Ce qu’il faut retenir :
- Mark Zuckerberg s’engage à rester huit ans en Californie, même si l’État adopte une taxe sur les milliardaires.
- Meta crée des actions sans droit de vote pour permettre à Mark Zuckerberg de vendre sans perdre le contrôle.
- Meta a publié un chiffre d’affaires de 64,6 milliards de dollars au troisième trimestre, en hausse de 26 %.
Mark Zuckerberg voulait quitter la Californie. Meta a trouvé de quoi le retenir. Le conseil d’administration du groupe a conclu avec son fondateur un accord qui l’autorise à vendre une partie de ses actions sans céder le contrôle de l’entreprise. En contrepartie, le directeur général s’engage à rester en Californie pendant huit ans, tant qu’il dirige Meta, même si les électeurs adoptent la taxe sur les milliardaires soumise au vote le mois prochain.
Selon le document réglementaire publié par Meta pour justifier cette nouvelle structure, Mark Zuckerberg avait laissé entendre qu’il comptait partir à cause de ce projet de taxe. Un comité spécial du conseil a mené les discussions. Le texte les décrit comme « longues et, à plusieurs reprises, conflictuelles ».
Pourquoi Mark Zuckerberg menaçait-il de quitter la Californie ?
Les Californiens votent le 3 novembre sur un impôt exceptionnel de 5 % sur le patrimoine des résidents dont la fortune dépasse 1 milliard de dollars. La mesure s’appliquerait une seule fois. Elle a été vivement critiquée par de nombreux milliardaires de la tech installés dans l’État.
Mark Zuckerberg serait l’un des premiers concernés. Âgé de 42 ans, il est la cinquième fortune mondiale avec 246 milliards de dollars, selon le Bloomberg Billionaires Index. À ce niveau, la taxe représenterait plus de 12 milliards de dollars.
Le débat fait écho à celui qu’a connu la France avec la taxe Zucman, un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, rejeté par l’Assemblée nationale fin octobre 2025.
Comment fonctionnent les nouvelles actions sans droit de vote de Meta ?
Mark Zuckerberg contrôle environ 61 % des droits de vote de Meta grâce à des actions à droits de vote multiples. Ce verrou l'empêche de vendre massivement ses titres sans perdre la main sur l’entreprise.
Meta va créer une nouvelle catégorie d’actions sans droit de vote, distribuée à tous les actionnaires via une division d’actions à raison de deux pour une. Ces nouveaux titres commenceront à s’échanger en janvier. Grâce à eux, Mark Zuckerberg pourra encaisser jusqu’à la moitié de sa participation au fil du temps, sans toucher à ses droits de vote.
Dès l’émission, il pourra céder un cinquième de ses nouvelles actions. D’après le document de Meta, cette marge lui permettra de régler la taxe si elle passe.
Des centaines de milliards de dollars à lever pour l’IA
L’ampleur des investissements nécessaires pour rester compétitif, soutenir la croissance, développer les infrastructures et mener à bien de nouvelles initiatives stratégiques dans le contexte de la transformation induite par l’intelligence artificielle que connaît actuellement le secteur est considérable.
L’accord sert aussi les ambitions de Meta dans l’intelligence artificielle. La réflexion sur la structure du capital a démarré fin 2025. D’après ses prévisions internes, le groupe devra lever des centaines de milliards de dollars sur plusieurs années, à partir de cet automne, pour financer son pari sur l’IA. Les actions sans droit de vote permettront à Meta d’en émettre de nouvelles sans diluer le pouvoir de son fondateur.
La facture grimpe déjà. Meta a consacré 35 milliards de dollars à ses investissements au troisième trimestre et prévoit jusqu’à 145 milliards sur l’année. Son flux de trésorerie disponible est tombé à moins 2,1 milliards de dollars, son premier trimestre de consommation nette de cash depuis au moins dix ans.
Résultats de Meta au troisième trimestre 2026 : le chiffre d’affaires bat les attentes
Le chiffre d’affaires de Meta a progressé de 26 % sur un an au troisième trimestre, à 64,6 milliards de dollars. Il dépasse la fourchette de 61 à 64 milliards annoncée par le groupe et le consensus des analystes, fixé à 63,3 milliards. Le bénéfice net atteint 9,9 milliards de dollars, après une charge du même montant liée à l’accord conclu en août avec plusieurs États américains sur les effets des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents.
L’action a grimpé jusqu’à 6,5 % après la clôture avant de réduire ses gains. Le même jour, un juge du Nouveau-Mexique a condamné Meta à verser 25 milliards de dollars dans l’affaire Cambridge Analytica, après qu’un jury a conclu à une violation des lois de l’État sur la protection des consommateurs.
Côté produits, l’assistant Muse, qui s’appuie sur des agents IA pour commander des courses ou réserver un voyage, occupe la première place des applications gratuites aux États-Unis sur l’App Store et Google Play presque sans interruption depuis son lancement en septembre. Meta a sorti ce mois-ci son modèle Muse Wonder, qu’il présente comme comparable à ceux d’Anthropic et d’OpenAI sur certaines tâches.
Ce qu’il faut surveiller
Le 3 novembre, les électeurs californiens tranchent sur la taxe. Avant cela, Meta pourrait affronter ses propres actionnaires. Chez Cloudflare, des investisseurs ont attaqué en justice dans le Delaware un projet similaire d’actions sans droit de vote, qui renforcerait le contrôle des fondateurs. Les juristes y voient un test des nouvelles lois du Delaware, qui limitent les recours des actionnaires contre les décisions des conseils d’administration.
Meta connaît le scénario. En 2017, le groupe avait abandonné un projet comparable quelques jours avant la déposition de Mark Zuckerberg dans un procès intenté par des actionnaires minoritaires. Ces derniers dénonçaient un décalage entre son pouvoir et son poids économique dans l’entreprise.
Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email
Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.