Un séquenceur est un composant central des rollups de couche 2 (Layer 2) qui est responsable de collecter, ordonner et regrouper les transactions des utilisateurs avant de les soumettre à la blockchain principale (Layer 1). Le séquenceur joue un rôle comparable à celui d’un mineur ou validateur, mais spécifiquement pour les réseaux L2.
Le fonctionnement d’un séquenceur se décompose en plusieurs étapes : il reçoit les transactions des utilisateurs, les ordonne selon ses propres critères, les exécute pour calculer le nouvel état du rollup, puis soumet les données compressées et une preuve (fraud proof ou validity proof selon le type de rollup) à la couche 1 pour finalisation.
Un avantage majeur des séquenceurs est la confirmation quasi-instantanée : le séquenceur fournit un « soft confirmation » en quelques millisecondes, bien avant que la transaction soit finalisée sur le L1. C’est ce qui permet aux rollups d’offrir une expérience utilisateur rapide malgré la finalité plus lente de la couche 1.
Le principal problème actuel est la centralisation : la plupart des rollups majeurs (Arbitrum, Optimism, Base, zkSync) utilisent un séquenceur unique géré par l’équipe du projet. Cette centralisation pose des risques de censure (le séquenceur peut refuser des transactions), d’extraction de MEV (le séquenceur peut réordonner les transactions à son avantage), et de point de défaillance unique.
La décentralisation des séquenceurs est l’un des grands chantiers de 2025-2026. Des solutions émergent : les séquenceurs partagés (Espresso, Astria) proposent un service de séquençage décentralisé utilisable par plusieurs rollups, tandis que les Based Rollups (comme Taiko) délèguent le séquençage directement aux validateurs Ethereum L1.