Actualités crypto de la semaine du 1 juin 2026 : Coin Hebdo #242

Coin hebdo 242

Strategy vend 32 BTC pour 2,5 millions $ : première historique pour le roi du Bitcoin

Strategy, l’ex-MicroStrategy et plus gros détenteur corporate de bitcoin, a vendu 32 BTC pour environ 2,5 millions de dollars entre le 26 et le 31 mai, sa première cession nette depuis le lancement de sa stratégie en 2020.

La société l’a confirmé dans un dépôt 8-K auprès de la SEC. Le montant reste dérisoire, 32 BTC ou 0,004 % de ses 843 706 bitcoins et Strategy a même dégagé une légère plus-value, à 77 135 dollars l’unité contre un coût d’achat moyen de ~75700 dollars.

Le geste a surtout une portée symbolique : Michael Saylor défendait le « never sell » depuis six ans, et l’argent récolté financera les dividendes des actions privilégiées STRC.

Les investisseurs ont réagi au signal : après l’annonce, l’action MSTR a reculé de plus de 6 % et le bitcoin a glissé sous le prix d’achat moyen de Strategy, qui accuse plusieurs milliards de pertes latentes.

Zcash : une faille permettait de créer des ZEC contrefaits à l’infini, le cours chute de 60 %

Zcash a frôlé la catastrophe.

Le chercheur en sécurité Taylor Hornby a découvert une faille critique dans Orchard, le pool de transactions confidentielles du réseau, qui aurait permis de créer des ZEC contrefaits en quantité illimitée et indétectable. Le défaut visait le « circuit » zero-knowledge censé n’accepter que des transactions valides : une partie mal contrainte laissait passer de fausses données dans le calcul cryptographique.

Présente depuis l’activation d’Orchard en mai 2022, la faille a été repérée le 29 mai 2026 à l’aide de Claude Opus 4.8 d’Anthropic, puis corrigée en urgence début juin. Le marché a sanctionné aussitôt : le ZEC a chuté d’environ 60 % en douze heures, tombant vers 250 dollars avant de rebondir.

ZCASH dump et repump

Le correctif bouche la faille, mais il ne prouve pas que l’offre n’a jamais été trafiquée entre mai 2022 et mai 2026. La confidentialité d’Orchard empêche de savoir, par la seule chaîne, si quelqu’un a exploité le bug avant la correction. Pour lever le doute, Shielded Labs prépare une mise à jour réseau qui permettrait à chacun de vérifier l’intégrité de l’offre de ZEC : le déploiement d’un nouveau pool sécurisé et une comptabilité dite « turnstile » qui suit chaque jeton quittant Orchard, afin de prouver l’absence de tokens contrefaits. Les détails doivent être publiés dans les prochains jours.

À l’inverse, Monero n’est pas exposé à ce type de faille car le supply est vérifiable cryptographiquement.

Sui révèle les causes de ses trois pannes en 48h

La Sui Foundation a publié son rapport sur les trois pannes qui ont bloqué sa blockchain. La coupable : la mise à jour v1.72.

Elle y a glissé deux bugs qui ont arrêté le réseau plus de 15 heures.

Les deux premiers arrêts viennent du calcul des frais, que la fonctionnalité « address balances » a fait dérailler. Le réseau annulait une transaction faute de fonds, puis dépensait quand même ces fonds. Les validateurs se retrouvaient face à des soldes négatifs impossibles à réconcilier, alors ils stoppaient tout.

Pour relancer rapidement le réseau, l’équipe a alors déployé un correctif d’urgence qu’elle savait risqué : un pari assumé qui s’est retourné contre elle dès le lendemain matin.

La 3ème panne vient d’un autre bug jusque-là invisible, lié à la génération d’aléatoire. Au moment où les validateurs ont redémarré, trop peu étaient prêts, et un défaut les a empêchés de clôturer l’époque en cours, figeant le réseau Sui une fois de plus.

