Ce qu’il faut retenir :
- Un projet de mémorandum de 60 jours entre les États-Unis et l’Iran a été rapporté par Axios, faisant monter actions et obligations et chuter le pétrole sous 90 $, mais le Bitcoin reste bloqué sous 73 000 $ (-2,7 % sur 24h).
- Le S&P 500 réalise un nouvel ATH au-dessus de 7,566 $.
- Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a averti que les États-Unis ne “toléreraient pas” l’imposition de péages dans le détroit d’Ormuz, menaçant de sanctions agressives.
La déconnexion entre les marchés traditionnels et la crypto se confirme. Alors qu’un nouveau projet d’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran a dopé les actions et fait chuter le pétrole, le Bitcoin reste enfoncé sous les 73 000 $, incapable de profiter de l'embellie. La cryptomonnaie reculait de 2,7 % sur 24 heures, prolongeant la chute déclenchée par les frappes américaines de la nuit.
Un énième projet d’accord dope actions et obligations
Axios a rapporté que les négociateurs américains et iraniens étaient parvenus à un projet de mémorandum d’accord de 60 jours pour prolonger le cessez-le-feu et entamer des discussions sur le programme nucléaire iranien. Donald Trump n’a toutefois pas encore approuvé l’accord.
Le rapport intervient après les frappes américaines de la nuit sur un site militaire iranien près du détroit d’Ormuz. Bien que les traders aient perdu le compte des accords de paix “imminents” annoncés ces dernières semaines, ils ont néanmoins acheté actions et obligations et vendu du pétrole sur la nouvelle. Le Nasdaq, dans le rouge en début de séance, gagnait 0,6 %. Le WTI plongeait sous les 90 $ le baril.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a durci le ton sur les péages d’Ormuz, avertissant que les États-Unis ne “toléreraient pas” toute tentative d’imposer des frais de passage. Dans la foulée des sanctions imposées la veille contre la Gulf Strait Authority iranienne, il a haussé le ton :
Oman en particulier devrait savoir que le Trésor américain ciblera agressivement tout acteur impliqué, directement ou indirectement, dans la facilitation de péages pour le détroit.
La crypto ne suit pas
Contrairement aux actifs traditionnels, le marché crypto reste plombé. Le Bitcoin n’a pas réussi à tenir le moindre rebond, replongeant sous les 73 000 $ après avoir cassé ce support clé dans la nuit. La vague de liquidations de près d’un milliard de dollars (dont 93 % de positions longues) déclenchée par les frappes a laissé le marché fragilisé, et l’optimisme sur l’accord de paix ne suffit pas à inverser la dynamique.
Pourtant côté finance traditionnelle, la réaction est plus logique : le pétrole chute, les actions grimpent et le S&P 500 réalise même un nouvel ATH.
Cette divergence entre crypto et actions est l’un des signaux les plus nets du mois. Les sorties des ETF Bitcoin (plus de 2 milliards en deux semaines) et la rotation des investisseurs vers l’or pèsent structurellement sur le BTC, indépendamment des nouvelles géopolitiques.
L’inflation PCE complique la tâche de Warsh
Le premier rapport d’inflation publié sous la présidence de Kevin Warsh à la Fed apporte une mauvaise nouvelle. L’indice PCE (Personal Consumption Expenditure), mesure d’inflation préférée de la banque centrale, a grimpé à 3,8 % en glissement annuel en avril, son plus haut depuis près de trois ans, contre 2,8 % en février avant le conflit.
“Le tableau de l’inflation devient de plus en plus inconfortable pour la Fed. Ce n’est pas seulement un problème d’inflation globale : l’inflation sous-jacente évolue aussi dans la mauvaise direction”, a déclaré Olu Sonola, chef de l’économie américaine chez Fitch Ratings. “La Fed est coincée, et la pression monte clairement.”
Le PCE rejoint le CPI (3,8 %) et le PPI (6 %) au sommet des indicateurs d’inflation, renforçant les paris du marché sur une hausse de taux d’ici fin 2026. Warsh, que Trump espérait accommodant, hérite d’un dilemme : combattre une inflation importée par l’énergie sans étouffer la croissance, lors de sa première réunion du FOMC mi-juin.
Ce qu’il faut surveiller
L’approbation de l’accord par Trump, qui restait en suspens, est le prochain déclencheur. S’il valide le mémorandum et que le détroit rouvre, le pétrole pourrait chuter durablement sous les 90 $, soulageant l’inflation et libérant potentiellement un signal risk-on pour la crypto.
Mais le Bitcoin doit d’abord récupérer le support des 73 000 $ pour stopper l’hémorragie ; en dessous, la zone des 70 000 $ devient la prochaine cible. Le décalage entre la résilience des actions et la faiblesse de la crypto pose une question de fond : le Bitcoin a-t-il perdu son statut d’actif risqué corrélé aux marchés, ou s’agit-il d’un simple décrochage temporaire lié au dénouement du levier ?
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