États-Unis et Iran : « progrès encourageants » dans les négociations, le pétrole décroche

Les États-Unis et l’Iran annoncent des progrès dans leurs négociations en Suisse. Le détroit d’Ormuz s’apaise et le baril de Brent recule à 79 dollars.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Les médiateurs qatari et pakistanais font état de progrès encourageants après une première session de négociations en Suisse.
  • Le baril de Brent recule de 1,9 % à 79,07 dollars sur fond de désescalade autour du détroit d’Ormuz.
  • Les discussions portent sur le conflit au Liban, le détroit d’Ormuz et le dossier nucléaire iranien.

Les États-Unis et l’Iran ont réalisé des « progrès encourageants » lors de leur première session de négociations de haut niveau, ont annoncé les médiateurs ce lundi. Les pourparlers, tenus dans une station de montagne suisse et achevés au petit matin, visent à transformer un accord fragile sur la réouverture du détroit d’Ormuz en règlement durable d’une guerre qui dure depuis plus de 100 jours. Sur les marchés, le baril de Brent a aussitôt cédé 1,9 %, passant sous 80 dollars.

Illustration - États-Unis et Iran : « progrès encourageants » dans les négociations, le pétrole décroche

Pourquoi le prix du pétrole recule-t-il ?

Le détroit d’Ormuz concentre l’attention. Par ce passage transite environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux, ce qui en fait le point névralgique du marché de l’énergie. Chaque signe d’apaisement y fait refluer la prime de risque géopolitique intégrée dans les cours. La détente de ce lundi a donc pesé sur le brut, pendant que les actions évoluaient sans cap commun : le Topix japonais a gagné 1 % et le Kospi coréen 1,7 %, quand les contrats à terme sur le S&P 500 cédaient 0,2 % et que les futures du Stoxx Europe 600 faisaient du surplace.

Le président américain Donald Trump a fait de la réouverture du détroit une priorité, pour calmer une crise énergétique qui gonfle le prix de l’essence aux États-Unis à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. La semaine dernière, il avait ordonné à la marine américaine de lever son blocus des ports iraniens.

Détroit d’Ormuz : vers une réouverture sécurisée ?

L’accord de la semaine passée, un protocole d’entente (memorandum of understanding), a prolongé de 60 jours le cessez-le-feu du 8 avril. Pendant cette période, l’Iran doit rouvrir le détroit et renoncer à taxer les navires qui l'empruntent. Samedi, Téhéran avait pourtant menacé de refermer le passage après des frappes israéliennes contre le Hezbollah, ce qui rappelle la fragilité du dispositif. Les médiateurs disent avoir établi une ligne de communication directe entre les parties pour éviter les incidents et garantir le passage des navires commerciaux.

Le conflit au Liban au cœur des discussions

Les négociations ont surtout porté sur l’affrontement entre Israël et le Hezbollah au Liban, principal proxy iranien. Le Qatar et le Pakistan, médiateurs du dossier, ont annoncé la création d’une « cellule de désescalade » destinée à arrêter les combats. Le protocole signé mercredi prévoyait déjà un arrêt immédiat et permanent des opérations sur tous les fronts, mais Israël et le Hezbollah ont continué à échanger des tirs.

La séquence a failli dérailler. Dimanche, Donald Trump a menacé sur Truth Social de « frapper l’Iran très fort » si Téhéran ne freinait pas ses alliés libanais, au moment même où les délégations se réunissaient. Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a évoqué sur X des progrès majeurs vers la fin de la guerre au Liban. La délégation iranienne était conduite par Mohammad Bagher Ghalibaf, l’un des principaux dirigeants civils du pays en temps de guerre, face à une équipe américaine menée par le vice-président JD Vance, accompagné des émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner.

Et le dossier nucléaire iranien ?

Les pourparlers ont aussi abordé, de manière nourrie selon un responsable américain, le volet nucléaire. Ce dossier devrait s’étirer sur plusieurs semaines, le temps de négocier le sort de l’uranium enrichi iranien et des principaux sites atomiques, endommagés l’an dernier par des bombes anti-bunker américaines. L’Iran détiendrait plus de 9 000 kg de matière stockée, dont 440 kg à un niveau proche du seuil militaire que Trump réclame depuis longtemps.

Ce qu’il faut surveiller

Des discussions techniques de niveau inférieur se poursuivent cette semaine. Le test immédiat porte sur la tenue de la cellule de désescalade au Liban et sur la réouverture effective du détroit d’Ormuz dans les 60 jours. Tant que la prime de risque reflue, le pétrole et l’appétit pour le risque, crypto comprise, en profitent. Une rechute des hostilités, elle, renverrait aussitôt le baril vers le haut.

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