Starlink veut vendre des forfaits mobiles aux Américains et défier Verizon, AT&T et T-Mobile

SpaceX veut lancer un forfait mobile Starlink pour les Américains et défier Verizon, AT&T et T-Mobile, malgré le scepticisme des analystes.
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Ce qu’il faut retenir :

  • SpaceX prévoit de lancer un service mobile Starlink destiné aux particuliers américains, en concurrence directe avec les trois grands opérateurs.
  • Le projet a été présenté aux investisseurs par Gwynne Shotwell lors du roadshow d’introduction en Bourse de SpaceX.
  • Des analystes doutent du projet, citant un déficit de spectre et des coûts de déploiement chiffrés en milliards de dollars.

SpaceX a fait part à ses investisseurs de son intention de lancer un service mobile Starlink pour le grand public américain, en concurrence directe avec Verizon, AT&T et T-Mobile. L’information, révélée par le Financial Times, place l’entreprise d’Elon Musk face aux trois géants qui se partagent le marché téléphonique des États-Unis.

Le projet a été dévoilé par Gwynne Shotwell, présidente et directrice de l’exploitation de SpaceX, lors de la tournée d’investisseurs (roadshow) organisée pour l’introduction en Bourse du groupe, selon le quotidien financier, qui cite quatre sources. SpaceX n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

Jusqu’ici, Starlink se contentait d’un rôle d’appoint. La société fournit sa connectivité satellite à T-Mobile, qui l’utilise pour étendre sa couverture dans les zones rurales mal desservies, tout en gardant la main sur l’abonnement, la facturation et le service client. SpaceX toucherait une part des revenus générés par ces clients, selon les analystes.

Un forfait mobile à la marque Starlink renverserait ce schéma. SpaceX vendrait directement ses contrats aux particuliers et reprendrait le contrôle de la relation client, sans passer par un opérateur intermédiaire. L’enjeu est financier : la téléphonie grand public ouvre un marché bien plus vaste que le seul haut débit par satellite, qui comptait 10,3 millions d’abonnés dans le monde fin mars. L’entreprise envisagerait même de bâtir son propre réseau mobile terrestre aux États-Unis, pour ne plus dépendre uniquement de ses satellites.

Un pari adossé à 17 milliards de dollars de fréquences

Cette ambition ne sort pas de nulle part. En septembre dernier, SpaceX a déboursé 17 milliards de dollars pour racheter des licences de fréquences (spectre radio) à son rival EchoStar, afin de renforcer son réseau satellite Starlink. De nombreux analystes y ont vu les fondations d’une future offre grand public. La Commission fédérale des communications (FCC) a validé l’opération en mai 2026, d’après un document réglementaire de SpaceX.

Dans son prospectus d’introduction en Bourse, l’entreprise présente le mobile comme un nouveau pilier de croissance. Le service viserait d’abord les zones reculées, hors de portée des réseaux terrestres, avant de s’attaquer à terme aux clients urbains et périurbains. Une montée en gamme qui dépendra de la performance du réseau et de l’expansion de sa constellation de satellites.

Pourquoi les analystes restent-ils sceptiques ?

Tous ne croient pas au scénario. Pour une partie des analystes, l’annonce ressemble surtout à une manœuvre destinée à arracher de meilleurs accords aux partenaires télécoms de Starlink. Ils pointent les milliards de dollars nécessaires à la construction d’un réseau mobile et, surtout, le manque de fréquences disponibles.

Le déséquilibre est frappant. Selon New Street Research, les trois opérateurs américains disposent ensemble d’environ 1 020 MHz de spectre, contre seulement 65 MHz pour SpaceX. David Barden, associé chez New Street Research, juge que “construire un réseau sans fil sur des marchés saturés serait incroyablement difficile”. Comme levier de négociation pour décrocher le meilleur partage de revenus avec ces mêmes opérateurs, en revanche, l’idée tient la route, ajoute-t-il.

Plus marquant encore, SpaceX pourrait même racheter T-Mobile via une fusion.

Ce qu’il faut surveiller

Le calendrier n’a rien d’anodin. Le projet arrive quelques jours après l’introduction en Bourse de SpaceX, dont les actions ont débuté à 135 dollars le 12 juin avant de grimper autour de 153 dollars. Cette cotation accentue la pression des investisseurs, qui réclament une croissance rapide et de nouvelles sources de revenus. Le courtier Oppenheimer estime que Starlink pourrait bouleverser le marché américain des communications, évalué à 1 600 milliards de dollars. Reste à savoir si SpaceX passera à l’acte ou si la menace lui suffit pour renégocier ses contrats. La réponse pèsera lourd pour Verizon, AT&T et T-Mobile.

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