Ce qu’il faut retenir :
- Ripple a obtenu l’agrément CASP du régulateur luxembourgeois, le rendant pleinement conforme à MiCA.
- La licence lui ouvre les 30 pays de l’Espace économique européen via le passeport unique.
- Seules 280 entreprises sont agréées MiCA, contre plus de 3 000 sous les anciens régimes nationaux.
Ripple vient de franchir la dernière marche réglementaire en Europe. La société américaine d’infrastructure d’actifs numériques a obtenu son agrément de prestataire de services sur crypto-actifs (CASP) auprès de la CSSF, le régulateur financier du Luxembourg. L’autorisation, qui confirme l’approbation préliminaire reçue en juin, rend l’entreprise de San Francisco pleinement conforme au règlement européen MiCA et lui ouvre les portes des 30 pays de l’Espace économique européen (EEE).
Que permet la licence MiCA obtenue par Ripple ?
L’agrément CASP fonctionne comme un passeport : une fois délivré par un régulateur national, il autorise l’entreprise à proposer ses services crypto dans tout l’EEE sans démarcher chaque autorité locale. Concrètement, la solution de paiements crypto régulée de bout en bout de Ripple devient accessible aux institutions financières, aux grandes entreprises et aux sociétés de toute la zone.
“Ripple entre dans l’ère post-transition de MiCA pleinement conforme et prête à passer à l’échelle”, s’est félicitée Cassie Craddock, directrice générale Royaume-Uni et Europe de Ripple, qui pointe une demande des institutions européennes pour des partenaires crypto régulés.
Cette autorisation s’ajoute à la licence d’établissement de monnaie électronique que Ripple détient déjà dans l’UE, et porte son portefeuille mondial à plus de 75 licences réglementaires. L’entreprise avait aussi décroché son enregistrement crypto auprès de la FCA britannique en janvier 2026.
280 élus sur plus de 3 000 : le grand tri de MiCA
Le timing n’a rien d’anodin. La période de transition de MiCA s’est achevée le 1er juillet, remplaçant les régimes de licence nationaux par un cadre unique pour toute l’Union. Depuis cette date, opérer sans agrément CASP revient à s’exclure du marché européen régulé.
Le tri est brutal. Selon la dernière mise à jour du registre MiCA de l’ESMA, publiée le 3 juillet, seules 280 entreprises ont obtenu l’agrément CASP. Une fraction des plus de 3 000 sociétés qui opéraient auparavant sous les régimes nationaux, comme le rappelait la semaine dernière Danny Sanders, directeur commercial de Trezor, auprès de The Block.
Ripple rejoint ainsi le club des grands acteurs agréés, aux côtés de Kraken, Coinbase, OKX et Crypto.com. Grand absent de la liste : Binance. La première plateforme d’échange mondiale par volume a abordé l’après-1er juillet sans autorisation MiCA, après avoir retiré sa demande de licence en Grèce juste avant la date butoir.
Et maintenant ?
Pour Ripple, l’enjeu passe de la conformité à la conquête : convertir ce sésame réglementaire en contrats avec les banques et les entreprises européennes, sur un marché des paiements crypto où les partenaires agréés se comptent désormais sur quelques centaines d’acteurs. Côté secteur, deux questions restent ouvertes : à quel rythme l’ESMA gonflera-t-elle son registre dans les prochains mois, et combien de temps Binance peut-elle rester hors du cadre MiCA sans céder du terrain à ses concurrents régulés sur le marché européen.
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