Ce qu’il faut retenir :
- Le premier iPhone pliant démarre à 2 339 euros en Europe et culmine à 3 839 euros.
- Les iPhone 18 Pro et Pro Max augmentent de 150 euros par configuration.
- Siri AI ne fonctionnera pas sur les iPhone vendus dans l’Union européenne au lancement.
Apple a dévoilé mercredi l’iPhone Duo, son premier téléphone pliant, à partir de 2 339 euros en France / Europe et 1 999 dollars aux États-Unis. Cette présentation constituait la première apparition publique de John Ternus, qui a succédé à Tim Cook à la direction du groupe la semaine dernière.
Les prix européens, palier par palier
La grille tarifaire place le Duo dans une catégorie inédite. Le modèle de 256 Go coûte 2 339 euros, celui de 512 Go 2 589 euros, la version de 1 To 3 089 euros et celle de 2 To 3 839 euros.
Les deux autres nouveautés augmentent de 150 euros par configuration par rapport à la génération précédente. L’iPhone 18 Pro démarre à 1 479 euros et monte à 2 979 euros en 2 To. Le Pro Max part de 1 629 euros pour atteindre 3 129 euros, premier iPhone classique à dépasser les 3 000 euros.
L’écart entre le pliant et le reste de la gamme reste constant sur les quatre capacités : 710 euros de plus que le Pro Max et 860 euros de plus que le Pro, à stockage identique.
Un calcul éclaire la comparaison avec les États-Unis. Hors TVA, le Duo revient à environ 1 950 euros pour l’entrée de gamme, soit à peu près le prix américain au taux de change actuel. L’écart franco-américain est donc plus faible sur ce modèle que sur les iPhone 18 Pro.
Les précommandes des modèles Pro ouvrent le 12 septembre pour une sortie le 18. Le Duo suit un calendrier décalé, avec des précommandes le 16 octobre et une commercialisation le 23.
Ce que l’Europe n’aura pas
Le point mérite d’être posé avant tout achat : Siri AI ne fonctionnera pas sur les iPhone vendus dans l’Union européenne, malgré la place que cet assistant a occupée dans la présentation.
L’indisponibilité couvre iOS, iPadOS et watchOS. Elle emporte avec elle l’application dédiée permettant de retrouver l’historique des conversations, l’expérience étendue d’intelligence visuelle, les outils d’écriture intégrés et le mode Siri dans l’appareil photo. Les utilisateurs européens ne peuvent pas non plus enregistrer d’images de référence.
La fonction Siri Recap présentée sur la nouvelle Apple Watch, qui écoute les conversations pour en produire des résumés et des points de discussion, tombe sous la même restriction : elle exige un iPhone associé disposant de Siri AI.
Deux plateformes échappent à cette limitation. Siri AI reste disponible sur Mac et sur le casque Vision Pro, ces systèmes n’entrant pas dans le périmètre réglementaire concerné.
Apple n’annonce aucun calendrier pour une disponibilité sur iPhone dans l’Union.
Le désaccord avec Bruxelles
Les deux parties livrent des versions opposées de ce blocage, et le lecteur mérite les deux.
Apple met en cause le règlement sur les marchés numériques, en affirmant que les régulateurs européens n’ont accepté aucune des solutions techniques proposées pour déployer Siri AI tout en prenant en charge d’autres assistants vocaux. L’entreprise indique avoir proposé un dispositif d’agent système de confiance assorti d’un déploiement sur dix-huit mois. “Nous sommes profondément déçus que nos utilisateurs européens ne puissent pas bénéficier de Siri AI”, a écrit Craig Federighi, responsable de l’ingénierie logicielle.
La Commission européenne conteste cette lecture. Sur sa page de questions-réponses destinée aux citoyens, elle affirme que rien dans le texte n’interdit à Apple de lancer de nouveaux produits en Europe, et que la décision de les déployer relève entièrement de l’entreprise. Elle ajoute qu’Apple n’a jamais présenté de proposition concrète d’interopérabilité conforme, au-delà d’une demande d’exemption de dix-huit mois qu’elle juge illégale.
Un précédent invite à la patience plutôt qu’au désespoir. Apple Intelligence avait connu le même sort en 2024 avant d’arriver dans l’Union en mars 2025.
Ce que contient le Duo
L’appareil se déplie sur un écran interne de 7,6 pouces, soit 50 % de surface supplémentaire par rapport au Pro Max, presque la taille d’un iPad mini.
Il embarque la même puce que l’iPhone 18 Pro et promet une autonomie comparable avec un seul écran actif, environ la moitié avec les deux. L’appareil photo de 48 mégapixels constitue un compromis par rapport à l’optique plus avancée du Pro.
La durabilité de la charnière et de l’écran déterminera l’accueil du produit, le pli et la fragilité du verre pliable constituant les défauts classiques de ce format. Apple annonce un polymère développé sur mesure, une technique de laminage multicouche, ainsi que des plaques de renfort en titane et en fibre de carbone.
Une contrainte pratique concerne les acheteurs français. Le Duo fonctionne uniquement par eSIM, sans tiroir pour carte physique, ce qui suppose un forfait compatible.
Pourquoi les prix montent
La hausse s’explique par la pénurie de composants qui frappe l’ensemble du secteur, en particulier les puces mémoire, sous l’effet de la construction massive de centres de données.
Apple avait déjà relevé d’environ 20 % les prix de ses iPad et de ses Mac en juin. La tension devrait s’aggraver en 2027.
L’augmentation reste néanmoins inférieure aux craintes. Wamsi Mohan, analyste chez Bank of America, attendait 150 à 200 dollars sur les modèles Pro, contre 100 annoncés. Cette décision permettra selon lui de gagner des parts de marché, au prix d’une pression sur les marges brutes.
Un lancement contraint par la production
Deux éléments limitent la portée commerciale immédiate de ce pliant.
Aucun iPhone 18 d’entrée de gamme n’a été présenté. Ce modèle arrivera au printemps, ce qui inaugure une sortie échelonnée de la gamme.
Le Duo sera par ailleurs disponible en quantités réduites en octobre, en raison de la complexité de fabrication de son écran et de sa charnière. Les analystes d’UBS anticipent environ 10 millions d’unités la première année, soit 4 % des quelque 250 millions d’iPhone vendus annuellement.
Et maintenant ?
L’enjeu financier dépasse ce seul produit. L’iPhone représente environ la moitié du chiffre d’affaires d’Apple, avec 209,6 milliards de dollars sur l’exercice 2025, et le marché mondial du smartphone devrait se contracter de plus de 14 % en 2026.
La question posée par les analystes avant cette présentation reste entière : les revenus de l’iPhone peuvent-ils continuer de progresser à deux chiffres sur un an.
Pour l’acheteur européen, l’arbitrage se formule autrement. Payer un supplément de 710 euros pour un format pliant reste un choix personnel. Le faire en sachant que la principale nouveauté logicielle de l’année ne fonctionnera pas sur l’appareil en constitue un autre.
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