Ce qu’il faut retenir :
- Le bitcoin recule de 1 % à 62 800 dollars, malgré une chute de 7,3 % du Brent et des taux en baisse.
- Une troisième vague de siphonnage porte les pertes liées à Coldcard à près de 89 millions de dollars.
- Donald Trump a annulé une frappe contre l’Iran et ouvre de nouvelles discussions ce lundi.
Le bitcoin (BTC) est passé sous les 63 000 dollars ce lundi, à 62 800 dollars, en baisse de 1 % sur la journée et de 4 % sur la semaine, alors que tous les indicateurs macroéconomiques plaidaient pour l’inverse. Le marché reste secoué par l’exploitation d’une faille des portefeuilles Coldcard, dont les pertes constatées approchent désormais 89 millions de dollars.
Pourquoi le bitcoin baisse-t-il alors que le pétrole s’effondre ?
Le décor macroéconomique s’est éclairci en quelques heures. Les contrats à terme sur le Brent pour livraison en octobre ont cédé jusqu’à 7,3 %, à 81,55 dollars le baril, après l’annonce par Donald Trump de l’annulation d’une frappe contre l’Iran et de l’ouverture de nouvelles discussions ce lundi. L’Arabie saoudite figure parmi les alliés qui poussent à un accord pour rouvrir le détroit d’Ormuz.
Le repli du baril a apaisé les craintes inflationnistes et fait refluer les rendements obligataires sur toute la courbe. Le taux à 10 ans américain a perdu quatre points de base, à 4,69 %, après avoir touché la semaine dernière son plus haut niveau depuis janvier 2025. Les contrats à terme sur le Nasdaq 100 et sur les indices européens gagnaient 0,8 %, l’or 0,3 %, à environ 4 060 dollars l’once.
Pétrole en baisse, taux en baisse, actions en hausse : la combinaison profite d’ordinaire aux cryptos. Cette fois, le bitcoin a ignoré les trois signaux, parce que la pression vient de l’intérieur du marché et non de la macroéconomie.
L’affaire Coldcard s’étend à 4 585 adresses
Un troisième assaut contre les adresses générées par les portefeuilles matériels Coldcard a été repéré durant le week-end. Les pertes constatées atteignent désormais 1 367 bitcoins, soit près de 89 millions de dollars, répartis sur 4 585 adresses.
Le profil des vagues successives éclaire la méthode. La première, le 30 juillet, avait emporté 1 083 bitcoins sur 1 196 adresses. La troisième n’a rapporté que 208 bitcoins, mais en vidant 1 912 portefeuilles, soit davantage d’adresses pour un cinquième du montant. Le butin moyen par adresse recule à chaque étape, ce qui suggère que l’attaquant a épuisé les gros soldes et s’attaque maintenant à des portefeuilles pesant quelques milliers de dollars.
Aucun signe de fin d’exploitation n’apparaît à ce stade. Pour rappel, la faille concerne la génération des clés sur les modèles Mk3 équipés du firmware 4.0.1 ou d’une version ultérieure.
Le reste du marché suit le mouvement
| Crypto | Performance 24 heures | Performance 7 jours |
|---|---|---|
| Bitcoin BTC | -1% | -4% |
| Ethereum ETH | -1,5% | -6% |
| Ripple XRP | -1% | -4% |
Les grandes capitalisations reculent de concert. L’ether (ETH) perd plus de 1 %, à 1 858 dollars, sans avoir retrouvé les 1 900 dollars depuis la semaine dernière, soit un repli de 5 % sur sept séances. XRP cède près de 1 % à 1,07 dollar, Solana (SOL) un demi-point à près de 73 dollars, et dogecoin autant, sous les 7 cents.
BNB fait exception, stable sur la journée et en hausse de 1,6 % sur la semaine. Le HYPE d’Hyperliquid ferme la marche avec une baisse de 1 %, à 52,52 dollars, et un recul de 12,8 % sur sept jours, la pire performance du top 10.
Un signal mérite l’attention côté produits cotés : les fonds adossés à l’ether ont enregistré une légère collecte vendredi, quand les fonds bitcoin subissaient une décollecte. Une inversion inhabituelle sur un marché où le bitcoin donne d’ordinaire la direction.
Et maintenant ?
Le seuil des 62 000 dollars constitue le repère à surveiller pendant les discussions avec l’Iran. Un accord rouvrant le détroit d’Ormuz ferait reculer le pétrole une nouvelle fois et offrirait au marché crypto une seconde occasion de profiter de la même configuration qu’il vient de laisser passer.
L’inverse serait plus parlant encore. Si le bitcoin ne réagit pas non plus à ce second signal, la conclusion s’imposera : le poids qui pèse sur les cours vient de l’affaire Coldcard, pas du contexte macroéconomique.
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