Ce qu’il faut retenir :
- Donald Trump se rend à Pékin avec plus d’une douzaine de CEO américains, dont Elon Musk, Jensen Huang, Tim Cook et Larry Fink, pour demander à Xi Jinping d’“ouvrir” la Chine aux entreprises américaines.
- L’annonce par Trump qu’il discuterait des ventes d’armes à Taïwan avec Xi a provoqué l’alarme à Taipei et chez les alliés asiatiques, rompant avec des décennies de précédent diplomatique.
- Le sommet couvrira l’Iran, le commerce, l’investissement et potentiellement le renouvellement de la trêve commerciale conclue en octobre.
Donald Trump est en route pour Pékin avec la plus imposante délégation de patrons américains jamais réunie pour un sommet bilatéral avec la Chine. Le président américain, accompagné des dirigeants de Tesla, Nvidia, Apple, BlackRock, Boeing, Goldman Sachs, Qualcomm et d’autres, arrive mercredi pour un sommet de deux jours avec Xi Jinping qui s’annonce comme le rendez-vous géopolitique le plus chargé de l’année.
Une délégation corporate sans précédent
La liste des CEO présents résume à elle seule les enjeux. Elon Musk (Tesla, SpaceX), qui a rejoint le vol en Alaska, incarne les intérêts dans les véhicules électriques et le spatial. Jensen Huang (Nvidia) porte le dossier des puces IA et des contrôles à l’exportation qui empêchent Nvidia de vendre en Chine. Tim Cook (Apple) représente les chaînes d’approvisionnement et la fabrication. Larry Fink (BlackRock) et Stephen Schwarzman (Blackstone) incarnent les flux de capitaux. Kelly Ortberg (Boeing) vient avec l’espoir de contrats d’achat d’avions. Sanjay Mehrotra (Micron) et Cristiano Amon (Qualcomm) portent les intérêts des semi-conducteurs.
Trump a également mentionné “beaucoup d’autres” CEO non encore identifiés.
“Je demanderai au président Xi, un dirigeant d’une distinction extraordinaire, d’ouvrir la Chine pour que ces gens brillants puissent faire leur magie”, a écrit Trump sur Truth Social. “Ce sera ma toute première demande.”
Taïwan : l’alarme chez les alliés
L’annonce la plus déstabilisante n’est pas commerciale mais sécuritaire. Trump a déclaré qu’il discuterait des ventes d’armes américaines à Taïwan avec Xi, rompant avec des décennies de politique consistant à ne pas consulter Pékin sur les exportations militaires vers Taipei.
“Le président Xi aimerait que nous ne le fassions pas, et j’aurai cette discussion”, a déclaré Trump.
La déclaration a provoqué une onde de choc à Taipei et parmi les alliés asiatiques. Mira Rapp-Hooper, ancienne directrice Asie de l’Est au Conseil de sécurité nationale sous Biden, a averti : “Non seulement cela donnerait à la Chine un droit de veto sur l’assistance sécuritaire à Taïwan, mais cela suggérerait que pour le bon prix, le sort de n’importe quel partenaire pourrait être à vendre.”
Le sénateur républicain Mitch McConnell a demandé au secrétaire à la Défense Pete Hegseth de rassurer Taïwan, le Japon et les Philippines que leur sécurité ne serait “pas sur la table”. Hegseth a refusé de fournir cette assurance habituellement routinière.
Washington a dévoilé un paquet d’armes record de 11,1 milliards de dollars pour Taïwan il y a cinq mois et compile un nouveau paquet d’au moins 14 milliards. Trump avait déjà retardé en février une notification obligatoire au Congrès sous pression chinoise.
Au-delà de Taïwan, le sommet couvre des dossiers multiples. Trump compte pousser Xi à réduire le soutien chinois à l’Iran, alors que Pékin reste le premier acheteur de pétrole iranien et a fourni des technologies militaires utilisées dans le conflit. Washington a sanctionné vendredi trois entreprises satellitaires chinoises pour aide à l’Iran.
Les discussions porteront aussi sur un “Board of Trade” pour gérer le commerce dans les secteurs non sensibles, et sur d’éventuels contrats d’achat d’avions Boeing et de soja. Le renouvellement de la trêve commerciale conclue en octobre reste incertain.
Le sommet comprend deux réunions, un banquet d’État et une visite du Temple du Ciel.
Ce qu’il faut surveiller
Trois résultats concrets seront scrutés : un engagement chinois à faire pression sur l’Iran (ce qui pourrait débloquer les négociations sur le détroit d’Ormuz et faire chuter le pétrole), un assouplissement des contrôles à l’exportation de puces IA (un enjeu existentiel pour Nvidia), et la question de Taïwan.
Si Trump accepte de retarder ou réduire les ventes d’armes, le signal envoyé aux alliés asiatiques serait dévastateur pour la crédibilité sécuritaire américaine dans la région. Le marché guettera tout accord commercial tangible susceptible de prolonger la trêve au-delà de son échéance.
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