Ce qu’il faut retenir :
- L’économie américaine a créé 57 000 emplois en juin, loin des 110 000 à 115 000 attendus.
- Le taux de chômage est tombé à 4,2 %, porté par un recul de la participation au marché du travail.
- Les marchés ont réduit leurs paris sur une hausse de taux de la Fed, et le bitcoin a rebondi.
L’économie américaine n’a créé que 57 000 emplois en juin, loin des 110 000 à 115 000 attendus par les économistes, selon le rapport du Bureau of Labor Statistics publié ce jeudi. Le coup de frein a poussé les investisseurs à revoir à la baisse leurs anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale. Résultat : Bitcoin grimpe au-dessus de 61 500 dollars, en progression de 4 % sur vingt-quatre heures, pendant que Wall Street repartait à la hausse.
Pourquoi le bitcoin monte après les chiffres de l'emploi américain ?
Le lien est direct. Un marché du travail qui ralentit réduit la pression sur la Réserve fédérale (Fed) pour relever ses taux, ce qui allège la contrainte sur les actifs risqués comme les cryptomonnaies. Des taux plus bas, ou qui montent moins vite, rendent le cash et les obligations moins attractifs et redirigent les capitaux vers le risque.
La réaction a été immédiate. Le bitcoin, déjà bien orienté avant la publication, a consolidé ses gains au-dessus de 61 000 dollars. Les contrats à terme sur le Nasdaq 100 sont passés d’un quasi-équilibre à un gain de 0,7 %, le rendement du bon du Trésor à dix ans a reculé de quatre points de base à 4,46 %, et le dollar a lâché 0,7 % face à un panier de devises.
Un net coup de frein sur l'emploi américain
Le chiffre de juin rompt avec trois mois de créations d'emplois supérieures aux attentes. Il tombe sous les 129 000 postes de mai, déjà révisés à la baisse depuis 172 000. Le mois d’avril a lui aussi été corrigé, à 148 000, soit un recul cumulé de 74 000 emplois sur les deux mois. Malgré ce ralentissement, le rythme reste supérieur à la moyenne de 10 000 créations mensuelles enregistrée en 2025.
Le taux de chômage a reculé à 4,2 %, contre 4,3 % en mai. Ce repli s’explique par la baisse du taux de participation au marché du travail, tombé à 61,5 % contre 61,8 %. Les créations se sont concentrées dans les services professionnels, l’aide sociale et la santé. À l’inverse, l’hôtellerie et les loisirs ont détruit 61 000 postes, malgré l’élan attendu de la Coupe du monde organisée aux États-Unis, ce que le BLS a attribué à des embauches saisonnières plus faibles que d’habitude.
Ce que la Fed va faire des taux
Le contexte monétaire est inhabituel. Portée par la flambée des prix de l’énergie, l’inflation est repartie à la hausse au premier semestre, atteignant un plus haut de trois ans à 4,2 % en mai. La Fed, sous la houlette de son nouveau président Kevin Warsh, a durci le ton : le marché de l'emploi est jugé « stable », mais Warsh a averti mercredi que les prix restaient « trop élevés » et que la banque centrale s’était réengagée à ramener la stabilité des prix.
Les chiffres de juin rebattent les cartes. D’après l’outil CME FedWatch, la probabilité d’au moins une hausse de taux d’ici septembre est retombée à 50 % juste après la publication, contre environ 65 % la veille. Le calendrier d’un relèvement s’éloigne : les traders le voient désormais en décembre, alors qu’il était attendu en octobre.
Ce qu’il faut surveiller
La trajectoire des taux reste suspendue à l’inflation. Si la hausse des prix se confirme dans les prochaines publications, la Fed pourrait maintenir le cap restrictif malgré l’essoufflement de l'emploi, ce qui pèserait de nouveau sur le bitcoin et les actions. Le prochain rendez-vous clé sera la réunion de politique monétaire de la Fed, où l’arbitrage entre un emploi qui faiblit et une inflation qui résiste dessinera la direction des marchés cet été.
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