Ce qu’il faut retenir :
- Donald Trump affirme qu’un accord avec l’Iran a été approuvé par « toutes les parties » et annule les frappes prévues.
- Le détroit d’Ormuz doit rouvrir dès la signature, attendue dans les prochains jours, peut-être ce week-end en Europe.
- Les marchés rebondissent, le pétrole reflue et les rendements obligataires chutent.
Donald Trump a annoncé que les derniers points d’un accord avec Téhéran avaient été approuvés par « toutes les parties », évoquant « un grand règlement de la guerre avec l’Iran » et l’annulation de nouvelles frappes prévues.
C’est le signal le plus clair à ce jour d’un accord préliminaire, qui prolongerait le cessez-le-feu fragile et rouvrirait le détroit d’Ormuz, après des semaines de négociations laborieuses et de faux espoirs, et plus de cent jours de guerre.
Trump annule les frappes, le détroit doit rouvrir
Sur Truth Social, le président a indiqué avoir annulé les frappes et bombardements programmés, les discussions ayant été portées au plus haut niveau du pouvoir iranien et approuvées. Les documents devraient être finalisés dans les prochains jours.
Trump dit avoir échangé avec les dirigeants d’Israël, du Qatar, des Émirats, d’Arabie saoudite, de Bahreïn et du Koweït. Le détroit, a-t-il ajouté, rouvrira officiellement dès la signature, peut-être ce week-end en Europe. Le projet négocié depuis des semaines prolongerait de 60 jours la trêve du 8 avril, ouvrirait progressivement le détroit et poserait le cadre de discussions sur le programme nucléaire iranien.
Un revirement après l’escalade
Le contraste est saisissant. Cette avancée survient après deux nuits consécutives de tirs et quelques heures seulement après que Trump eut menacé de s'emparer de l’île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien, comme nous le rapportions.
Un responsable américain a indiqué avoir abattu deux drones iraniens, évoquant des tentatives de frappes sur des navires commerciaux dans le détroit. Malgré cette rhétorique belliqueuse, une délégation qatarie s’était rendue à Téhéran, et l’émir du Qatar a confirmé que les « ententes » avaient été approuvées par toutes les parties concernées. Côté iranien, aucune réponse officielle : selon l’agence Fars, Téhéran doit encore réexaminer le texte. Le blocus naval américain, lui, restera en place jusqu’à la finalisation.
Les marchés respirent
La réaction des marchés a été immédiate. Le Brent a chuté jusqu’à 3,9 %, à 89,46 dollars le baril, avant de se stabiliser autour de 90 dollars. À Wall Street, le S&P 500 a gagné 1,8 % et le Nasdaq 2,5 %, tandis que les rendements obligataires enregistraient leur plus forte baisse quotidienne depuis des mois, les opérateurs réduisant leurs paris sur l’inflation et sur de futures hausses de taux de la Fed.
C’est précisément ce soulagement qui a permis à la crypto et à l’or de rebondir, après une semaine sous pression.
Et maintenant ?
La prudence reste de mise. « Nous avons déjà emprunté ce chemin », rappelle Sanam Vakil, du centre Chatham House, qui souligne que Trump a souvent annoncé un accord imminent. Mais cette fois, juge-t-elle, « cette fois pourrait être la bonne », à condition que les deux camps, encore loin de se faire confiance, tiennent leurs engagements.
La signature, espérée ce week-end, sera décisive, tout comme la réunion de la Fed la semaine prochaine. Si la crise énergétique reflue vraiment, c’est tout l’équilibre entre inflation, taux et actifs risqués qui pourrait s’en trouver allégé.
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