Iran : cinquième vague de frappes américaines, le détroit d’Ormuz “ouvert” pour Trump, “fermé” pour Téhéran

Les États-Unis frappent l’Iran pour la cinquième fois en une semaine, Téhéran riposte dans tout le Golfe. Le Brent bondit de 5 % avant de refluer.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Les États-Unis ont mené dimanche leur cinquième série de frappes contre l’Iran en une semaine.
  • Les Gardiens de la révolution ont riposté sur des bases américaines en Jordanie, à Bahreïn, au Koweït et à Oman.
  • Le Brent a bondi jusqu’à 5 % vers 79,80 dollars avant de retomber, les futures du Nasdaq ont reculé de 0,9 %.

Les États-Unis et l’Iran s’enfoncent dans l’engrenage. Washington a mené dimanche sa cinquième série de frappes en une semaine contre des cibles iraniennes, déclenchant une nouvelle riposte de Téhéran sur des bases américaines dans tout le Golfe, rapporte le Financial Times. Au cœur du bras de fer, une question dont dépend le marché mondial de l’énergie : le détroit d’Ormuz est-il ouvert, comme l’affirme Donald Trump, ou fermé, comme le proclament les Gardiens de la révolution ?

Que s’est-il passé ce week-end entre Washington et Téhéran ?

L’escalade a franchi un cap samedi soir, quand l’aviation américaine a frappé environ 140 cibles après qu’un navire commercial sous pavillon chypriote a été touché par les Gardiens de la révolution (IRGC), qui ont déclaré le détroit fermé dans la foulée. Dimanche, le commandement central américain a remis le couvert avec deux salves visant des dizaines d’objectifs : défenses antiaériennes, radars côtiers, capacités de missiles et de drones, embarcations rapides. Une première a marqué l’opération : l'emploi de drones maritimes kamikazes, en plus des chasseurs, navires de guerre et drones aériens. Les médias iraniens ont rapporté des explosions à Bandar Abbas, Sirik, Jask et Qeshm, le long du détroit, mais aussi à Khondab, site d’un réacteur de recherche à eau lourde. Un mort et sept blessés ont été recensés sur un site militaire près de Na’in, selon les autorités d’Ispahan.

La riposte iranienne n’a pas tardé. Dans la nuit, l’IRGC affirme avoir frappé des dépôts de missiles et des réservoirs de carburant en Jordanie, une installation d’hélicoptères, des avions de guerre électronique et un centre de commandement de drones à Bahreïn, détruit deux lanceurs Himars et des bunkers de munitions au Koweït et touché des radars à Oman. Et promet de continuer.

Ormuz, la ligne de fracture

Ils ont triché dès le premier jour

Le conflit se cristallise sur le contrôle du détroit, par où transitait un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux avant la guerre. “Il est ouvert. Nous les avons pilonnés cette nuit”, a tranché Trump sur NBC dimanche. Réponse de l’IRGC lundi : le détroit ne rouvrira que si l’armée américaine cesse ses ingérences et respecte la souveraineté des États sur leurs eaux côtières.

Le mémorandum du 17 juin, par lequel l’Iran acceptait de rouvrir le passage sans frais et de prolonger le cessez-le-feu de 60 jours pour négocier sur son programme nucléaire, ne tient plus qu’en apparence. Chaque camp accuse l’autre de l’avoir vidé de sa substance. Le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaeil Baghaei reproche à Washington d’avoir créé des routes maritimes parallèles le long des côtes omanaises, contournant les eaux iraniennes.

Un coût économique et politique qui s’alourdit

Les marchés encaissent chaque salve. Le Brent a bondi jusqu’à 5 % à 79,80 dollars le baril avant de rendre l’essentiel de ses gains (+1,8 %), tandis que les futures du Nasdaq 100 et du S&P 500 reculaient de 0,9 % et 0,3 %. Pour Trump, l’addition devient politique : cote de popularité entamée, alliés sous tension et prix de l’essence en hausse à quatre mois des élections de mi-mandat de novembre.

La diplomatie n’a pourtant pas rendu les armes. Après avoir déclaré le cessez-le-feu terminé, le président américain a accepté vendredi de poursuivre les pourparlers, en exigeant que Téhéran s’engage publiquement à cesser ses attaques contre les navires. Il évoquait même dimanche des progrès dans les négociations, avant l’attaque du cargo chypriote. Le Pakistan, médiateur de premier plan, multiplie les appels à la retenue, son Premier ministre Shehbaz Sharif et son chef de la diplomatie Ishaq Dar enchaînant les échanges avec les responsables iraniens.

Ce qu’il faut surveiller

La trajectoire des prochains jours se lira dans trois indicateurs : le trafic réel dans le détroit d’Ormuz, seule mesure objective du “ouvert ou fermé”, la poursuite ou non des pourparlers malgré les frappes, et le cours du Brent, dont chaque poussée au-delà de 80 dollars ravive les craintes d’inflation. Pour les marchés, crypto comprise, le timing est délicat : le CPI américain de mardi intégrera bientôt ce nouveau choc pétrolier, à deux semaines de la réunion de la Fed.

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