Ce qu’il faut retenir :
- Le baril de Brent a grimpé jusqu’à 114,72 dollars vendredi, du jamais vu depuis mai.
- Le Nasdaq 100 a chuté de 2,9 % jeudi, après les prévisions de dépenses de Meta dans l’IA.
- Le Kospi sud-coréen a perdu près d’un cinquième de sa valeur en octobre, la pire performance mondiale.
Le pétrole franchit un nouveau palier. Ce vendredi 23 octobre, le baril de Brent, la référence internationale, a gagné jusqu’à 1,4 % pour atteindre 114,72 dollars, son plus haut niveau depuis mai. Les investisseurs craignent une nouvelle escalade du conflit au Moyen-Orient.
La flambée du brut tombe au plus mal. Les marchés digèrent déjà une violente chute des valeurs technologiques à Wall Street et la crise de la dette française.

Pourquoi le prix du pétrole grimpe-t-il ?
Le Brent prolonge une hausse entamée depuis plusieurs semaines, nourrie par les tensions au Moyen-Orient et les attaques contre des navires autour du détroit d’Ormuz. Un baril installé au-dessus de 110 dollars alimenterait l’inflation mondiale et compliquerait la tâche des banques centrales, à commencer par la Réserve fédérale américaine, qui se réunit les 27 et 28 octobre.
« Les secousses des dernières semaines se sont toutes télescopées », résume Jim Reid, stratège chez Deutsche Bank.
Wall Street plombée par les doutes sur l’IA
Le Nasdaq 100 a clôturé jeudi en baisse de 2,9 %, et le S&P 500 de 1,2 %. En cause : les prévisions de dépenses d’investissement de Meta, bien au-delà des attentes, qui ont ravivé les doutes sur la rentabilité du boom de l’IA, de plus en plus financé par la dette.
Les investisseurs se sont rués sur les valeurs refuges. Les bons du Trésor américain ont connu jeudi leur meilleure séance depuis 2023, avec un taux à 10 ans en recul de 0,19 point. Selon Shoki Omori, stratège taux chez Deutsche Bank, l’ampleur des investissements des hyperscalers, ces géants du cloud, et de la dette levée pour les financer a poussé les capitaux vers les actifs sûrs.
Le calme revient en partie ce vendredi. Le taux à 10 ans américain remonte de 0,02 point à 4,97 %, tandis que le Bund allemand recule à 3,32 %. Les contrats à terme sur le Nasdaq 100 laissent entrevoir une ouverture en hausse de 0,2 %. En Europe, le Stoxx Europe 600 cède 0,1 % en début de séance, après une baisse de 1 % jeudi.
Le Kospi, pire marché boursier du monde
L’Asie a vécu une séance chaotique. Le Kospi sud-coréen, très exposé aux puces, a plongé jusqu’à 4 % avant de repasser en légère hausse, à +0,3 %. Le Nikkei 225 japonais a perdu jusqu’à 2 % avant de réduire ses pertes. Le taux à 10 ans japonais recule de 0,08 point à 2,8 %.
Le Kospi a perdu près d’un cinquième de sa valeur en octobre et se situe à plus de 40 % sous son record de juin, ce qui en fait le marché boursier le moins performant du monde. Jeudi, les fabricants de mémoire ont mené la baisse : Samsung Electronics a reculé de 4 % et SK Hynix de 5 %.
SK Hynix a d’ailleurs renoncé vendredi à introduire en Bourse aux États-Unis Solidigm, sa filiale californienne spécialisée dans la mémoire flash NAND. Le groupe invoque les conditions récentes du marché des capitaux et l’évolution des cours.
En Chine, le CSI 300 a cédé 1,7 %. L’indice reste en marché baissier, avec une chute de 20 % depuis son sommet de fin juin.
Ce qu’il faut surveiller
La journée n’est pas terminée pour la France. L’agence Moody’s rend ce vendredi soir sa décision sur la note du pays, actuellement Aa3 avec une perspective négative, alors que le taux d'emprunt français à 10 ans évolue autour de 5 %. La semaine prochaine, la décision de la Fed dira si la banque centrale américaine s’inquiète davantage de l’inflation nourrie par le pétrole ou du ralentissement des marchés.
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