Ce qu’il faut retenir :
- Donald Trump a qualifié le cessez-le-feu avec l’Iran de “sous assistance respiratoire massive” avec seulement “1 % de chances de survie”, après avoir rejeté la contre-proposition de Téhéran.
- L’Iran refuse de transférer son uranium enrichi hors du pays et réclame la gestion du détroit d’Ormuz, deux lignes rouges incompatibles avec les exigences américaines.
- Trump se rend en Chine mardi pour pousser Xi Jinping à réduire son soutien à Téhéran, alors que Washington a sanctionné vendredi trois entreprises satellitaires chinoises pour aide militaire à l’Iran.
Le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran vacille. Donald Trump a déclaré lundi depuis le Bureau ovale que la trêve en vigueur depuis le 8 avril était “sous assistance respiratoire massive”, avec seulement “1 % de chances de survie”. Il a qualifié la proposition iranienne de “poubelle” qu’il n’avait “même pas fini de lire”. Le Brent a grimpé de 3,4 % à 104,72 $ le baril.
Le fossé nucléaire reste infranchissable
L’impasse porte principalement sur le programme nucléaire iranien. Washington exige un moratoire de 20 ans sur l’enrichissement d’uranium, le transfert hors d’Iran du stock d’uranium enrichi à des niveaux proches de la qualité militaire, et le démantèlement des trois principales installations nucléaires de Natanz, Fordow et Ispahan.
Trump a accusé Téhéran d’avoir retiré de sa proposition une disposition mentionnée “il y a deux jours” par ses négociateurs, qui aurait permis aux États-Unis ou à la Chine de retirer les restes enfouis du stock iranien d’uranium hautement enrichi.
L’Iran refuse catégoriquement. Téhéran invoque son droit à enrichir l’uranium en tant que signataire du Traité de non-prolifération nucléaire et affirme publiquement qu’il n’autorisera pas son stock à quitter le pays. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaeil Baghaei a qualifié les exigences iraniennes de “raisonnables, responsables et généreuses”, ajoutant que Téhéran préférait se concentrer sur la fin de la guerre “plutôt que de parler de sujets qui ont déjà conduit à la guerre au moins deux fois”.
Un diplomate iranien a toutefois indiqué que Téhéran suggérait de commencer des négociations nucléaires après une période de confiance de 30 jours, un cadre proche d’une proposition pakistanaise.
La Chine, levier clé de la diplomatie
Trump se rend en Chine mardi pour ce qui s’annonce comme un sommet à enjeux multiples. Le président américain compte pousser Xi Jinping à réduire le soutien chinois à l’Iran. Pékin est le premier acheteur de pétrole iranien et a fourni des technologies militaires utilisées par Téhéran pendant le conflit.
Le département d’État américain a sanctionné vendredi trois entreprises satellitaires chinoises pour avoir fourni à l’Iran des images et des services ayant permis de conduire des frappes militaires contre les forces américaines dans la région.
Sanam Vakil, de Chatham House, estime que les priorités iraniennes signalent non seulement de la confiance mais aussi une détermination à “obtenir le meilleur accord possible”.
Netanyahu : le conflit n’est “pas terminé”
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a maintenu la pression dans une interview à CBS, déclarant que le conflit n’était “pas terminé”. Il a énuméré les exigences restantes : le retrait du matériel nucléaire, le démantèlement des sites d’enrichissement, la fin du soutien aux milices pro-iraniennes et l’arrêt de la production de missiles balistiques.
Sur le terrain, la trêve reste fragile. Les forces américaines et iraniennes ont échangé des tirs dans le détroit d’Ormuz ces derniers jours. L’Iran a aussi frappé les Émirats arabes unis avec des missiles et des drones. Le détroit reste fermé depuis le lancement de la guerre le 28 février.
Ce qu’il faut surveiller
Le sommet Trump-Xi à Pékin mercredi est le prochain moment diplomatique décisif. Si la Chine accepte de faire pression sur Téhéran, la dynamique des négociations pourrait se débloquer. En cas d’échec, Trump a répété que les bombardements reprendraient “à un niveau bien supérieur”.
La réunion franco-britannique de mardi sur la sécurisation du détroit d’Ormuz marquera le début d’une implication militaire européenne dans le dossier. Le Brent, déjà en hausse de 73 % depuis janvier, pourrait retester les 110-120 $ si les négociations s’effondrent définitivement.
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