Ce qu’il faut retenir :
- Movement Labs, développeur de la blockchain Movement, s’est placé sous la protection du Chapter 11 aux États-Unis.
- La société déclare moins de 500 000 dollars d’actifs pour plus d’un million de dollars de dettes.
- La faillite conclut dix-huit mois de crise ouverte par la vente de 66 millions de MOVE au lendemain du lancement.
Movement Labs, la société derrière la blockchain Movement, a déposé le bilan sous le régime du Chapter 11, la procédure américaine qui permet à une entreprise de se restructurer sous la protection du tribunal. Le dossier, déposé ce lundi, referme un chapitre entamé fin 2024 avec l’un des lancements de token les plus controversés du cycle.
Les chiffres du dossier donnent la mesure de la chute. La société recense moins de 1 000 créanciers, déclare entre 100 000 et 500 000 dollars d’actifs et plus d’un million de dollars de passif. Parmi ses principaux créanciers figurent le fisc du Delaware, le dépositaire Anchorage Digital et, détail savoureux, Rushi Manche, le cofondateur licencié en mai 2025 en pleine tempête.
Pourquoi Movement Labs a-t-il fait faillite ?
Movement se présentait comme un layer-2 d’Ethereum construit avec le langage Move, développé à l’origine chez Meta, avec la promesse de transactions plus rapides et moins chères. Les ennuis ont commencé juste après le lancement du token MOVE en décembre 2024.
Une enquête de CoinDesk publiée en avril 2025 a révélé qu’un accord de market-making accordait à une seule contrepartie une influence inhabituelle sur l’offre en circulation. Résultat : 66 millions de tokens MOVE ont été vendus sur le marché dès le lendemain de la cotation, ce qui a pesé lourdement sur le prix.
Au cœur du montage, un intermédiaire obscur nommé Rentech, apparu dans des contrats liés au market maker chinois Web3Port. Les dirigeants de Movement se sont ensuite demandé si la fondation avait signé en croyant, à tort, que Rentech était affilié à Web3Port. Rentech conteste toute faute ou fausse déclaration. Les conséquences ont dépassé le seul projet : Binance a banni le compte de market-making impliqué pour ce qu’il a qualifié de comportement fautif, tandis que Movement lançait un programme de rachat de tokens et confiait un audit des faits au cabinet Groom Lake. Le divorce avec Rushi Manche a suivi en mai 2025.
Un pivot vers les paiements arrivé trop tard
La galaxie Movement avait pourtant tenté de tourner la page. En juin 2026, Move Industries, une entité juridique distincte de MVMT Labs (la société aujourd’hui en faillite), a annoncé l’abandon de la course aux layer-2 pour se concentrer sur les paiements transfrontaliers, les transferts de fonds et le règlement en stablecoins. L’entité affirmait avoir sécurisé l’accès à des infrastructures de paiement licenciées aux États-Unis, au Canada et dans l’Union européenne, avec les marchés émergents en ligne de mire.
Ce repositionnement suit une tendance de fond dans un secteur des layer-2 saturé, où de nombreux projets délaissent la bataille du scaling pour des applications financières concrètes. Pour MVMT Labs, la manœuvre est arrivée trop tard.
Ce qu’il faut surveiller
Le Chapter 11 n’est pas une liquidation : la procédure ouvre une phase de restructuration dont les créanciers, Rushi Manche en tête, suivront chaque étape devant le tribunal. Reste aussi à savoir ce que deviendront Move Industries, juridiquement séparée du dossier, et les détenteurs de MOVE, premiers perdants d’un token qui n’aura jamais tenu ses promesses de lancement.
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