Goliath Ventures : son PDG plaide coupable d’un Ponzi crypto à 400 millions de dollars

Christopher Delgado, ex-PDG de Goliath Ventures, plaide coupable d’un Ponzi crypto à 400 millions de dollars et restitue son patrimoine de luxe.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Christopher Delgado, ex-PDG de Goliath Ventures, a plaidé coupable de fraude et de blanchiment dans une arnaque crypto.
  • Les enquêteurs chiffrent à au moins 400 millions de dollars les fonds versés par les investisseurs.
  • Il risque jusqu’à 20 ans de prison par chef de fraude et doit restituer un important patrimoine de luxe.

Christopher Alexander Delgado, ancien PDG de la société crypto Goliath Ventures, a plaidé coupable de fraude et de blanchiment d’argent dans une affaire de Ponzi qui a détourné au moins 400 millions de dollars. Le Floridien de 34 ans a reconnu les faits mardi devant la justice fédérale, selon le bureau du procureur pour le district central de Floride. Il encourt jusqu’à 20 ans de prison par chef d’accusation de fraude, et 10 ans de plus pour le blanchiment.

Delgado a fourni des informations frauduleuses afin de lever des fonds auprès d’investisseurs, puis a dépensé ses gains mal acquis pour financer son train de vie fastueux.

Comment fonctionnait l’arnaque Goliath Ventures ?

La recette est vieille comme la finance. Goliath Ventures, anciennement Gen-Z Venture Firm, promettait à ses clients des rendements mensuels « garantis » ou « à faible risque » de 3 % à 8 %, censés provenir de pools de liquidité crypto, ces réserves de jetons qui font tourner les plateformes d’échange décentralisées. En réalité, l’argent ne travaillait pas. Sur les centaines de millions collectés entre janvier 2023 et janvier 2026, seuls 1,5 million de dollars ont atteint une plateforme comme Uniswap.

Le reste suivait le schéma d’un Ponzi, cette fraude où les rendements versés aux anciens investisseurs proviennent de l’argent des nouveaux, sans activité réelle derrière. Pour attirer les fonds, Delgado misait sur le bouche-à-oreille, des campagnes marketing léchées, des événements de luxe et des dons caritatifs qui donnaient à l’entreprise une façade respectable. Dès septembre 2025, le journaliste néo-zélandais Danny de Hek avait pourtant alerté publiquement sur un possible Ponzi. Goliath lui avait répondu par une plainte en diffamation, abandonnée après l’arrestation de son dirigeant.

Lamborghini, Rolls-Royce et manoir à 8,5 millions

L’argent des victimes finançait surtout le train de vie de son patron. Delgado a acheté au moins six biens immobiliers, valant chacun entre 1,15 million et 8,5 millions de dollars, une flotte de Lamborghini et de Rolls-Royce, des montres Rolex, des dizaines de sacs Louis Vuitton et des bijoux Tiffany sur mesure. « Delgado a fourni de fausses informations pour lever des fonds, puis a dépensé ses gains mal acquis dans un train de vie extravagant », a résumé le procureur fédéral Gregory W. Kehoe.

Dans son accord de plaider-coupable, Delgado a reconnu avoir causé au moins 250 millions de dollars de pertes à plus d’un millier d’investisseurs. Il s’engage à restituer huit propriétés, onze véhicules, trente montres, plus de cinquante sacs et portefeuilles de luxe, au moins vingt-neuf bijoux, ainsi que plusieurs comptes bancaires et crypto saisis.

JPMorgan aussi dans le viseur

L’affaire ne s’arrête pas au fondateur. En mars, des victimes ont attaqué JPMorgan, accusant la banque d’avoir traité environ 253 millions de dollars de dépôts liés à Goliath en ignorant les signaux d’alerte et ses obligations de vigilance. La plainte cite, non sans ironie, une vieille sortie de Jamie Dimon, patron de JPMorgan, qui qualifiait autrefois le Bitcoin de « Ponzi décentralisé ». Près de 123 millions de dollars auraient par ailleurs transité vers des portefeuilles Goliath chez Coinbase. Les entités du groupe ont été placées sous administration judiciaire en mars, avant un dépôt de bilan en Floride.

Et maintenant ?

Le verdict tombera le 8 octobre. En cumulant les chefs d’accusation, Delgado s’expose à plusieurs décennies derrière les barreaux. L’enquête, menée par l’IRS et le Homeland Security Investigations, reste ouverte : les autorités cherchent encore à localiser des actifs et à identifier d’éventuels complices. Pour les victimes, la restitution dépendra de ce que la vente des biens saisis permettra de récupérer. Le dossier rappelle une règle simple du secteur : un rendement mensuel « garanti » adossé à la crypto reste le signal d’alarme le plus fiable d’une arnaque.

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