La SEC réclame des documents aux banques qui finançaient Situational Awareness

La SEC réclame des documents à Goldman Sachs, JPMorgan, Citigroup et Bank of America sur leur financement du fonds de Leopold Aschenbrenner.
Sec situational awareness banques

Ce qu’il faut retenir :

  • Le régulateur américain a adressé des injonctions à plusieurs grandes banques de Wall Street.
  • Il réclame le détail des transactions du fonds et de ses échanges avec ses prêteurs.
  • Citadel avait racheté les positions avec une décote d’environ 10 %.

La SEC a adressé des injonctions à plusieurs des plus grandes banques de Wall Street qui finançaient les paris de Situational Awareness, le fonds de Leopold Aschenbrenner presque emporté par la correction sur les valeurs technologiques en juillet. Le régulateur américain des marchés réclame des informations détaillées sur les transactions du fonds et sur ses échanges avec les établissements qui lui fournissaient du levier, d’après deux personnes informées de l’enquête.

Quelles banques sont concernées ?

Les documents réglementaires identifient quatre prêteurs : Goldman Sachs, JPMorgan, Citigroup et Bank of America. Les quatre établissements ont refusé de commenter, tout comme la SEC.

Le prêt aux hedge funds est devenu ces dernières années une activité aussi importante que rentable pour les banques d’affaires. Ce métier, exercé au sein des divisions de prime brokerage, consiste à financer les positions des gérants en échange de garanties, ce qui permet à un fonds d’engager plusieurs fois ses capitaux propres.

C’est précisément ce mécanisme qui avait conduit ces mêmes établissements à réclamer davantage de collatéral à leurs clients les plus concentrés, au cœur de la correction de juillet.

Rappel des faits

Le fonds avait accumulé plus de 20 milliards de dollars d’actifs en moins de deux ans, avec des gains considérables, en recourant à l'emprunt pour amplifier des paris concentrés sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle. Son fondateur, ancien salarié d’OpenAI, a 24 ans.

La correction de juillet en a fait la principale victime du retournement. Confronté à des pertes massives, le gérant basé à San Francisco a dû céder la majorité de ses positions cotées à Citadel, dans une transaction d’urgence bouclée en vingt-quatre heures.

Un chiffre jusqu’ici inconnu éclaire cette opération : Citadel a racheté ces positions avec une décote d’environ 10 %. Le fonds de Ken Griffin a depuis revendu plus de 80 % de ce portefeuille, via près de 100 transactions de blocs représentant plus de 4 milliards de dollars.

La réponse du fonds

Notre activité est soumise à une réglementation très stricte et nous coopérerons pleinement à toute demande émanant des autorités de régulation.

Situational Awareness ne conteste pas la légitimité de la démarche. “Il faut s’attendre à ce que les régulateurs examinent de près tout fonds très en vue, produisant des rendements significatifs ou connaissant des pertes spectaculaires”, indique l’entreprise dans un communiqué, en précisant qu’elle exerce une activité très encadrée et coopérera pleinement à toute demande.

Aucune accusation n’a été formulée contre le fonds. L’une des sources précise que la procédure se trouve au stade de la collecte d’informations.

Leopold Aschenbrenner avait pour sa part assumé publiquement l’entière responsabilité des événements ayant conduit à ces pertes rapides. Il a indiqué que le fonds poursuivrait son activité sur les actions cotées, mais cesserait d'emprunter auprès des banques pour financer ses positions.

Et maintenant ?

Deux questions structurent cette enquête, au-delà du cas particulier.

La première porte sur la connaissance qu’avaient les prêteurs de l’exposition réelle de leur client. Un fonds peut emprunter auprès de plusieurs banques simultanément, chacune n’ayant qu’une vue partielle du levier total engagé. C’est ce point aveugle qui avait fait l’objet des principales critiques après l’effondrement d’Archegos en 2021.

La seconde concerne la nature des échanges entre le fonds et ses financeurs pendant les jours qui ont précédé la cession. Le régulateur réclame ces communications, ce qui suggère un intérêt pour la chronologie des appels de collatéral et pour ce qui a été dit à qui, et à quel moment.

Pour le secteur, l’issue de cette procédure comptera moins que ce qu’elle révélera du fonctionnement du crédit aux hedge funds. Huit salariés, 20 milliards de dollars d’actifs et quatre banques prêteuses ont suffi à faire trembler le Nasdaq pendant quarante-huit heures.

Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email

Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.

En savoir plus sur notre newsletter crypto →
Retrouvez toute l'actualité dans notre rubrique TradFi sur Coin Academy.
Articles qui pourraient vous intéresser
Logo CoinAcademy
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.