Ce qu’il faut retenir :
- Le Brent a franchi les 110 $ mardi pour la première fois en trois semaines, atteignant 111,86 $ en séance (+3,6 %).
- Washington maintient ses “lignes rouges” sur le nucléaire iranien, freinant les espoirs d’un accord rapide pour rouvrir le détroit d’Ormuz.
- La flambée pétrolière ravive les craintes d’inflation et fait monter les rendements obligataires, le gilt britannique à 10 ans dépassant les 5 %.
Le Brent a grimpé jusqu’à 111,86 $ le baril mardi, une hausse de 3,6 % qui le ramène à des niveaux plus vus depuis le 7 avril, date à laquelle l’annonce d’un cessez-le-feu temporaire avait fait chuter les cours. Le WTI américain a gagné 2,2 % pour atteindre 98,47 $. Huit semaines après le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran, le détroit d’Ormuz reste quasi fermé et les négociations patinent.
Des “lignes rouges” américaines sur le nucléaire
L’Iran a soumis une nouvelle proposition de paix, dont le contenu n’a pas été rendu public. La Maison-Blanche a indiqué lundi que le président Donald Trump avait réuni ses conseillers à la sécurité nationale pour examiner l’offre. La porte-parole Karoline Leavitt a précisé que les “lignes rouges” de Trump restaient inchangées, notamment l’objectif d'empêcher Téhéran d’obtenir l’arme nucléaire.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a qualifié la proposition iranienne de meilleure qu’attendu, tout en soulevant des doutes sur l’autorité de la personne qui l’a transmise. Sur la question d’une ouverture du détroit en échange d’un report des discussions nucléaires, Rubio a refusé de spéculer mais a rappelé l’essentiel : “La question nucléaire est la raison pour laquelle nous en sommes là. Elle reste le sujet central.”
“Les marchés s’accrochent au moindre signe de pourparlers, et leur absence fait monter la peur qu’ils n’auront pas lieu”, a résumé Jim Reid, responsable de la recherche macro chez Deutsche Bank.
Le choc pétrolier se propage aux marchés obligataires
Le Brent au-dessus de 100 $ depuis près d’une semaine ravive les anticipations d’inflation et pèse sur les obligations souveraines. Les rendements montent aux États-Unis, en Europe et au Royaume-Uni.
Le gilt britannique à 10 ans a franchi les 5 % mardi matin pour la première fois depuis fin mars. Le rendement à 30 ans atteint 5,7 %, proche de son plus haut niveau ce siècle. Le Royaume-Uni se montre particulièrement vulnérable au choc énergétique.
Le rendement des Treasuries américains à 10 ans a progressé de 0,03 point à 4,36 %. Le Bund allemand de même maturité a grimpé de 0,04 point à 3,08 %.
“Plus le détroit reste fermé, plus l’impact négatif sur l’économie mondiale sera important”, a averti Mohit Kumar, économiste en chef Europe chez Jefferies.
Du Brent à 60 $ en janvier à 112 $ en avril
La trajectoire du pétrole en 2026 résume à elle seule l’ampleur du choc géopolitique. Le Brent s’échangeait sous les 60 $ en début d’année. Il a grimpé jusqu’à 119 $ au pic du conflit en mars, lorsque l’Iran a paralysé le trafic dans le détroit d’Ormuz et frappé des installations énergétiques dans le Golfe. L’annonce du cessez-le-feu a fait retomber les cours jusqu’à 86,09 $ le 17 avril. La reprise actuelle efface l’essentiel de cette accalmie.
Les banques d’investissement ajustent leurs prévisions à la hausse. Goldman Sachs a relevé son scénario de base à 90 $ au T4 avec un risque à 120 $ si les exportations du Golfe ne se normalisent pas. Morgan Stanley anticipe un Brent à 110 $ au deuxième trimestre.
Ce qu’il faut surveiller
La réponse de Trump à la proposition iranienne, attendue “très bientôt” selon la Maison-Blanche, déterminera la direction des marchés à court terme. Si les négociations nucléaires restent un préalable à la réouverture du détroit, le Brent pourrait tester à nouveau ses sommets de mars.
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