Inflation américaine stable à 3,4 % en août, les paris sur une hausse des taux dépassent 80 %

L’inflation américaine reste à 3,4 % en août et l’inflation sous-jacente recule à 2,4 %. Les paris sur une hausse des taux dépassent 80 %.
Kevin warsh fed inflation

Ce qu’il faut retenir :

  • L’indice des prix à la consommation reste à 3,4 % sur un an, conforme aux attentes.
  • L’inflation sous-jacente recule légèrement, de 2,5 % à 2,4 %.
  • Les carburants représentent un tiers de la hausse mensuelle de 0,4 %.

L’inflation américaine s’est maintenue à 3,4 % sur un an en août, au même niveau qu’en juillet et conforme aux prévisions des économistes interrogés par Bloomberg. La publication a immédiatement relancé les paris sur une hausse des taux de la Réserve fédérale la semaine prochaine.

L’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie, s’établit à 2,4 %, en léger repli par rapport aux 2,5 % du mois précédent.

Le carburant reste le moteur principal

La décomposition de l’indice désigne un responsable. Les prix élevés des carburants continuent de se diffuser dans l’économie, l’essence représentant à elle seule un tiers de la progression mensuelle de 0,4 %.

Le contexte énergétique s’est encore dégradé depuis la période couverte par ces chiffres. Le Brent a dépassé les 100 dollars le baril cette semaine, pour la première fois depuis juillet, ce qui a déclenché une vente obligataire mondiale et porté les coûts d'emprunt américains à long terme à leurs plus hauts niveaux depuis des années.

Un économiste de Jefferies relève deux éléments dans ce rapport. Les consommateurs dépensent davantage en voyages, ce qui constitue selon lui un argument en faveur d’une hausse des taux. Il note en revanche que la flambée des carburants ne s’est pas encore transmise aux prix alimentaires.

La réaction immédiate des marchés

Les anticipations se sont déplacées en quelques minutes. La probabilité d’une hausse en septembre est passée d’environ 70 % avant la publication à plus de 80 % après.

Le rendement du Treasury à deux ans, le plus sensible aux décisions de politique monétaire, a gagné 0,07 point de pourcentage, à 4,62 %. Celui à dix ans est resté stable à 4,94 %, juste sous son plus haut de trois ans.

Ce qui attend le comité de politique monétaire

La réunion se tient mardi et mercredi prochains.

Trois des douze membres votants s’étaient déjà écartés de la majorité en juillet pour soutenir une hausse d’un quart de point, au terme d’une réunion qui avait maintenu les taux dans la fourchette de 3,5 % à 3,75 %.

“Nous allons vers une hausse”, estime Kurt Lewis, de Piper Sandler. Tout le monde attendait qu’une mauvaise nouvelle supplémentaire survienne pour passer à l’acte, résume-t-il, et celle-ci suffit.

Le mouvement des anticipations avait déjà commencé après le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole, où le président de l’institution avait indiqué que la banque centrale aurait du travail à faire faute de progrès rapides sur les prix.

L’indice PCE, mesure privilégiée par la Fed, s’établissait pour sa part à 3,7 % en juillet, dernier mois disponible, et dépasse la cible de 2 % depuis plus de cinq ans.

Une donnée qui arrive déjà datée

Un décalage mérite d’être signalé à la lecture de ces chiffres.

Ce rapport porte sur le mois d’août. Il ne capture donc pas la remontée du baril au-dessus de 100 dollars observée cette semaine, ni les 107 dollars atteints jeudi après de nouveaux échanges de tirs dans le détroit d’Ormuz.

Autrement dit, la Fed se prononcera mercredi sur la base d’une photographie antérieure au choc énergétique en cours. C’est précisément ce qui explique la fermeté des anticipations : les données à venir paraissent orientées dans une seule direction.

Et maintenant ?

La décision tombe mercredi, et deux lectures s’affrontent au sein même de l’institution.

Le gouverneur Christopher Waller s’était dit enclin à soutenir un maintien des taux si les données d’inflation s’amélioraient. Son critère portait sur les prix, et le chiffre publié vendredi lui donne partiellement raison sur la composante sous-jacente, qui recule pour le deuxième mois consécutif.

Le président de l’institution avait posé une exigence plus stricte, celle d’une convergence nette et rapide vers la cible. Un indice général figé à 3,4 % ne la satisfait pas.

Pour les actifs risqués, la configuration est désormais inhabituelle. Une hausse étant intégrée à plus de 80 %, c’est un statu quo qui produirait le mouvement le plus vif.

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