Ce qu’il faut retenir :
- L’Iran a averti que toute tentative de la marine américaine d’entrer dans le détroit d’Ormuz serait attaquée, en réponse au “Project Freedom” annoncé par Trump pour escorter les navires bloqués.
- Téhéran affirme avoir frappé un navire de guerre américain avec deux missiles, une revendication démentie par Washington.
- Le Brent a bondi de 5,1 % à 113,72 $, le WTI de 4,8 % à 106,79 $, tandis qu’environ 1 000 navires et 20 000 marins restent bloqués dans le Golfe.
L’escalade dans le détroit d’Ormuz franchit un nouveau palier. L’Iran a explicitement menacé lundi d’attaquer tout navire militaire américain tentant de pénétrer dans le passage stratégique, quelques heures après que Donald Trump a annoncé le lancement du “Project Freedom”, une opération visant à escorter les navires commerciaux bloqués depuis le début du conflit.
“Project Freedom” contre la souveraineté iranienne
Trump a dévoilé son plan dimanche soir sur Truth Social, le présentant comme une opération humanitaire destinée à secourir les équipages à court de fournitures essentielles. Environ 1 000 navires commerciaux et 20 000 marins sont bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre fin février.
Le dispositif militaire mobilisé est massif : des destroyers lance-missiles, plus de 100 aéronefs basés à terre et en mer, des plateformes autonomes multi-domaines et environ 15 000 militaires, selon le US Central Command. Les navires sont invités à emprunter les eaux territoriales omanaises, au sud des voies de navigation habituelles que l’Iran a indiqué avoir minées.
Trump a prévenu que toute tentative d’obstruction serait “traitée avec force”.
La réponse de Téhéran a été immédiate. Le général Ali Abdollahi, commandant du quartier général Khatam al-Anbia, a déclaré :
Nous avertissons les forces armées étrangères, en particulier l’armée agressive américaine, que si elles tentent d’approcher ou d’entrer dans le détroit d’Ormuz, elles seront attaquées.
Dans la foulée, l’agence de presse Fars a rapporté que les forces iraniennes avaient frappé un navire de guerre américain avec deux missiles alors qu’il tentait de traverser le détroit. La revendication n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante. Un haut responsable américain a démenti qu’un navire ait été touché.
Par ailleurs, l’autorité de sécurité maritime britannique UK Maritime Trade Operations a signalé qu’un pétrolier avait été “touché par des projectiles non identifiés” au nord du port émirati de Fujairah, dans le détroit.
Les marchés sous tension
Le Brent a grimpé de 5,1 % à 113,72 $ le baril après les déclarations iraniennes et la revendication de frappe. Le WTI a suivi avec une hausse de 4,8 % à 106,79 $. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitait environ un cinquième du pétrole mondial transporté par voie maritime avant le conflit, reste le point de fixation des marchés énergétiques.
Les dirigeants du secteur maritime s’interrogent sur les détails opérationnels du plan américain : Washington interviendrait-il en cas de frappe sur un navire commercial ? Comment les garde-côtes omanais géreraient-ils le flux de trafic ?
Des négociations de paix au point mort
L’escalade survient alors que les pourparlers piétinent. L’Iran a confirmé dimanche avoir reçu, via la médiation du Pakistan, une réponse américaine à sa dernière proposition de paix en 14 points. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaeil Baghaei a précisé que la proposition portait “exclusivement sur la fin de la guerre” au Moyen-Orient, y compris au Liban. “À ce stade, nous n’avons pas de négociations nucléaires”, a-t-il ajouté, un point de friction majeur avec Washington.
Trump a exprimé des doutes sur la viabilité du plan iranien comme base de négociation et a évoqué la possibilité de reprendre les frappes militaires si Téhéran devait “mal se comporter”.
Ce qu’il faut surveiller
La mise en œuvre concrète du “Project Freedom” dans les prochaines heures sera déterminante. Si un convoi américain tente effectivement de traverser le détroit et que l’Iran met ses menaces à exécution, le conflit entrerait dans une phase d’affrontement naval direct, avec des conséquences immédiates sur les prix de l’énergie et l’économie mondiale.
La réaction de l’Oman, dont les eaux territoriales sont au cœur du dispositif, et la position des assureurs maritimes, qui pourraient refuser de couvrir les transits, seront des variables clés.
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