NVDA : Nvidia lève plus de 20 milliards de dollars en obligations, sa première émission depuis 2021

Nvidia lève au moins 20 milliards de dollars en obligations, sa première émission depuis 2021, en plein boom de la dette liée à l’intelligence artificielle.
Nvidia leve 20 milliards dette obligations ia

Ce qu’il faut retenir :

  • Nvidia émet au moins 20 milliards de dollars d’obligations, sa première levée de dette obligataire depuis 2021.
  • L’opération, structurée en sept tranches de 2 à 30 ans, finance des besoins liés à l’intelligence artificielle.
  • L’émission est environ quatre fois plus grosse que la précédente, de 5 milliards de dollars en 2021.

Nvidia prépare une émission d’au moins 20 milliards de dollars d’obligations de qualité investissement ce lundi aux États-Unis, sa première levée sur le marché obligataire depuis plus de cinq ans. Selon Bloomberg et Reuters, l’opération se découpe en sept tranches, avec des échéances allant de 2 à 30 ans, la plus longue courant jusqu’en 2056. Une obligation est un titre de dette qu’une entreprise vend à des investisseurs pour emprunter, contre le versement d’intérêts. Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley pilotent la transaction.

L’émission est au moins quatre fois plus importante que la précédente, en juin 2021, quand le groupe avait réuni environ 5 milliards de dollars en pleine pandémie. Sa taille pourrait encore grossir selon l’appétit des investisseurs, indiquent des sources proches du dossier. D’après le Financial Times, la tranche à dix ans était discutée à un rendement d’environ 0,75 point de pourcentage au-dessus des bons du Trésor américain lors des premières indications de prix.

Pourquoi Nvidia, gorgé de liquidités, emprunte-t-il ?

La question se pose, tant le bilan du groupe est solide. Son flux de trésorerie disponible a bondi de 59 % sur l’exercice clos en janvier, à 96,6 milliards de dollars, et l’entreprise dispose de plus de 13 milliards de dollars de trésorerie. Nvidia indique vouloir utiliser le produit de l’émission à des fins générales, notamment pour rembourser et refinancer des obligations existantes.

Derrière ce motif technique, l’enjeu est stratégique. Le fabricant de puces, premier bénéficiaire des dépenses colossales de la tech dans les infrastructures d’IA, verrouille des financements pendant que la course à l’intelligence artificielle s’intensifie. Sa note de crédit double A, la troisième plus élevée, lui permet d'emprunter à des conditions très avantageuses. À titre de comparaison, Oracle, bien plus endetté, ne se situe qu’à deux crans au-dessus de la catégorie spéculative.

Une émission dans la grande vague de dette de l’IA

Nvidia rejoint une cohorte d’acteurs qui se financent à marche forcée pour soutenir l’essor de l’IA. D’après Reuters, les dépenses cumulées des géants de la tech devraient dépasser 700 milliards de dollars cette année, contre environ 400 milliards en 2025. Cette frénésie alimente un déluge d’émissions sur les marchés, qui commence à fatiguer certains investisseurs.

Plusieurs entreprises cherchent des canaux alternatifs. Anthropic s’est tournée vers le crédit privé pour boucler un accord de 35 milliards de dollars adossé à Broadcom. Alphabet, la maison mère de Google, a émis des actions pour la première fois en plus de vingt ans, levant 85 milliards de dollars plus tôt ce mois-ci. Le tout dans un marché déjà saturé par des opérations géantes, à l’image de l’introduction en Bourse record de SpaceX, attendue à 75 milliards de dollars. L’émission de Nvidia teste donc directement la disposition des investisseurs à s’exposer davantage au secteur.

Un acteur devenu juge et partie

Le rôle de Nvidia dépasse celui de simple fournisseur. L’entreprise est aussi devenue un investisseur majeur de l’écosystème, avec plus de 90 milliards de dollars engagés dans des développeurs comme OpenAI, Anthropic et xAI, et chez des fournisseurs tels que Coherent, Marvell, Lumentum et Corning. Elle s’est même portée garante financière de clients qui bâtissent des services cloud avec ses puces, dont CoreWeave et Nscale. Cette imbrication, où le vendeur finance en partie ses propres acheteurs, nourrit les interrogations sur la circularité des flux qui irriguent le secteur.

La toile de fond boursière est moins flamboyante qu’au printemps. Après un sommet de valorisation autour de 5 700 milliards de dollars en mai, l’action a reflué avec l’ensemble du secteur des semi-conducteurs, et la capitalisation est repassée sous les 5 000 milliards de dollars en fin de semaine dernière.

Et maintenant ?

Le marché aura vite la réponse. Le placement doit être commercialisé dans la journée de lundi, et son montant final, comme les rendements définitifs, dira si l’appétit pour la dette des champions de l’IA reste intact ou s’effrite. Une émission sursouscrite confirmerait la confiance dans le bilan de Nvidia. Un accueil tiède signalerait, à l’inverse, que la lassitude gagne du terrain sur des marchés gorgés de papier lié à l’intelligence artificielle.

Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email

Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.

En savoir plus sur notre newsletter crypto →
Retrouvez toute l'actualité dans notre rubrique TradFi sur Coin Academy.
Articles qui pourraient vous intéresser
Logo CoinAcademy
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.