Ce qu’il faut retenir :
- Les quatre géants du cloud (Google, Amazon, Microsoft, Meta) prévoient 725 milliards de dollars de capex en 2026, soit +77 % par rapport au record de 410 milliards en 2025.
- Google Cloud affiche la croissance la plus rapide avec +63 % de revenus, portant la valorisation d’Alphabet vers un record de 4 300 milliards de dollars.
- Meta chute de 6 % en after-hours malgré des revenus en hausse de 33 %, pénalisé par une explosion du capex à 145 milliards et un calendrier IA flou.
Les résultats du premier trimestre 2026 des quatre “hyperscalers” américains confirment une tendance : la course à l’infrastructure IA ne ralentit pas, elle accélère. Alphabet, Amazon, Microsoft et Meta prévoient collectivement 725 milliards de dollars d’investissements cette année, un bond de 77 % par rapport aux 410 milliards déjà records dépensés en 2025.
Google, la revanche par le cloud
Alphabet s’impose comme la surprise positive de la saison. Le chiffre d’affaires de Google Cloud a bondi de 63 % pour atteindre 20 milliards de dollars au T1, ajoutant 7,7 milliards sur un an, un rythme qui lui permet de grignoter des parts de marché face à Amazon Web Services et Microsoft Azure sur un marché du cloud évalué à 500 milliards de dollars.
Le bénéfice net d’Alphabet a explosé de 81 % à 62,6 milliards de dollars, un chiffre gonflé par une plus-value latente de 36,9 milliards sur des participations dans des sociétés non cotées. Alphabet détient des parts significatives dans SpaceX (valorisé 1 250 milliards) et Anthropic (380 milliards), deux entreprises qui explorent une introduction en bourse cette année.
L’action Alphabet a grimpé de 7 % en after-hours, la plaçant en trajectoire vers une capitalisation record de 4 300 milliards de dollars. Google a revendiqué un carnet de commandes de 460 milliards pour la location d’espace en data centers, aidant le marché à digérer un capex relevé à 190 milliards pour 2026.
Thomas Kurian, patron de Google Cloud, attribue cette avance à la stratégie de développement interne de puces IA, de modèles de fondation et de produits, offrant un avantage de coût et de recherche sur les rivaux.
Microsoft et Amazon tiennent le rythme
Microsoft a publié un chiffre d’affaires record de 82,9 milliards de dollars et un bénéfice net de 32 milliards, porté par une hausse de 40 % des ventes cloud. Le groupe a relevé son budget capex à 190 milliards pour l’année civile 2026, bien au-dessus des 152 milliards attendus par les analystes.
La directrice financière Amy Hood a prévenu que la hausse des prix des puces mémoire et d’autres composants représentait 25 milliards du budget record. Microsoft resterait en situation de capacité contrainte “au moins jusqu’en 2026”.
Satya Nadella a souligné que la fin du contrat exclusif avec OpenAI cette semaine serait bénéfique : “Nous avons désormais un modèle de pointe, libre de royalties, avec tous les droits de propriété intellectuelle jusqu’en 2032, et nous comptons pleinement l’exploiter.
Amazon a ajouté 8,3 milliards de revenus cloud pour un total de 37,6 milliards au T1. Le CEO Andy Jassy a mis en avant un carnet de commandes de 364 milliards, renforcé par un contrat de 100 milliards avec Anthropic. “Il n’y a pas un seul outil IA pour dominer le monde. Les clients veulent du choix”, a-t-il déclaré.
Meta sanctionné par le marché
Ambiance différente chez Meta. Malgré des revenus en hausse de 33 % à 56,3 milliards de dollars, l’action a chuté de 6 % en after-hours, menaçant d’effacer 113 milliards de capitalisation à l’ouverture jeudi.
Les investisseurs ont sanctionné l’ajout de 10 milliards au budget capex, porté à 145 milliards pour 2026, et le flou entretenu par Mark Zuckerberg sur le calendrier de ses prochains modèles d’IA. Interrogé sur la date de lancement, Zuckerberg a répondu privilégier la “qualité” à un calendrier rigide, ajoutant avec une touche d’autodérision : “Il y a beaucoup d’agents IA, mais pas beaucoup que je voudrais confier à ma mère.”
Meta subit aussi une baisse de ses utilisateurs et accuse la hausse des coûts de composants, notamment les puces mémoire, ainsi que la compétition pour le foncier, l’énergie et la main-d’œuvre qualifiée autour des data centers.
Ce qu’il faut surveiller
Le marché accepte les dépenses massives tant que la croissance des revenus suit. Le test viendra au second semestre : Microsoft et Google annoncent une accélération de leurs revenus cloud quand de nouveaux data centers entreront en service.
Si la monétisation de l’IA stagne, le verdict des investisseurs pourrait basculer. La capacité contrainte en puces mémoire, wafers et énergie reste un goulet d’étranglement qui pèse sur l’ensemble du secteur. Enfin, les introductions en bourse potentielles de SpaceX et Anthropic pourraient cristalliser les plus-values latentes qui gonflent les bilans d’Alphabet et Amazon.
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