ETH : Ethereum veut brûler les récompenses des validateurs pour plafonner le staking à 50 %

Des chercheurs Ethereum proposent de brûler les récompenses des validateurs pour ramener l’émission à zéro au-delà de 50 % de staking.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Des chercheurs proposent de brûler une part croissante des récompenses des validateurs Ethereum.
  • L’émission nette tomberait à zéro une fois environ 50 % de l’offre d’ETH mise en staking.
  • Le texte divise, entre risque pour la DeFi et espoir d’un soutien au cours de l’ether.

Un groupe de chercheurs Ethereum, dont Justin Drake, a publié une proposition d’amélioration qui détruirait une part croissante des récompenses des validateurs à mesure que le taux de staking augmente. Baptisé “tapered issuance burn”, ce mécanisme ramènerait l’émission nette à zéro une fois atteint un seuil d’environ 60,25 millions d’ETH mis en staking, soit près de la moitié de l’offre actuelle.

Comment fonctionnerait ce mécanisme de destruction ?

Le principe est progressif. Chaque validateur verrait une fraction de ses récompenses théoriques prélevée et détruite, cette fraction grandissant avec le montant total d’ether immobilisé sur le réseau. Au point de saturation, la part brûlée atteint 100 % et les récompenses versées pour l’exécution des tâches de consensus s’annulent.

Le texte est signé par pintail, Jérôme de Tychey, dapplion, pa7x1, Ladislaus von Daniels et Justin Drake, chercheur à l’Ethereum Foundation. Pour amortir le choc, les récompenses partiraient de leur niveau actuel et diminueraient sur dix-huit mois.

Pourquoi vouloir limiter le staking sur Ethereum ?

Au-delà d’un certain seuil, l’augmentation des mises rend Ethereum moins sûr, et non l’inverse : la contribution marginale des nouvelles mises à la sécurité économique diminue à mesure que ce ratio augmente, tandis que plusieurs risques s’accumulent.

L’argument des auteurs porte sur la sécurité du réseau. Le système actuel verse un rendement, même faible, quel que soit le volume déjà immobilisé, ce qui encourage à staker toujours davantage. Au-delà d’un certain seuil, écrivent-ils, le staking supplémentaire rend Ethereum moins sûr plutôt que plus sûr : l’apport marginal de chaque nouvel ether à la sécurité économique décroît, pendant que plusieurs risques s’accumulent.

Le premier tient à la concentration. Plus la part de l’offre détenue par des conservateurs et des prestataires de staking grandit, plus la couche sociale du réseau perd sa capacité à demander des comptes aux gros opérateurs, et plus les validateurs individuels se retrouvent poussés dehors. Les grandes plateformes centralisées sont visées en creux.

Le second concerne les détenteurs qui ne stakent pas, dilués par une émission qui profite aux seuls validateurs.

Jérôme de Tychey défend l’urgence du calendrier : agir maintenant permettrait au marché de se stabiliser sous les 50 %, alors qu’attendre le dépassement obligerait à corriger un déséquilibre plus lourd, avec davantage de capital contraint de sortir et davantage de perturbations. Il rappelle qu’une proposition voisine avait été envisagée en 2024 et qu’il reste du temps pour en débattre.

Les critiques : la DeFi en première ligne

Les objections se sont accumulées sur le forum Ethereum Magicians et sur X depuis mardi. Plusieurs commentateurs redoutent une dégradation de la sécurité économique à long terme, d’autres un effet punitif sur les validateurs individuels, sensibles au rendement.

Stani Kulechov, directeur général d’Aave Labs, se montre catégorique : la proposition n’atteindrait pas son objectif et se révélerait nuisible pour Ethereum. En passant à un rendement nul, elle rendrait selon lui les stratégies d'emprunt sur ETH pour l’essentiel non viables et supprimerait les cas d’usage de rendement associés.

L’enjeu dépasse le staking direct. Les jetons de staking liquide comme le stETH, qui représentent une position stakée tout en restant échangeables, servent de collatéral dans une large part de la finance décentralisée. Toucher au rendement sous-jacent revient à modifier les fondations de cet édifice.

Les défenseurs : un soutien possible au cours de l’ether

D’autres analystes accueillent la proposition avec intérêt, sur un tout autre terrain. Zach Pandl, responsable de la recherche chez Grayscale, relève que les flux de trésorerie de l’ether transitent par l’inflation, et que le rendement offert reste faible au regard de la volatilité de l’actif. La réduction de l’offre constitue selon lui une implication de premier ordre pour le prix.

Le débat sur l’émission d’ether dure depuis des années, faute de plafond fixe comparable aux 21 millions de bitcoins et en raison d’une politique monétaire ajustable. La modification la plus marquante reste l’EIP-1559, adopté lors du hard fork de 2021, qui brûle une part des frais de transaction et peut créer une pression déflationniste quand la demande sur le réseau grimpe.

Et maintenant ?

Le calendrier compte autant que le fond. Le texte a été déposé quelques jours avant la date limite d’inclusion des propositions secondaires pour la prochaine mise à jour Hegotá, et un mois après la publication par l’Ethereum Foundation d’une feuille de route révisée, qui vise un Ethereum décrit comme extrêmement épuré.

Deux points à surveiller : la décision d’inclure ou non la proposition dans Hegotá, et l’évolution du taux de staking d’ici là, puisque tout l’argumentaire des auteurs repose sur l’idée d’agir avant le franchissement des 50 %.

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