Ce qu’il faut retenir :
- Strategy a consacré 635,2 millions de dollars au rachat de son titre préférentiel STRC.
- Le cours s’établit à 97 dollars, toujours sous la valeur nominale de 100 dollars.
- Le concurrent Strive maintient son propre titre au pair grâce à un dividende de 13 %.
Strategy a dépensé 635,2 millions de dollars pour racheter STRC, son action préférentielle perpétuelle, qui peine toujours à retrouver sa valeur nominale de 100 dollars. Le titre s’échangeait à 97 dollars, malgré un dernier rachat de 151,8 millions de dollars effectué à un prix moyen de 97,48 dollars.
Pourquoi cette valeur nominale compte autant
L’enjeu dépasse la fierté comptable. Une action préférentielle qui cote à son pair permet à l’entreprise d’en émettre de nouvelles au fil de l’eau, et donc de lever des fonds sans diluer ses actionnaires ordinaires.
En dessous du pair, ce robinet se ferme. C’est précisément la contrainte qui a conduit Strategy à vendre des bitcoins en début de mois pour financer ses dividendes préférentiels, puis à céder des actions ordinaires pour alimenter ses rachats.
Le programme d’un milliard de dollars autorisé cet été a produit des effets. Le titre est remonté d’un plancher proche de 71 dollars jusqu’à environ 97 dollars, soit une progression de plus d’un tiers. Les rachats ont d’ailleurs grossi à mesure que le cours montait, ce qui revient à payer de plus en plus cher chaque point de progression.
La concurrence de Strive complique l’exercice
Un rival direct explique en partie cette difficulté. SATA, l’action préférentielle perpétuelle de Strive, offre un dividende annualisé de 13 %, versé quotidiennement, contre 12 % payé deux fois par mois pour STRC.
L’écart paraît mince, la conséquence l’est moins. SATA se maintient autour de sa valeur nominale de 100 dollars depuis plus d’une semaine, ce qui permet à Strive d’émettre de nouveaux titres via son programme au fil de l’eau. Les recettes ont financé l’acquisition de 1 800 bitcoins au cours de la semaine écoulée.
Autrement dit, l’un des deux acteurs dispose d’un mécanisme de financement qui tourne, quand l’autre doit dépenser des centaines de millions pour tenter de le réamorcer.
L’écart se lit aussi sur les actions ordinaires
La divergence se retrouve sur les titres principaux des deux sociétés. ASST, l’action de Strive, progresse de 60 % depuis le début de l’année, quand MSTR recule de 15 %.
Ce que révèlent les priorités d’allocation
La comparaison des montants engagés éclaire la hiérarchie retenue par Strategy.
L’entreprise a consacré 635,2 millions de dollars au soutien de son titre préférentiel depuis le lancement du programme, contre 369,7 millions à l’achat de bitcoins la semaine dernière, sa première acquisition depuis deux mois.
Ces 4 603 bitcoins acquis autour de 80 000 dollars portent le trésor à 845 050 unités, valorisées environ 65,9 milliards de dollars.
Et maintenant ?
Deux indicateurs commanderont la suite.
Le retour de STRC vers 100 dollars, d’abord, qui reste l’objectif affiché de la direction et conditionne sa capacité à lever des fonds sans céder d’actifs. Il manque moins de 3 % pour y parvenir, mais les derniers points se paient au prix fort.
Le rythme des achats de bitcoin ensuite, dont dépend la thèse d’investissement de l’entreprise. Une société de trésorerie qui consacre plus d’argent à soutenir ses propres titres qu’à acquérir l’actif qu’elle est censée accumuler pose une question de cohérence à ses actionnaires.
Le contexte de marché reste par ailleurs incertain, avec un bitcoin autour de 78 000 dollars et une probabilité de hausse des taux américains en septembre estimée à environ 64 %.
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