Ce qu’il faut retenir :
- L’Iran menace de se retirer du cessez-le-feu après des frappes israéliennes massives au Liban, et a de nouveau stoppé le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
- Israël et les États-Unis affirment que le Liban n’est pas inclus dans l’accord, contredisant le médiateur pakistanais.
- Les marchés européens et américains ont bondi malgré les tensions, le Brent chutant de plus de 15 % à environ 95 $ le baril.
Le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, annoncé mardi soir, menace déjà de voler en éclats. Moins de 24 heures après l’accord négocié par le Pakistan, Téhéran a brandi la menace d’un retrait en réponse à une vague de frappes israéliennes au Liban, et a de nouveau interrompu le passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz.
Le Liban, point de rupture du cessez-le-feu
Le désaccord porte sur un point fondamental : le périmètre de l’accord. L’Iran considère que le cessez-le-feu couvre l’ensemble de la région, Liban compris. Israël et Washington affirment le contraire. Donald Trump a déclaré à PBS que le Liban n’était “pas inclus dans l’accord” en raison du Hezbollah, qualifiant le conflit israélo-libanais de “skirmish séparé”. Benjamin Netanyahu a tenu la même ligne.
De l’autre côté, le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, architecte de la médiation, a appelé toutes les parties à “respecter” le cessez-le-feu. Mais les faits sur le terrain parlent d’eux-mêmes : Israël a lancé mercredi sa plus importante vague de frappes sur le Liban depuis le début de la guerre. Le ministère libanais de la Santé a fait état de 89 morts et 700 blessés dans la seule journée.
Ormuz de nouveau fermé
En réponse aux frappes qu’il juge contraires aux termes de la trêve, l’Iran a de nouveau bloqué le trafic des pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Ce revirement survient alors que Téhéran avait accepté, dans le cadre du cessez-le-feu, de coordonner la réouverture du passage maritime par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial.
La situation dans le Golfe reste celle d’un embouteillage massif. Des centaines de navires attendent de pouvoir sortir, et le pipeline Est-Ouest saoudien, que le royaume utilisait pour réacheminer ses exportations vers la mer Rouge, a lui aussi été frappé par un drone mercredi. Les États du Golfe continuent de subir des attaques malgré la trêve officielle.
Les marchés parient sur la désescalade
Les investisseurs ont choisi de regarder le verre à moitié plein. Le Stoxx Europe 600 a clôturé en hausse de 3,7 %, le DAX allemand a bondi de 5,1 % et le S&P 500 progressait de 2,6 % en séance. Le Brent a chuté de plus de 15 %, s’établissant autour de 95 $ le baril.
Sur le marché obligataire, les rendements à court terme ont reculé. Le taux du gilt britannique à deux ans a perdu 0,24 point de pourcentage à 4,17 %, signe que les investisseurs révisent à la baisse leurs anticipations de hausse des taux. Les marchés considèrent que le cessez-le-feu, même fragile, réduit le risque d’un choc pétrolier prolongé.
Trump évoque la dénucléarisation et un allègement des sanctions
Au-delà du volet maritime, Trump a déclaré que les États-Unis travailleraient avec l’Iran pour “déterrer et retirer” le matériel nucléaire iranien. Il a aussi évoqué des discussions sur un allègement des sanctions. Ces déclarations s’inscrivent dans la proposition iranienne en 10 points, qui inclut le retrait des forces américaines de la région, la levée de toutes les sanctions et le paiement des dommages de guerre.
Le premier ministre britannique Keir Starmer, en visite en Arabie saoudite, a salué un “sentiment de réel soulagement” tout en avertissant qu’il restait “beaucoup de travail” pour rétablir la navigation dans le détroit.
Ce qu’il faut surveiller
Le cessez-le-feu de deux semaines repose sur un équilibre précaire. Si Israël poursuit ses opérations au Liban au rythme actuel, l’Iran dispose d’un levier immédiat : refermer Ormuz. Les négociations doivent reprendre à Islamabad dans les prochains jours, avec la participation de l’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, de Jared Kushner et du vice-président JD Vance.
La question nucléaire, absente du cessez-le-feu initial, s’invite dans les discussions. L’issue de la crise dépendra de la capacité des parties à s’accorder sur le périmètre réel de la trêve, Liban en tête.
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