Ce qu’il faut retenir :
- Microsoft, Alphabet et Goldman Sachs refusent que leurs actions tokenisées s’échangent sur la plateforme OKXICE.
- OKXICE recense désormais 16 émetteurs opposés, contre 9 dans son avis de la semaine précédente.
- Sur les 62 sociétés visées au départ par OKXICE, 47 n’ont pas formulé d’objection publique.
Microsoft, Alphabet et Goldman Sachs ne veulent pas voir leurs actions tokenisées circuler sur OKXICE, la plateforme commune de l’exchange crypto OKX et d’Intercontinental Exchange (ICE), maison mère du New York Stock Exchange. Les trois géants figurent parmi sept nouveaux opposants recensés dans l’avis public d’OKXICE daté du 19 octobre. Qualcomm, Caterpillar, McDonald’s et Western Digital complètent la liste.
En une semaine, le nombre d’émetteurs hostiles est passé de 9 à 16. Le document ne donne ni les raisons de ces refus, ni la date à laquelle chaque société a transmis son objection.
Quelles entreprises refusent leurs actions tokenisées sur OKXICE ?
Les sept nouveaux venus rejoignent un premier groupe déjà bien fourni : Broadcom, Verizon, UnitedHealth, CoreWeave, AppLovin, Applied Digital, Rocket Lab et Applied Optoelectronics. Le fabricant de puces Cerebras Systems s’est aussi opposé, alors qu’il ne figurait même pas dans la sélection initiale.
L’avis d’origine, publié le 5 octobre, listait 63 tickers correspondant à 62 sociétés, Alphabet apparaissant avec ses deux catégories d’actions (GOOG et GOOGL). Quinze de ces 62 sociétés ont désormais refusé, ce qui laisse 47 titres sans objection connue. Selon Decrypt, la sélection de départ comprenait aussi Nvidia, Tesla, Apple, Coinbase ou Robinhood. Aucune de ces entreprises n’apparaît pour l’instant parmi les opposants.
Comment fonctionne le droit de veto des émetteurs ?
OKXICE veut opérer sous l’« Innovation Exemption », une dérogation de cinq ans dévoilée par la Securities and Exchange Commission (SEC) le 17 septembre. Ce cadre autorise des plateformes à proposer des actions américaines tokenisées sans s’enregistrer comme bourse. Une action tokenisée est un jeton émis sur une blockchain et adossé à une action réelle, détenue en réserve.
La SEC ne valide pas chaque plateforme une par une. Un opérateur qui remplit les conditions notifie l’agence, puis peut démarrer. Un tiers peut tokeniser les actions d’une entreprise sans son accord, mais la plateforme doit prévenir l’émetteur. Celui-ci dispose alors de 30 jours pour s’opposer, d’après Decrypt. Une objection suffit à interdire la négociation du jeton concerné sur cette plateforme.
Ce que prévoit la plateforme d’OKX et d’ICE
OKX et ICE ont créé OKXICE en juin, sous la forme d’une coentreprise détenue à 50-50. ICE avait déjà pris une participation minoritaire dans OKX sur la base d’une valorisation de 25 milliards de dollars.
Selon l’avis consulté par Decrypt, la plateforme doit fonctionner 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Les échanges passeraient par des pools de liquidité Uniswap v4 à accès restreint, déployés sur X Layer, la blockchain de couche 2 d’OKX. Un teneur de marché automatisé (AMM), c’est-à-dire un algorithme qui fixe les prix à partir des réserves d’un pool, remplacerait le carnet d’ordres classique. Chaque titre se négocierait contre les stablecoins USDC, USDG ou USDT.
Un émetteur de jetons tiers, non nommé, détiendrait les actions sous-jacentes à parité via un courtier enregistré. Les détenteurs toucheraient les dividendes et conserveraient leurs droits de vote. Seuls les portefeuilles vérifiés par l’entité américaine d’OKX pourraient trader. Les prix des jetons pourraient s’écarter de ceux des actions, surtout hors des heures de Wall Street.
Ce qu’il faut surveiller
La liste des refus a presque doublé en une semaine, et le délai de 30 jours laisse encore le temps à d’autres émetteurs de se manifester. Les regards se tournent vers Nvidia, Apple ou Tesla : un refus de l’une de ces capitalisations amputerait l’offre d’OKXICE de ses titres les plus échangés.
La coentreprise n’a toujours pas communiqué de date de lancement. Pour la SEC, l’enjeu dépasse OKXICE : si les grandes entreprises cotées refusent en bloc la tokenisation de leurs titres sans leur accord, le cadre ouvert en septembre risque de tourner à vide.
Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email
Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.