Les équipes ont depuis corrigé les deux bugs et ajouté un mécanisme pour forcer la clôture d’une époque bloquée. Reste que ces incidents à répétition relancent sérieusement les questions sur la robustesse de Sui, 32e capitalisation mondiale avec 3,6 milliards de dollars.

SoftBank promet 75 milliards d’euros pour le plus grand data center IA d’Europe, en France

Le groupe japonais SoftBank s’engage à investir jusqu’à 75 milliards d’euros pour bâtir un réseau de data centers dédiés à l’intelligence artificielle en France, le plus grand projet du genre jamais lancé en Europe et le plus gros pari IA de Masayoshi Son (directeur Softbank) hors des États-Unis.

Formalisée le 1er juin à Versailles, l’annonce offre un véritable coup d’éclat à Emmanuel Macron, qui mise sur l’atout nucléaire français pour faire du pays un hub de l’IA.

Le calendrier se déploie en deux temps.

La première phase, dotée de 45 milliards d’euros, doit livrer 3,1 gigawatts de puissance dans les Hauts-de-France d’ici 2031, répartis sur trois sites : Dunkerque (Loon-Plage), Bosquel et Bouchain.

Une seconde tranche d’environ 30 milliards d’euros, débloquée si la première étape réussit, porterait l’ensemble à 5 gigawatts et 75 milliards d’euros, soit l’équivalent de cinq centrales nucléaires.

Sur le terrain, SoftBank s’appuie sur deux champions tricolores : EDF, qui met à disposition un ancien site de centrale à Bouchain et fournira l’électricité bas carbone, et Schneider Electric, partenaire d’un pôle industriel robotisé au port de Dunkerque (fabrication de boîtiers de data centers d’un côté, intégration de modules de puissance de l’autre).

Tout serait parti d’un dîner entre Mr Macron et Son à Tokyo au printemps, où le président a vanté une électricité nucléaire abondante et des autorisations accélérées.

Cet engagement constitue la pièce maîtresse de Choose France 2026. Pour sa 9e édition, le sommet réuni au château de Versailles a battu tous ses records avec 93 milliards d’euros d’investissements annoncés, plus que le cumul des huit éditions précédentes, pour 71 projets et plus de 15 600 emplois attendus.

À elle seule, SoftBank pèse près de la moitié de ce total et l’IA capte environ 85 % des montants. D’autres acteurs ont suivi, comme le canadien Brookfield (autour de 10 milliards de dollars pour un data center à Escaudain) et Ardian-Verne (5 milliards de $ en région parisienne).

Pour l’économie française, la promesse est double : des milliers d’emplois qualifiés dans la construction, l’ingénierie, les systèmes énergétiques, la maintenance et la robotique, et un coup d’accélérateur à la souveraineté numérique voulue par Paris.

Les entreprises tricolores directement exposées, au premier rang desquelles Schneider Electric (équipements électriques et refroidissement) et EDF (fourniture d’énergie), figurent parmi les bénéficiaires naturels de cette vague de data centers, au même titre que la filière du génie civil et du raccordement réseau.

La prudence reste toutefois de mise.

L’essentiel du financement repose encore sur des partenaires non identifiés et sur la dette, une partie de l’enveloppe demeure conditionnelle, et toutes les annonces ne se concrétisent pas : un projet OpenAI dans le nord de l’Angleterre, salué l’an dernier, a depuis été suspendu. Plusieurs économistes rappellent en outre que l’investissement des entreprises reste déprimé dans le pays et que la réindustrialisation peine à se matérialiser. Surtout, le chantier s’étire jusqu’en 2031, à moins d’un an d’une présidentielle incertaine.

Odysseus : l’IA auto-hébergée de PewDiePie minée par une faille de sécurité majeure

PewDiePie a publié le 31 mai son espace de travail IA auto-hébergé Odysseus, avec un mot d’ordre offensif contre les géants de la tech.

Le projet a séduit d'emblée : plus de 30 000 étoiles sur GitHub en 48 heures et le compteur a continué de grimper depuis. Mais 72 heures après la sortie, des chercheurs en sécurité ont montré qu’une seule page web piégée suffisait à dérober un compte administrateur.

