Iran : Trump refuse de débloquer les 24 milliards d’actifs gelés et les échanges de tirs accélèrent

Les États-Unis frappent le sud de l’Iran pour la deuxième fois cette semaine. Trump refuse tout déblocage d’actifs iraniens. Le Brent remonte à 97 $.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Les forces américaines ont abattu quatre drones iraniens et frappé une station de contrôle à Bandar Abbas jeudi. L’Iran a riposté en attaquant une base aérienne américaine, le Koweït interceptant des missiles et drones hostiles.
  • Trump a nié toute perspective de levée des sanctions ou de déblocage des 24 milliards de dollars d’actifs iraniens, déclarant “quand ils se comporteront correctement, on leur rendra leur argent”.
  • Le Brent remonte de 3 % à environ 97 $, les États-Unis ont sanctionné la Gulf Strait Authority iranienne et Israël intensifie ses frappes au Liban.

Le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran ne tient plus que de nom. Pour la deuxième fois cette semaine, les forces américaines ont frappé le territoire iranien, tandis que Téhéran ripostait en ciblant une base américaine dans la région. Les négociations pour un accord de paix se poursuivent en parallèle, mais Donald Trump a fermé la porte mercredi sur la principale demande iranienne.

Frappes et ripostes dans le sud de l’Iran

Le US Central Command a abattu jeudi (dans la nuit iranienne) quatre drones d’attaque iraniens et frappé une station de contrôle au sol à Bandar Abbas, dans le sud de l’Iran, que Washington accusait de s’apprêter à lancer un cinquième drone. “Ces actions étaient mesurées, purement défensives, et destinées à maintenir le cessez-le-feu”, a déclaré un responsable américain.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont répliqué en attaquant une base aérienne américaine, sans préciser sa localisation. Le Koweït voisin a indiqué que son armée engageait des “attaques hostiles par missiles et drones”, ses systèmes de défense aérienne interceptant des cibles.

Ces frappes sont les deuxièmes de la semaine après celles de lundi contre des lanceurs de missiles et des embarcations accusées de poser des mines dans le détroit.

Trump claque la porte sur les 24 milliards

La déclaration la plus significative de la journée est venue de Trump lui-même. Le président a catégoriquement rejeté l’idée d’un allègement des sanctions ou du déblocage des actifs iraniens gelés, le principal “point de blocage sérieux” des négociations selon les sources iraniennes.

“Nous ne parlons d’aucun allègement de sanctions ni de donner de l’argent.

Nous avons le contrôle d’argent qu’ils prétendent être le leur. Nous garderons ce contrôle. Quand ils se comporteront correctement et feront ce qui est juste, nous les laisserons avoir leur argent.

Il a ajouté que l’Iran “négocie sur la réserve” mais que Washington “n’est pas satisfait” de leurs exigences. “Peut-être que nous devrons y retourner et finir le travail, peut-être pas.”

La Gulf Strait Authority sanctionnée

Le Trésor américain a imposé mercredi des sanctions contre la Persian Gulf Strait Authority, l’agence créée par Téhéran pour gérer le trafic et percevoir des péages dans le détroit d’Ormuz. Les sanctions menacent également de mesures secondaires toute entité faisant affaire avec cette autorité, ce qui rendrait de facto illégal pour les compagnies maritimes internationales de payer les péages iraniens.

Des signaux contradictoires des deux côtés

La confusion règne. La télévision d’État iranienne avait diffusé mercredi un prétendu brouillon d’accord prévoyant la réouverture complète du détroit en un mois, avant de retirer le document. Washington avait qualifié le rapport de “fabrication complète”.

Côté iranien, des parlementaires ultra-conservateurs freinent toute concession. Côté américain, Trump est sous pression domestique avant les élections de mi-mandat de novembre. Le président lie désormais tout accord avec l’Iran à la reconnaissance d’Israël par les partenaires américains au Moyen-Orient.

L’escalade au Liban complique tout

Simultanément, Israël a intensifié ses frappes contre le Hezbollah dans le sud du Liban, avertissant les habitants de larges zones d’évacuer et déclarant ces zones “zones de combat”. L’Iran exige que tout accord de paix couvre le Liban, une condition qu’Israël et Washington refusent.

Le Brent est remonté de près de 3 % à environ 97,5 $ le baril après les frappes.

Ce qu’il faut surveiller

Le refus de Trump de débloquer les actifs iraniens change la dynamique des négociations. Si cette position est ferme, Téhéran n’a plus d’incitation financière immédiate à conclure un accord, ce qui pourrait prolonger indéfiniment la fermeture du détroit.

Le prochain test est la réponse de l’Iran : accepte-t-il de négocier sans garantie sur les actifs gelés, ou l’impasse conduit-elle à une reprise des hostilités à grande échelle ? Les élections de mi-mandat américaines en novembre constituent une échéance politique qui pousse Trump à montrer soit un accord, soit une victoire militaire.

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