Ce qu’il faut retenir :
- La Commission européenne ordonne à Meta de rouvrir l’accès à WhatsApp aux assistants IA concurrents.
- Il s’agit de l’une des premières grandes interventions de Bruxelles sur le marché émergent des agents autonomes.
- Meta compte faire appel et dénonce une « sur-réglementation » subventionnée par les entreprises qui paient.
Bruxelles dégaine sur le terrain des agents IA. La Commission européenne a ordonné à Meta de rétablir l’accès à WhatsApp pour les groupes technologiques rivaux qui développent des assistants intelligents, estimant qu’une action d’urgence s’imposait avant la fin d’une enquête antitrust complète. C’est l’une des premières interventions majeures de l’UE sur le marché en plein essor des agents autonomes, ces logiciels capables d’agir seuls pour le compte d’un utilisateur.
Une intervention d’urgence sur un marché naissant
Nous ne pouvons pas laisser les géants du numérique tirer parti de la position dominante qu’ils ont acquise par le passé.
L’enquête sur WhatsApp relève du droit antitrust classique, et non du Digital Markets Act (DMA), la législation européenne qui vise les grandes plateformes. Or les procédures antitrust prennent du temps, d’où ces mesures provisoires. « La concurrence peut être perdue bien avant la décision finale », a justifié la cheffe de la concurrence à la Commission, Teresa Ribera, insistant sur la nécessité de préserver le choix des citoyens européens quant aux assistants qu’ils souhaitent utiliser avec WhatsApp. L’affaire remonte à une enquête ouverte en décembre dernier, après des craintes que Meta n’exploite son contrôle de la messagerie pour favoriser ses propres services d’IA. La décision tombe quelques jours après le lancement par Meta d’un agent dédié aux entreprises, censé répondre automatiquement aux clients sur WhatsApp.
Meta dénonce une « sur-réglementation »
Le groupe de Mark Zuckerberg a aussitôt annoncé son intention de faire appel. Selon Meta, la Commission permet à OpenAI et à de très grandes entreprises d’utiliser gratuitement le produit payant WhatsApp Business, ce qu’il qualifie de sur-réglementation financée par les sociétés européennes qui, elles, paient. À l’inverse, la start-up Interaction, éditrice de l’assistant Poke.com, s’est dite très satisfaite de la décision.
Bruxelles face aux géants américains et à Trump
Cette offensive intervient alors que Bruxelles est pressée de boucler d’autres dossiers visant les géants américains, notamment une procédure contre Google sur la mise en avant de ses propres services et sur les règles du Play Store. Ces décisions, qui devraient s’accompagner d’amendes, sont politiquement sensibles : Donald Trump a multiplié les attaques contre les offensives réglementaires européennes ciblant les entreprises américaines.
Et maintenant ?
Le marché des agents IA s’annonce comme le prochain grand champ de bataille concurrentiel, et cette décision crée un précédent sur l’accès aux plateformes dominantes. Comme nous l’évoquions à propos de l’essor des agents autonomes, jusque dans la crypto avec le portefeuille pour agents de MetaMask, l’interopérabilité devient un enjeu stratégique. Reste à voir si l’appel de Meta prospérera et comment Washington réagira à cette nouvelle salve européenne.
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