La faille tient à un défaut d’architecture, simple et grave. Odysseus laisse son agent IA exécuter des commandes et lire des fichiers sur la machine, ce qui est une fonctionnalité voulue. Le problème : le jeton d’authentification admin est rangé dans un fichier local que l’agent peut lire. Il suffit alors qu’un utilisateur visite un site malveillant pendant qu’Odysseus tourne.

Et, par une injection de requête, l’attaquant pousse l’agent à lire ce jeton et à l’expédier vers son serveur, avant de prendre la main sur l’instance. Aucune barrière de confiance élémentaire ne s’interpose, alors qu’un agent ne devrait jamais pouvoir lire les fichiers qui contiennent ces jetons.

L’affaire dépasse Odysseus et pointe le vibe coding, ces logiciels écrits par l’IA sous la conduite de l’enthousiasme plus que de l’expertise. Le site du projet reconnaît d’ailleurs être né “d’un prompt qui refusait de s’arrêter”, certaines parties ayant été tapées depuis un téléphone.

Le facteur célébrité aggrave le risque, car avec plus de 200 millions d’abonnés, PewDiePie envoie une foule de profils non techniques droit vers un terrain miné. La leçon vaut pour tout 2026 : la vitesse permise par l’IA ne dispense jamais des principes de sécurité accumulés depuis vingt ans.

MiCA : les acteurs crypto sans agrément menacés de poursuites avant le 1er juillet

L’AMF pose un ultimatum à l’industrie crypto. Toute entreprise qui sert des clients dans l’UE sans agrément MiCA après le 30 juin 2026 pourra finir sur liste noire et faire l’objet de poursuites.

Les acteurs sans autorisation devront présenter un plan de liquidation ordonnée permettant aux clients de récupérer ou de transférer leurs actifs, sous peine d’amendes et d’actions en justice.

À partir du 1er juillet, seuls les prestataires autorisés pourront proposer des services crypto en France.

👉 Liste des entreprises aggrées MiCa

Tutoriel OKX : Acheter ses premières cryptos avec les frais les plus bas

Dans cette vidéo, Capet vous montre comment utiliser OKX pas à pas : création de compte, dépôt en euros ou en crypto et achat de vos premiers bitcoins sur PC et sur mobile.

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Polymarket maintient le « Non » sur la vente de bitcoin de Strategy, la colère monte

Polymarket a confirmé le résultat « Non » sur le contrat qui demandait si Strategy, l’entreprise de Michael Saylor, vendrait du bitcoin avant le 31 mai.

Le vote UMA de mercredi, le mécanisme qui tranche les litiges, a validé cette issue à environ 98,6 %.

Le nœud du problème tient au calendrier : Strategy a bien vendu 32 BTC (environ 2,5 millions de dollars) entre le 26 et le 31 mai, mais ne l’a révélé que le 1er juin dans un dépôt réglementaire.

Les parieurs du Oui y voient une vente dans les temps, ceux du Non répondent que l’information n’était pas publique avant l’échéance. Polymarket avait d’ailleurs ajouté le 1er juin une note excluant toute confirmation obtenue hors de la fenêtre du marché.

La décision passe mal et la colère enfle sur X, un trader dit avoir perdu 500 000 dollars et accuse les votants UMA d’avoir « ratifié » une issue qu’ils jugeaient absurde, faute de pouvoir s’écarter des règles ; un autre, qui affirme avoir misé près de 35 000 USDC, a envoyé une mise en demeure. Au fond, l’affaire oppose deux logiques : coter l’événement lui-même ou sa confirmation officielle. Galaxy Research tranche pour la première et réclame des critères figés dès le lancement. L’épisode tombe mal pour Polymarket : la CFTC vient d’ouvrir la voie à une régulation des marchés prédictifs aux États-Unis, et la fiabilité des résolutions devient un enjeu central, avec d’éventuelles suites juridiques à la clé.

NVDA : Nvidia dévoile le RTX Spark, un superchip PC qui défie Apple, Intel et Qualcomm

Nvidia s’attaque à un terrain qu’il n’avait jamais touché : l’ordinateur personnel.

