USA-Iran : l’accord est signé, Trump promet de débloquer les fonds gelés

Les États-Unis et l’Iran ont signé un accord intérimaire rouvrant le détroit d’Ormuz. Le pétrole recule déjà et Washington promet d’alléger les sanctions.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Les États-Unis et l’Iran ont signé un accord intérimaire qui prolonge le cessez-le-feu et rouvre le détroit d’Ormuz.
  • Washington promet de lever des sanctions et de débloquer des fonds iraniens, mais seulement en cas de progrès vers un accord final.
  • Le détroit d’Ormuz assure environ 20 % du pétrole mondial ; sa réouverture a déjà fait reculer les cours du brut.

Les États-Unis et l’Iran ont signé par voie électronique un accord intérimaire qui prolonge leur cessez-le-feu et rouvre le détroit d’Ormuz. Donald Trump a paraphé le texte mercredi soir au château de Versailles, en marge d’un dîner avec le président français Emmanuel Macron. Ce mémorandum d’entente (memorandum of understanding) offre à Téhéran des concessions qui suscitent déjà des critiques jusque dans le camp républicain.

Que contient l’accord entre les États-Unis et l’Iran ?

Nous avons pris leur argent, c’est leur argent. Si nous ne le leur rendions pas, plus personne n’investirait jamais dans le dollar.

Le texte, qui compte 14 points, organise d’abord la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus naval américain des ports iraniens. En échange, les États-Unis accordent à l’Iran une dérogation pour exporter son pétrole pendant une extension de 60 jours du cessez-le-feu conclu le 8 avril. Cette période pourra être prolongée.

Le règlement final, lui, reste suspendu à un volet nucléaire. Selon les termes dévoilés par l’administration Trump, Washington lèverait l’ensemble de ses sanctions, y compris celles issues de résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, une fois un accord global trouvé. Le déblocage des avoirs iraniens gelés, qui se chiffrent en milliards de dollars, dépendrait de la même manière des progrès des négociations.

Donald Trump a prévenu que l’allègement des sanctions n’interviendrait que « dès qu’ils se comporteront bien ». L’accord prévoit aussi que les États-Unis retirent leurs forces militaires des environs de l’Iran dans les 30 jours suivant un éventuel accord final.

Nucléaire et missiles : les angles morts du texte

Plusieurs sujets sensibles restent en suspens. Le mémorandum ne dit rien de l’arsenal de missiles balistiques iraniens ni du soutien de Téhéran à des groupes armés de la région, deux objectifs pourtant prioritaires pour Israël et les alliés de Washington dans le Golfe. Interrogé sur les missiles, Donald Trump a estimé qu’ils n’étaient pas le problème, l’Iran ayant selon lui le droit d’en conserver comme d’autres pays.

Sur le nucléaire, le texte renvoie à un mécanisme défini d’un commun accord pour traiter l’uranium enrichi iranien. Téhéran disposerait d’un stock de plus de 9 000 kilos de cette matière, dont 440 kilos à un niveau proche du seuil militaire. Le mémorandum fixe un seuil minimal de dilution sur place, sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

L’accord évoque par ailleurs la création, avec des partenaires régionaux, d’un fonds de 300 milliards de dollars dédié à la reconstruction et au développement économique de l’Iran, conditionné à un accord définitif. Trump a toutefois minimisé ce point, assurant que les États-Unis n’y investiraient pas.

Pourquoi le pétrole recule déjà

Le détroit d’Ormuz n’est pas un point géographique anodin : il assure le transit d’environ 20 % du pétrole mondial. Sa quasi-fermeture depuis le déclenchement, en février, de la guerre entre l’Iran et le duo américano-israélien avait provoqué une crise énergétique mondiale et propulsé l’inflation.

Depuis l’annonce de l’accord, les cours se détendent. Le baril de Brent reculait de 1,2 % à 78,62 dollars en début de séance asiatique jeudi, selon le Financial Times. Un répit pour les économies importatrices, même si le brut reste au-dessus de ses niveaux d’avant-guerre.

Une signature contestée

L’accord ne fait pas l’unanimité. Plusieurs républicains et opposants à Donald Trump jugent qu’il offre trop de concessions à Téhéran, dans le but de faire baisser les prix du pétrole avant les élections de mi-mandat de novembre. Côté logistique, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a confirmé la signature et annoncé une cérémonie officielle vendredi en Suisse, coorganisée par le Pakistan et le Qatar.

Et maintenant ?

Tout se jouera dans les 60 prochains jours. La réunion de ce week-end en Suisse s’annonce déterminante pour enclencher la phase suivante : les négociations sur le nucléaire, les sanctions restantes et le financement des groupes alliés de l’Iran. D’ici là, le marché pétrolier et, par ricochet, la trajectoire de l’inflation resteront suspendus à la solidité de cette trêve. Un faux pas, et la tension pourrait repartir aussi vite qu’elle était retombée.

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