Ce qu’il faut retenir :
- L’Iran accuse les États-Unis de violations “flagrantes” du cessez-le-feu après des frappes américaines sur des lanceurs de missiles et des embarcations iraniennes, jurant de ne “laisser aucun méfait sans réponse”.
- Les négociations se poursuivent malgré les tensions : le déblocage de 24 milliards de dollars d’actifs iraniens gelés à l’étranger est le dernier “point de blocage sérieux”, Téhéran voulant la moitié dès la première phase.
- Le Brent remonte de 3,9 % à 99,90 $ après les frappes, effaçant une partie de la baisse de la veille liée aux espoirs de paix.
Les négociations entre les États-Unis et l’Iran avancent sous les bombes. Mardi, Téhéran a accusé Washington de violations “flagrantes” du cessez-le-feu après que les forces américaines ont frappé des lanceurs de missiles et des embarcations iraniennes dans le détroit d’Ormuz. Dans le même temps, les négociateurs des deux camps poursuivent les discussions pour boucler un accord de cessez-le-feu étendu.
Des frappes “en légitime défense” selon Washington
L’armée américaine a justifié ses frappes de lundi comme un acte de “légitime défense”, accusant les navires iraniens de tenter de poser des mines dans le détroit d’Ormuz. Le ministère iranien des Affaires étrangères a répliqué que Téhéran ne “laisserait aucun méfait sans réponse”.
Le Brent a grimpé de 3,9 % à 99,90 $ le baril mardi, effaçant une partie de la chute de 5 % de la veille qui avait accompagné les espoirs d’un accord imminent. Les marchés oscillent au rythme des déclarations contradictoires et des incidents militaires.
24 milliards de dollars d’actifs gelés, dernier obstacle
Malgré l’escalade, les pourparlers indirects se poursuivent. Les négociateurs en chef iraniens, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, sont rentrés à Téhéran mardi soir après deux jours de discussions à Doha avec les médiateurs qataris.
L’agence Tasnim, proche des Gardiens de la Révolution, a qualifié les discussions de positives et menant à des progrès. Selon l’agence Fars, le déblocage des actifs iraniens gelés à l’étranger est le dernier “point de blocage sérieux”. Les discussions à Doha ont porté sur la libération de 24 milliards de dollars, Téhéran exigeant que la moitié soit versée dès la première phase de l’accord.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a reconnu mardi qu’il y avait “beaucoup d’allers-retours sur le langage précis du document initial” et que cela prendrait “quelques jours”.
Le président a fait part de son intention d’y parvenir. Soit il conclura un bon accord, soit il n’y en aura pas.
Les contours de l’accord en discussion
L’accord en négociation prévoit une extension du cessez-le-feu de 60 jours à partir du 8 avril. L’Iran rouvrirait progressivement le détroit d’Ormuz et retirerait ses mines, sans facturer de frais de passage pendant cette période. Les États-Unis allègeraient leur blocus naval.
Des négociations s’ouvriraient sur le programme nucléaire iranien, avec un engagement à discuter de la dilution ou du transfert du stock d’uranium hautement enrichi. Trump a posté lundi que cet uranium devrait être “immédiatement remis aux États-Unis” ou “détruit sur place, de préférence en coopération avec la République islamique d’Iran”.
En échange, Washington procéderait par phases au déblocage des actifs et à un allègement des sanctions, conditionné aux progrès vers un accord final.
Le Liban complique l’équation
Le dossier libanais reste un facteur de blocage. L’Iran exige que tout accord de paix couvre la guerre “sur tous les fronts”, incluant le conflit entre Israël et le Hezbollah. Or, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé lundi avoir ordonné une intensification des attaques contre le Hezbollah au Liban. “Nous sommes en guerre contre le Hezbollah. Nous n’enlevons pas le pied de l’accélérateur. Au contraire, j’ai ordonné d’appuyer encore plus fort”, a-t-il déclaré. Israël a frappé plus de 70 sites du Hezbollah lundi.
Ce qu’il faut surveiller
Les prochains jours seront décisifs. Rubio évoque “quelques jours” pour finaliser le langage de l’accord. Le montant et le calendrier du déblocage des actifs iraniens constituent le point de friction final.
Si Téhéran obtient une libération rapide d’une partie significative des 24 milliards et que Washington obtient un engagement vérifiable sur l’uranium enrichi, un accord est possible cette semaine. Mais l’intensification des frappes israéliennes au Liban et les incidents dans le détroit rendent chaque heure de négociation fragile. Le Brent restera le baromètre en temps réel de l’avancement des pourparlers.
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