Ce qu’il faut retenir :
- Le Bloomberg Terminal diffuse désormais en continu les prix de certains contrats perpétuels de Hyperliquid.
- L’intégration se limite aux données de marché : aucun ordre ne peut être passé via Bloomberg.
- L’open interest sur Hyperliquid a dépassé 18 milliards de dollars pour la première fois le 23 septembre.
Le Bloomberg Terminal affiche désormais, 24 heures sur 24, les prix d’une sélection de contrats perpétuels négociés sur Hyperliquid, la plateforme décentralisée de produits dérivés. Michael McDonough, de Bloomberg, a précisé que les utilisateurs y accèdent avec la commande WSL HYPE <GO>. Les marchés couverts touchent aux cryptomonnaies, aux actions, aux matières premières, aux devises et aux indices.
Un protocole DeFi entre ainsi sur l’écran de référence des salles de marché et des institutions financières.
Que propose Bloomberg pour Hyperliquid ?
La fonction sert à surveiller les cours. Un trader peut comparer le prix d’un contrat Hyperliquid avec celui du bitcoin, de l’action Nvidia, du S&P 500, du Brent ou de la paire euro-dollar, sans changer de plateforme de données.
L’exécution reste hors champ. Les utilisateurs du Bloomberg Terminal ne peuvent pas passer d’ordres sur Hyperliquid depuis Bloomberg. Le trading, la conservation, la gestion des garanties et la connexion d’un portefeuille crypto se font toujours en dehors du Terminal.
Qu’est-ce qu’un contrat perpétuel sur Hyperliquid ?
Un contrat perpétuel est un produit dérivé sans date d’échéance, qui permet de parier à la hausse ou à la baisse sur un actif, souvent avec effet de levier, sans le détenir. Hyperliquid a bâti l’essentiel de son activité sur ces produits, d’abord sur les cryptomonnaies.
Le cadre HIP-3 a élargi l’offre. Il permet à des équipes indépendantes, appelées déployeurs, de créer leurs propres marchés perpétuels sur d’autres classes d’actifs : S&P 500, or, pétrole, argent, ou encore des sociétés non cotées comme SpaceX. Ces contrats se négocient en continu, y compris quand la Bourse ou le marché de référence est fermé.
Le volume a suivi. Selon le Hyperliquid Policy Center, les marchés HIP-3 ont traité plus de 480 milliards de dollars de volume notionnel cumulé lors de leurs dix premiers mois. En août, cette organisation a demandé à la SEC et à la CFTC d’autoriser aux États-Unis certains perpétuels sur actions, sous le régime des contrats à terme sur titres.
Hyperliquid bat ses records d’open interest
L’activité a atteint un sommet en septembre. L’open interest de Hyperliquid, c’est-à-dire la valeur totale des positions ouvertes, a franchi les 18 milliards de dollars le 23 septembre, selon crypto.news. Le précédent record, à 16,36 milliards, datait de quatre jours plus tôt. Fin août, le compteur dépassait à peine 13 milliards : environ 5 milliards de dollars de positions se sont ajoutés en quelques semaines.
Le bitcoin, l’ether et le token HYPE représentaient environ 9,33 milliards de dollars de ce total. Le reste provenait en partie des marchés HIP-3.
Un accès institutionnel qui se construit par plusieurs canaux
Bloomberg n’est pas le premier acteur à brancher les professionnels sur Hyperliquid. En septembre, DoubleZero a lancé cinq flux de données Hyperliquid via son service Edge, destinés aux teneurs de marché et aux desks quantitatifs. Quatre couvrent les marchés perpétuels natifs et ceux de trade[XYZ]. Le cinquième transmet des intentions d’ordres tirées de la mempool, la file d’attente des transactions avant leur validation. Hyperliquid y rejoint Solana et Kalshi.
L’exécution réglementée avance en parallèle. Payward, maison mère de Kraken, prévoit de proposer des perpétuels Hyperliquid à des clients américains éligibles via l’infrastructure HIP-3. Bitnomial, régulé par la CFTC, déploierait, compenserait et réglerait les contrats, tandis que NinjaTrader Clearing tiendrait les comptes clients. Le projet attend encore le feu vert des régulateurs.
Hyperliquid teste aussi des marchés à accès restreint. Une mise à jour en testnet permet aux déployeurs HIP-3 de limiter la participation à des adresses approuvées, via des listes blanches onchain. Jeffrey Yan, cofondateur de Hyperliquid, a indiqué que les déployeurs pourront gérer ces listes eux-mêmes ou les confier à des sous-déployeurs. L’option reste facultative.
Ce qu’il faut surveiller
Le cadre réglementaire reste le point bloquant. La réponse de la SEC et de la CFTC sur les perpétuels sur actions, et l’approbation du projet de Payward, conditionnent l’arrivée des clients américains. Ailleurs, l’Autorité monétaire de Singapour a inscrit Hyperliquid sur sa liste d’alerte aux investisseurs en juin, ce à quoi la plateforme a répondu n’avoir jamais revendiqué de licence locale.
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