La BCE relève ses taux à 2,5 % et prévient d’un risque d’inflation à la hausse

La BCE porte son taux directeur à 2,5 % et relève sa prévision d’inflation pour 2027 à 2,5 %, alors que le baril atteint 105 dollars.
Christine lagarde bce taux

Ce qu’il faut retenir :

  • La Banque centrale européenne porte son taux directeur à 2,5 %, sa deuxième hausse de l’année.
  • Elle relève sa prévision d’inflation pour l’an prochain de 2,3 % à 2,5 %.
  • Les marchés anticipent déjà une troisième hausse d’ici la fin de l’année.

La Banque centrale européenne a relevé jeudi son taux directeur d’un quart de point, à 2,5 %, en avertissant que les risques pesant sur l’inflation restaient orientés à la hausse. L’institution s’attend à ce que la hausse des prix demeure bien au-dessus de sa cible de 2 % pendant une période prolongée.

Il s’agit de sa deuxième hausse de l’année, qui porte les coûts d'emprunt de la zone euro à leur plus haut niveau depuis avril 2025.

Une décision présentée comme évidente

Christine Lagarde a qualifié ce relèvement d’évidence, en précisant qu’il avait été adopté à l’unanimité du conseil des gouverneurs.

“Nous pensons que l’inflation durera plus longtemps que nous ne l’anticipions”, a-t-elle déclaré.

Les projections chiffrent ce constat. L’institution a relevé sa prévision d’inflation pour l’an prochain à 2,5 %, contre 2,3 % dans son exercice de juin.

Les chiffres publiés la semaine dernière justifient ce durcissement. L’inflation de la zone euro est remontée à 3,3 % en août, au-dessus de l’objectif de moyen terme pour le sixième mois consécutif.

Le pétrole reste la cause première

La décision intervient dans un contexte énergétique qui s’est dégradé pendant la journée même.

Le baril est monté jusqu’à 105 dollars, et les prix du pétrole ont progressé d’environ 40 % depuis l’effondrement du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran au début du mois de juillet.

Le baril cher pousse les prix à la consommation par le canal de l’énergie, dont la composante progressait de 14,3 % sur un an en août, et il a ravivé jeudi la vente sur les marchés obligataires mondiaux.

Des perspectives de croissance un peu meilleures

Les services de l’institution se montrent en revanche légèrement plus optimistes sur l’activité.

Ils tablent sur une croissance de 0,9 % cette année et de 1,4 % en 2027, contre 0,8 % et 1,2 % dans les projections de juin.

Cette révision à la hausse mérite d’être relevée, car elle desserre l’une des contraintes qui pesaient sur la banque centrale. Relever les taux dans une économie en ralentissement expose au reproche d’aggraver la conjoncture. Une croissance un peu plus ferme rend l’arbitrage moins douloureux.

Ce que le marché anticipe pour la suite

Les opérateurs ne s’arrêtent pas à cette décision. Les marchés de swaps intègrent désormais une troisième hausse d’un quart de point d’ici la fin de l’année, et une quatrième d’ici mars 2027.

La réaction immédiate est restée mesurée. L’euro cédait 0,2 %, à 1,161 dollar, et le rendement du Bund allemand à dix ans gagnait 0,04 point, à 3,48 %.

Le marché avait donc pleinement anticipé cette décision. L’information réside dans les projections et dans le ton, pas dans le geste lui-même.

Un cycle de hausses qui s’étend

La BCE avait ouvert la voie en juin, première banque centrale d’un pays du G7 à relever ses taux en réponse au choc énergétique né du conflit au Moyen-Orient. La Banque du Japon l’a suivie peu après et devrait agir de nouveau ce mois-ci.

La Réserve fédérale se prononce les 15 et 16 septembre, avec une probabilité de hausse évaluée autour de 60 % par les marchés à terme.

Trois grandes banques centrales durcissent donc leur politique dans la même fenêtre, pour un motif qu’aucune d’elles ne contrôle.

Et maintenant ?

Le paradoxe de cette séquence reste entier. Relever les taux ne fera pas baisser le prix du baril, dont la trajectoire dépend de la sécurité du transit dans le détroit d’Ormuz.

L’objectif poursuivi est différent : empêcher que le choc énergétique ne se diffuse aux salaires et aux prix des services, ce que les économistes appellent les effets de second tour.

Deux indicateurs permettront de juger. L’inflation sous-jacente et celle des services, toutes deux orientées à la baisse en août, à 2,4 % et 3 % respectivement. Tant qu’elles refluent, la thèse d’un choc temporaire tient. Si elles se retournent, la BCE devra aller au-delà des deux hausses supplémentaires que le marché intègre déjà.

Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email

Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.

En savoir plus sur notre newsletter crypto →
Retrouvez toute l'actualité dans notre rubrique TradFi sur Coin Academy.
Articles qui pourraient vous intéresser
Logo CoinAcademy
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.