Lors de la conférence Computex à Taipei, son PDG Jensen Huang a dévoilé le RTX Spark, un superchip ARM pensé pour faire tourner des agents IA directement sur la machine, sans passer par le cloud.

La puce marie un GPU NVIDIA Blackwell et un CPU NVIDIA Grace à architecture ARM (20 cœurs, 128 Go de mémoire unifiée, près d’un pétaflop de calcul IA), avec la promesse d’une autonomie d’une journée entière.

Conçue avec MediaTek et fabriquée par TSMC, elle place Nvidia en concurrence frontale avec Apple et Qualcomm, déjà sur ARM, mais aussi avec Intel et AMD, restés fidèles au x86.

Une réserve technique mérite toutefois d’être posée. Pour rester compact et endurant, le RTX Spark s’appuie sur de la mémoire unifiée LPDDR5X, dont la bande passante plafonne potentielleme autour de 300 Go/s (nous n’avons pas encore d’infos publiques sur ce sujet) soit bien moins que les quelque 1 800 Go/s d’une carte graphique dédiée haut de gamme comme la RTX 5090 en GDDR7.

Or la vitesse d’inférence d’un modèle dépend surtout de cette bande passante : sur les tests publics de la machine de développement DGX Spark, qui repose sur la même architecture mémoire, le débit ressort environ quatre fois inférieur à celui d’une RTX 5090 sur un même modèle.

En contrepartie : ses 128 Go de mémoire permettent de charger en local des modèles bien trop volumineux qu’une carte graphique 32 Go classique ou alors de faire tourner de multiples modèles en parralèle. Autrement dit, le RTX Spark privilégie la capacité et l’efficacité énergétique plutôt que la vitesse brute.

Développés avec Microsoft, les premiers appareils arriveront dès l’automne 2026 chez Dell, HP, Asus, Lenovo et MSI, avant une famille d’environ 30 portables et d’une dizaine de postes fixes destinés au grand public.

Pour Nvidia, valorisé 5 100 milliards de dollars, cette incursion ouvre un relais de croissance inédit hors data centers, porté par une vague de renouvellement des machines vieillissantes.
Restent deux inconnues de taille : convaincre des consommateurs échaudés par le flop des Copilot PC de 2024, et tenir la comparaison avec l’Apple M5, considérée comme la référence de l’IA embarquée.

Anthropic dépose officiellement son dossier d’introduction en Bourse à plus de 1 000 milliards

Anthropic, l’entreprise derrière l’IA Claude, a déposée ce 1er juin un dossier d’introduction en Bourse à titre confidentiel auprès de la SEC, sous la forme d’un projet de formulaire S-1.

La valorisation visée dépasse les 1 000 milliards de dollars. Le dépôt tombe moins d’une semaine après une levée de 65 milliards (série H) qui plaçait déjà l’entreprise autour de 965 milliards, portée par un chiffre d’affaires annualisé proche de 47 milliards.

La date de cotation reste inconnue.

Un dépôt confidentiel ne fixe pas de calendrier : il ouvre seulement la revue de la SEC, et Anthropic n’a arrêté ni le nombre d’actions, ni le prix, ni la place de cotation, en précisant que l’opération dépendra des conditions de marché.

Les banquiers et analystes tablent toutefois sur une entrée au quatrième trimestre 2026, plusieurs évoquant une fenêtre autour d’octobre.

Ce dépôt installe une course à trois inédite. OpenAI a transmis son propre dossier confidentiel vers le 22 mai et viserait une entrée en septembre 2026, elle aussi au-dessus de 1 000 milliards, après une valorisation de 852 milliards.

SpaceX a pris les devants avec un prospectus déjà publié et un objectif situé entre 1 750 et 2 000 milliards de dollars pour vendredi 12 juin.

Réunies, ces trois opérations rivaliseraient avec les plus grosses introductions de l’histoire, dont celle de Saudi Aramco en 2019 que SpaceX dépasserait.

Capetlevrai

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