme la RTX 4070 Ti avec un rendement estimé de ~4$ / jour au cours actuel. Cependant le prix va beaucoup varier en fonction de la difficulté sur le réseau et le prix du token. Source : https://www.hashrate.no/gpus/4070ti

Illustration - Analyse Pearl (PRL) – La crypto qui veut miner avec l'IA

    Roadmap : ce qui est livré, ce qui est promis

    Pearl ne publie pas de roadmap détaillée avec des dates. On peut en revanche faire le point entre ce qui existe et ce qui est annoncé.

    Côté livraison, le réseau principal tourne depuis le 27 avril 2026 et a déjà encaissé quatre forks. Le code est open source, la plateforme d’inférence est ouverte au public et l’équipe publie régulièrement des travaux de recherche (Hawkeye, un algorithme de hash BLAKE3 annoncé 400 fois plus rapide sur GPU, des kernels de calcul pour les puces Blackwell). Le partenariat Together AI a bien été lancé en mai, mais le modèle a depuis été retiré.

    Côté promesses, la priorité est Pearl-GEMM, la version en virgule flottante du protocole, attendue « d’ici quelques semaines » depuis le 25 septembre. Omri Weinstein affirme que ses kernels sont environ 5 % plus rapides que les meilleurs kernels open source actuels, un chiffre qu’aucun tiers n’a encore vérifié. Viennent ensuite la preuve d’inférence, confiée à un futur layer 2, un partenariat avec Attestable pour la vérification des calculs par preuves à divulgation nulle de connaissance (zero-knowledge), et un pool de minage officiel, toujours affiché “soon” sur le site.

    Les points de vigilance

    • Un travail « utile » qui ne l’est pas encore : le protocole n’oblige pas les mineurs à faire de l’IA, une étude de juin affirme qu’ils n’en font pas, et le CEO reconnaît que la version actuelle ne convient pas à la plupart des modèles. Toute la thèse repose sur des versions futures.
    • Un protocole encore instable : quatre forks en deux mois, et une nouvelle mise à jour majeure attendue. Chaque changement de règles peut modifier la rentabilité des mineurs et faire apparaître de nouvelles failles.
    • Un minage très centralisé : le pool Kryptex produit plus de la moitié des blocs, et deux pools en produisent plus des trois quarts.
    • Une inflation très élevée : plus d’un million de PRL créés chaque jour, une offre qui pourrait presque doubler en un an, et une pression vendeuse de l’ordre de 1,7 million de dollars par jour au cours actuel.
    • Une distribution de départ très concentrée : 37 % des PRL existants ont été minés dans les six premiers jours, par ceux qui étaient prêts au lancement.
    • Une équipe discrète et un financement opaque : le site ne présente personne, aucune levée n’est documentée et on ne sait pas comment l’entreprise est financée.
    • Une volatilité extrême : une multiplication par plus de 12 entre juillet et septembre, puis -22 % en cinq jours. Le PRL réagit très fort aux annonces et aux narratifs du moment.

    Conclusion

    Pearl est l’une des tentatives les plus sérieuses de rendre la preuve de travail utile. L’équipe est crédible, les travaux de recherche sont publics, le code est open source et le lancement s’est fait sans prévente ni VC. Et contrairement à beaucoup de projets crypto x IA, le réseau tourne déjà.

    Mais aujourd’hui, Pearl ressemble surtout à une nouvelle crypto minable sur GPU, avec un récit IA très fort. Le calcul utile reste une option que les mineurs n’utilisent pas, la seule démonstration commerciale (Together AI) a été retirée, et l’économie du minage récompense davantage les machines dédiées que les datacenters d’IA. À cela s’ajoutent une inflation très élevée, un minage concentré sur un seul pool et un marché peu liquide.

    Sur les trois récits qui portent le marché en ce moment, Pearl en coche donc deux sans discussion : le fair launch et le croisement crypto x IA. Le troisième, celui d’un token soutenu par les revenus du projet comme HYPE chez Hyperliquid, manque encore à l’appel. Rien n'empêche l’équipe de l’ajouter un jour, mais à ce stade, rien ne l’y oblige non plus.

    Liens utiles

    🌐 Site officiel de Pearl : https://pearlresearch.ai

    🌐 Site non officiel pour ressources supplémentaires : https://pearlified.com/team

    📜 Whitepaper : https://pearlresearch.ai/Pearl_Whitepaper.pdf

    📄 Article de recherche fondateur (arXiv) : https://arxiv.org/abs/2504.09971

    💻 Code source (GitHub) : https://github.com/pearl-research-labs/pearl

    🔎 Explorateur officiel : https://explorer.pearlresearch.ai

    📊 PrlStats, offre en circulation : https://prlstats.com/metric?m=supply&range=all

    ⛏️ PrlStats, coût de production : https://prlstats.com/production

    🧪 Étude critique « The Usefulness Gap » : https://arxiv.org/abs/2606.04819

    🤝 Annonce du partenariat Together AI : https://www.together.ai/blog/together-ai-partners-with-pearl-research-labs

    🦎 Pearl sur CoinGecko : https://www.coingecko.com/en/coins/pearl-2

    🐦 Twitter Pearl : https://x.com/prlnet

    🐦 Twitter Omri Weinstein : https://x.com/WeinsteinOmri

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