Ce qu’il faut retenir :
- Metaplanet prendrait 95,7 % de Super League Enterprise pour 134,6 millions de dollars.
- L’apport se compose de 2 100 bitcoins et de 2,5 millions de dollars en numéraire.
- La société cotée au Nasdaq serait rebaptisée Superplanet et changerait de ticker.
Metaplanet prépare une prise de participation de 95,7 % dans Super League Enterprise, société cotée au Nasdaq, à travers un investissement de 134,6 millions de dollars destiné à créer sa plateforme américaine de trésorerie bitcoin. L’entreprise japonaise apporterait 2 100 bitcoins, valorisés 132,1 millions de dollars, et 2,5 millions de dollars en numéraire.
Les termes de l’opération
L’apport donnerait droit à 44,9 millions d’actions ordinaires à 3 dollars pièce, ainsi qu’à des actions préférentielles et des bons de souscription. Ces derniers portent sur un maximum de 381 millions d’actions supplémentaires, exerçables sur dix ans à des prix compris entre 3 et 33,50 dollars.
L’écart de taille entre les deux entreprises frappe. Super League affichait une capitalisation d’environ 5 millions de dollars à la clôture de lundi, avant de bondir de plus de 70 %, à 5,20 dollars par action. Les actionnaires actuels ne détiendraient plus qu’environ 4,3 % du capital après l’opération.
La société serait rebaptisée Superplanet et cotée sous le ticker SUPA. Son activité existante, dans les médias et le jeu vidéo, continuerait comme segment opérationnel distinct. Matthew Edelman, son actuel directeur général, dirigerait l’ensemble, tandis que Metaplanet nommerait cinq des neuf administrateurs.
Un engagement mesuré du côté japonais
“Nous avons amorcé cet investissement avec moins de 5 % de nos bitcoins”, a précisé Simon Gerovich, directeur général de Metaplanet, sur X, en évoquant la possibilité d’en apporter davantage à mesure que la plateforme se développe.
Le groupe disposerait par ailleurs du droit d’investir 210 millions de dollars supplémentaires via des actions préférentielles non convertibles au cours des vingt-quatre prochains mois. Superplanet prévoit d’utiliser ses bitcoins comme collatéral pour de futures émissions de titres préférentiels, les revenus d’exploitation et autres flux de trésorerie servant à couvrir les dividendes.
Un pari à contre-courant du secteur
Le calendrier interroge. L’opération intervient après l’effondrement du modèle des sociétés de trésorerie numérique lancé en 2025, qui laisse la plupart des détentrices de bitcoin coter sous la valeur de leurs propres avoirs.
La chute des cours de Bourse et le poids de la dette ont poussé plusieurs de ces entreprises à vendre des bitcoins, à rembourser leurs emprunts ou à abandonner la stratégie. Strategy, la référence du secteur, a cédé des bitcoins deux semaines de suite ce mois-ci pour financer ses rachats de titres, et son action reste en recul de près de 80 % par rapport à son sommet.
Metaplanet, qui détient 43 000 bitcoins et occupe le troisième rang mondial de cette catégorie, connaît la même contraction de valorisation. La société pourrait par ailleurs être retirée des indices mondiaux de MSCI, dans le cadre d’une méthodologie visant les entreprises sans activité opérationnelle, ce qui éclaire d’un jour particulier le maintien d’une activité de médias et de jeu vidéo au sein de Superplanet.
Et maintenant ?
La clôture de l’opération est attendue au quatrième trimestre.
Deux points détermineront la suite. La capacité de Superplanet à lever de la dette adossée à ses bitcoins, d’abord, dans un marché où les investisseurs se montrent de plus en plus réticents à financer ce type de structure. Et la réaction du cours après l’euphorie initiale : une hausse de 70 % sur une capitalisation de 5 millions de dollars traduit surtout l’effet mécanique d’un apport cent fois supérieur à la valeur de la coquille qui le reçoit.
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