Ce qu’il faut retenir :
- L’inflation américaine est ressortie à 3,4 % sur un an en juillet, contre 3,5 % en juin.
- L’inflation sous-jacente recule de 2,6 % à 2,5 %, conforme aux attentes des économistes.
- Le dollar a baissé et les contrats à terme sur actions ont progressé après la publication.
L’inflation américaine a ralenti à 3,4 % sur un an en juillet, contre 3,5 % en juin, d’après l’indice des prix à la consommation publié mercredi par le Bureau of Labor Statistics. Le chiffre correspond aux attentes des économistes interrogés par Bloomberg. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie, deux postes volatils, recule de 2,6 % à 2,5 %.
Pourquoi les prix ralentissent-ils ?
Le répit vient de la pompe. Les prix de l’essence, indicateur le plus visible de l’inflation pour les ménages américains, avaient dépassé 4,50 dollars le gallon en mai, au plus fort du conflit avec l’Iran, portant l’inflation globale à 4,2 %, son plus haut niveau depuis trois ans. Ils étaient ensuite redescendus sous 3,80 dollars en juin et début juillet.
La détente n’a pas duré. Les prix sont remontés en fin de mois avec la reprise des hostilités et restent au-dessus de 4 dollars le gallon, ce qui pourrait alourdir les relevés du mois d’août.
“C’est un rapport correct”, résume Nancy Lazar, de Piper Sandler, sans y voir un bon rapport pour autant. Ces chiffres continuent selon elle de désigner une inflation collante.
La Fed sous pression malgré le ralentissement
La publication intervient alors que la Réserve fédérale fait face à des appels croissants à relever ses taux pour contenir une poussée des prix née de la désorganisation des approvisionnements énergétiques, qui amplifie les tensions déjà provoquées par les droits de douane et le boom de l’intelligence artificielle.
Kevin Warsh a affiché sa volonté d’agir avec fermeté contre l’inflation, sans relever les taux lors de ses deux premières réunions à la tête de l’institution. Comme nous l’écrivions la semaine dernière, le président de la Fed entend par ailleurs maintenir sa communication minimaliste, malgré la sanction infligée par le marché obligataire.
Robert Tipp, stratégiste en chef des investissements chez PGIM, estime que la patience du marché s’épuise après le dernier statu quo. Avec des données montrant un refroidissement de l’inflation, ajoute-t-il, les anticipations de hausse continueront de se décaler dans le temps.
Une réaction de marché en trompe-l’œil
Le mouvement observé après la publication mérite d’être décomposé. Le dollar a reculé et les contrats à terme sur les actions ont progressé, tandis que les anticipations de taux bougeaient peu. Les rendements des Treasuries ont légèrement remonté tout en restant en baisse sur la journée.
Un indicateur envoie pourtant un signal contraire. Les mesures d’inflation issues des marchés, qui traduisent les anticipations des opérateurs à cinq et dix ans, ont atteint leurs plus hauts niveaux de la séance.
La combinaison est parlante : des anticipations de taux qui s’assouplissent et des anticipations d’inflation qui montent traduisent la crainte que la banque centrale ne parvienne pas à contenir les pressions sur les prix.
Et maintenant ?
Deux variables commandent la suite. Le prix de l’essence, d’abord, dont le rebond au-dessus de 4 dollars le gallon menace déjà le relevé d’août. Le baril ensuite, revenu vers 90 dollars sur fond de doutes concernant la réouverture du détroit d’Ormuz.
Le rendez-vous suivant se tiendra à Jackson Hole, où Kevin Warsh doit exposer sa doctrine, avant la réunion de septembre. Le débat s’y jouera sur une ligne étroite : une inflation qui ralentit à peine, un marché du travail qui se dégrade, et une énergie qui repart à la hausse.
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