Ce qu’il faut retenir :
- BitMEX fermera définitivement sa plateforme le 23 septembre 2026, après onze ans d’activité.
- Les inscriptions sont déjà closes et les positions ouvertes seront liquidées d’office avant la fermeture.
- Les utilisateurs qui laissent des fonds au-delà de la date seront facturés au moins 50 dollars par mois.
BitMEX fermera définitivement sa plateforme d’échange le 23 septembre 2026, selon l’annonce publiée ce jeudi. La décision met fin à onze ans d’activité pour la plateforme qui a popularisé le perpetual swap, ce contrat à terme sans date d’échéance, proposé à l’époque avec un levier pouvant atteindre 100 fois la mise. Les nouvelles inscriptions ont été suspendues immédiatement.
Le conseil d’administration de HDR Global Trading Limited, propriétaire et exploitant de la plateforme, a tranché après une revue stratégique portant sur l’activité et sur l’état du secteur crypto dans son ensemble. La société cherchait un acquéreur depuis février 2025, quand elle avait mandaté la banque d’affaires Broadhaven Capital Partners pour piloter la vente. BitMEX n’a révélé ni les conclusions de cette revue, ni si le processus de cession avait produit le moindre candidat.
Quel calendrier pour retirer ses fonds de BitMEX ?
Les utilisateurs disposent de deux mois pour déboucler leurs positions. À partir du 26 août à 04h00 UTC, des limites de risque bloqueront l’ouverture de nouvelles positions : seuls les ordres de réduction resteront autorisés. La plateforme fermera ensuite d’office les positions restantes avant l’échéance, pour organiser une sortie ordonnée du marché. Tout ce qui sera encore ouvert au moment de la fermeture sera liquidé immédiatement.
BitMEX prévient qu’elle décline toute responsabilité en cas de pertes liées à l’incapacité d’un utilisateur à clôturer ses positions à temps. Les tokens BMEX mis en staking ont déjà été débloqués et rendus aux comptes de leurs détenteurs.
Des frais pour ceux qui laissent leurs fonds sur place
Le message est sans ambiguïté pour les traîneurs. Les utilisateurs ayant complété leur vérification d’identité (KYC) et n’ayant pas retiré leurs avoirs à la date butoir se verront prélever des frais mensuels équivalant à 50 dollars ou 1 % par an, le montant le plus élevé étant retenu, sur les soldes restants. Ces frais pourront augmenter avec le temps, moyennant un préavis, pour les comptes qui resteraient approvisionnés.
Les retraits continueront de fonctionner après la fermeture, et l’accès aux comptes sera maintenu pour consulter soldes et historique de transactions. La plateforme anticipe toutefois des délais de traitement liés aux conditions réseau, en citant les temps de confirmation des blocs Bitcoin, qui peuvent atteindre une heure et limiter le débit depuis son pool d’adresses. Elle appelle enfin à la vigilance face aux tentatives de phishing qui exploiteront la fermeture, et rappelle qu’aucun service de retrait accéléré ou prioritaire n’existe.
Sur la solvabilité, BitMEX affirme que ses actifs dépassent ses passifs selon sa page de preuve de réserves, et qu’elle n’a perdu aucun fonds client à cause d’un piratage sur toute son histoire.
De l’invention du perpetual swap aux ennuis judiciaires
Arthur Hayes a cofondé BitMEX en 2014 avec l’ambition affichée d’ouvrir aux particuliers des produits dérivés crypto de qualité professionnelle. Le pari a été gagné bien au-delà de la plateforme elle-même : le perpetual swap qu’elle a conçu est devenu le produit le plus échangé de l’écosystème crypto, repris par des milliers de plateformes.
La suite a été plus rugueuse. BitMEX a plaidé coupable en 2024 pour violation du Bank Secrecy Act, la loi américaine anti-blanchiment, en raison d’un dispositif de contrôle jugé insuffisant. Une amende supplémentaire de 100 millions de dollars est tombée en janvier 2025. En mars 2025, Donald Trump a gracié les cofondateurs de la plateforme, Arthur Hayes compris.
Ce qu’il faut surveiller
Deux dates comptent désormais pour les utilisateurs : le 26 août, quand la plateforme basculera en mode réduction seule, et le 23 septembre, quand tout se refermera. Au-delà du cas BitMEX, la question posée est celle de la valeur d’une plateforme de dérivés aujourd’hui : solvable, sans perte de fonds clients en onze ans, la société n’a pourtant trouvé aucun repreneur en plus d’un an de recherche. Le marché des dérivés crypto s’est concentré autour d’une poignée d’acteurs, et les volumes ne reviennent plus vers les pionniers.
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