Ce qu’il faut retenir :
- La CFTC a autorisé Kalshi à lister le premier ‘perp’ (perpetual future) bitcoin régulé aux États-Unis, baptisé BTCPERP.
- Coinbase a obtenu en parallèle une lettre de non-action pour proposer des perps mondiaux à ses clients américains.
- Mike Selig, président de la CFTC, salue une avancée majeure vers une Amérique « capitale mondiale de la crypto ».
La CFTC vient de faire tomber une frontière. Le régulateur américain des dérivés a autorisé ce vendredi Kalshi à lister le premier perpetual future bitcoin régulé aux États-Unis, baptisé BTCPERP, ouvrant la porte d’un marché jusqu’ici cantonné aux juridictions étrangères. Dans la foulée, l’agence a aussi dégagé la voie à Coinbase pour connecter ses clients américains aux perps mondiaux.
Kalshi décroche le premier perp bitcoin régulé
Un perpetual future, ou « perp », est un contrat dérivé qui permet de spéculer sur le prix d’un actif crypto sans date d’expiration, donc conservable aussi longtemps que l’investisseur le souhaite. C’est précisément ce que la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) vient d’encadrer pour la première fois sur une plateforme enregistrée. L’autorisation impose à Kalshi de maintenir le contrat BTCPERP en conformité avec l’ensemble des dispositions du Commodity Exchange Act.
Mieux connue comme leader des marchés prédictifs, Kalshi élargit nettement son terrain de jeu. « Cela marque l’évolution de Kalshi, du leader des marchés prédictifs à la bourse de dérivés de nouvelle génération », a réagi Tarek Mansour, PDG de Kalshi, qui décrit son activité historique de contrats événementiels comme un simple premier chapitre.
Coinbase obtient son feu vert par une autre voie
Le même jour, la CFTC a adressé à Coinbase une lettre de non-action, un document par lequel l’agence s’engage à ne pas recommander de poursuite. Le régulateur y indique qu’il ne sanctionnera pas certains produits perpétuels que Coinbase compte lister via sa filiale CFM. Ces contrats transiteront par Coinbase Bermuda et seront donc traités comme des « futures étrangers ». La lettre autorise par ailleurs CFM à accepter les actifs numériques de ses clients, dont le bitcoin, l’ether et des stablecoins, en garantie de marge.
« Une première majeure pour le secteur », a salué Paul Grewal, directeur juridique de Coinbase, sur le réseau social X.
Un virage politique assumé sous Trump
Ces annonces interviennent quelques jours après un message de Donald Trump sur les réseaux sociaux, dans lequel le président accusait les régulateurs de l’administration précédente d’avoir « presque DÉTRUIT l’industrie crypto américaine en poussant le Bitcoin, les perpetuals crypto et l’INNOVATION à l’étranger », avant d’affirmer que « TRUMP l’a SAUVÉE ».
Son président de la CFTC, Mike Selig, embraye sur la même ligne. Dans une tribune publiée vendredi, il défend des contrats qui constituent selon lui « un outil fondamental de gestion du risque et de découverte des prix » et estime que « disposer de véritables contrats perpétuels aux États-Unis est une avancée majeure pour faire de l’Amérique la capitale mondiale de la crypto ». Dès le mois de mars, Selig disait vouloir réparer les dégâts d’une politique ayant, selon lui, chassé entreprises et liquidité hors du pays.
Un cadre encore fragile
Cette nouvelle doctrine n’a pas, à ce stade, la force d’une règle formelle. La CFTC et sa cousine la SEC avancent à coups de déclarations, de lettres de non-action, d’approbations et de lignes directrices. Tant que ces positions ne sont pas gravées dans un règlement ou, plus solide encore, dans une loi, un futur dirigeant pourra les défaire sans difficulté.
Les deux agences ont déjà publié en mars une classification inédite des actifs crypto, définissant comment et par qui chaque catégorie doit être régulée. La SEC, sous l’impulsion de son président Paul Atkins, prépare en outre un dispositif sur la tokenisation des titres, conçu comme une mesure provisoire en attendant une loi du Congrès.
Et maintenant ?
La vraie question est celle de la durabilité. Sans texte législatif, ce cadre reste réversible à chaque changement de majorité.
À surveiller dans les prochaines semaines : l’arrivée d’autres acteurs enregistrés auprès de la CFTC, parmi lesquels Bitnomial, racheté par Kraken, Gemini ou encore Polymarket, et la vitesse à laquelle la concurrence se lancera sur ce nouveau marché des perps régulés. La course pour rapatrier la liquidité crypto aux États-Unis ne fait que commencer.
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