Ce qu’il faut retenir :
- Apple a présenté une refonte de son assistant vocal Siri, dopé à l’IA, pour rivaliser avec ChatGPT et Claude.
- La marque mise sur la confidentialité comme principal facteur de différenciation.
- Disponible en bêta le mois prochain, Siri AI sera lancé à l’automne, mais pas d'emblée dans l’UE ni en Chine.
Apple sort enfin du bois sur l’IA. Le fabricant de l’iPhone a dévoilé ce lundi, lors de sa conférence développeurs (WWDC), la refonte tant attendue de son assistant vocal Siri, avec l’ambition de concurrencer directement les chatbots populaires que sont ChatGPT d’OpenAI et Claude d’Anthropic.
Un assistant « bien plus capable », misant sur la vie privée
La démonstration a montré un Siri capable de répondre à la manière de ses rivaux, mais aussi de lire ce qui s’affiche à l’écran et d’interagir avec les applications. Concrètement, il peut retrouver des photos et des contacts, ou composer un menu de dîner à partir de conversations iMessage, une application dédiée conservant l’historique des échanges. Mike Rockwell, l’exécutif chargé de redresser la stratégie IA du groupe, évoque un assistant « bien plus capable ».
L’argument central reste la confidentialité. « De nombreux fournisseurs parlent de confidentialité, mais conservent par défaut vos interactions personnelles », a tancé Craig Federighi, responsable de l’ingénierie logicielle, assurant qu’Apple ne conserverait aucune donnée liée aux requêtes Siri AI. Manière, pour la marque, de se distinguer dans la course à l’IA.
Apple s’appuie sur Google et Nvidia, un revirement
Pour y parvenir, Apple a dû composer. Un accord signé en janvier avec Google lui permet d’utiliser les modèles Gemini comme base, à partir desquels la firme a codéveloppé sa propre famille de modèles. Surtout, dans un changement de stratégie notable, Apple fera tourner son modèle cloud le plus avancé sur des puces Nvidia, via les serveurs de Google, alors qu’elle prévoyait initialement de tout traiter sur ses propres infrastructures pour garantir la sécurité des données. Federighi a tenu à rassurer : les données personnelles envoyées dans le cloud seraient immédiatement détruites après traitement. Pour beaucoup d’analystes, ce recours à Google revient à reconnaître qu’Apple n’a pas su développer ses propres modèles de pointe.
Un lancement limité après des années de retard
La prudence reste de mise. Siri AI sera disponible en bêta le mois prochain, puis lancé à l’automne, mais pas immédiatement dans l’UE ni en Chine pour des raisons réglementaires, Apple pointant du doigt le Digital Markets Act européen. Il faudra par ailleurs un iPhone postérieur à 2023.
Le contexte est délicat : après avoir vanté dès 2024 un Siri intelligent qu’elle a dû repousser faute d’être prêt, la marque a conclu en mai un règlement de 250 millions de dollars dans une action collective. Pour Wamsi Mohan, analyste chez Bank of America, cette nouvelle version constitue un « marqueur important », sans pour autant clore le débat sur le retard d’Apple en matière de modèles maison.
Le dernier WWDC de Tim Cook
L’événement avait aussi une dimension symbolique : il s’agissait de la dernière conférence développeurs de Tim Cook avant son départ de la direction générale en septembre, au profit de John Ternus. Cook, qui restera président exécutif du conseil, a eu droit à une ovation. Apple en a profité pour ajuster son interface « Liquid Glass », critiquée l’an dernier, et pour renforcer ses outils de contrôle parental.
Et maintenant ?
Avec Siri AI, Apple tente de rattraper son retard sans renier son discours sur la vie privée. Trois points seront scrutés : la qualité réelle de l’assistant face à ChatGPT et Claude une fois entre les mains des utilisateurs, sa dépendance assumée à Google et Nvidia, et son absence initiale du marché européen. Le tout à l’aube d’une nouvelle ère, sous la houlette d’un futur PDG attendu au tournant sur l’innovation.
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