Iran : les négociations avec les États-Unis suspendues après les frappes israéliennes au Liban

L’Iran reporte les négociations nucléaires avec les États-Unis après des frappes israéliennes au Liban. L’accord et le détroit d’Ormuz sont fragilisés.
Trump iran negociations paix usa liban israel

Ce qu’il faut retenir :

  • L’Iran a reporté les discussions nucléaires prévues en Suisse après une série de frappes israéliennes sur le sud du Liban.
  • Les bombardements ont fait 18 morts et 33 blessés en une nuit, selon le ministère libanais de la Santé.
  • L’accord intérimaire signé mercredi prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz et un cessez-le-feu de soixante jours.

L’Iran n’a pas envoyé de délégation en Suisse ce vendredi, faisant capoter l’ouverture des négociations nucléaires avec les États-Unis. En cause : une vague de frappes israéliennes meurtrières sur le sud du Liban, selon trois sources proches du dossier citées par le Financial Times.

Téhéran conditionne sa venue à des garanties sur l’arrêt des hostilités au Liban, un point inscrit dans l’accord intérimaire signé mercredi entre Washington et Téhéran. Le texte prévoit la cessation immédiate et permanente des combats, Liban compris, et des médiateurs cherchent à débloquer la situation.

Pourquoi l’Iran a-t-il reporté les discussions ?

Les frappes israéliennes menées dans la nuit et jusqu’au vendredi matin ont touché plus de dix villages du sud du Liban, faisant 18 morts et 33 blessés, d’après le ministère libanais de la Santé. Le Liban reste le point de friction central de l’accord : l’Iran soutient le Hezbollah et a exigé que le pays soit intégré au règlement régional.

Téhéran campe sur une ligne simple : pas de Liban, pas d’accord. Le pays estime tenir le bon bout et pouvoir arracher des concessions à Washington sur la guerre israélienne au Liban. Le message transmis par les Iraniens, selon un diplomate :

Nous avons retenu le Hezbollah, les États-Unis n’arrivent pas à retenir Israël.

Tant que cela ne change pas, ils ne viendront pas.

L’armée israélienne affirme avoir visé le Hezbollah en réponse à des violations répétées du cessez-le-feu, avec de nouveaux raids vendredi matin, notamment dans la plaine de la Bekaa. Quatre soldats israéliens ont été tués peu après minuit dans l’attaque d’un char à Tebnit, et cinq autres blessés par un drone, d’après la même source. Côté libanais, les bombardements empêchent l’évacuation des victimes, et un secouriste a péri avec sa famille dans une frappe sur le village de Sharqieh.

Un accord encore fragile

L’accord intérimaire prolonge le cessez-le-feu de soixante jours, rouvre le détroit d’Ormuz et fixe un cadre pour les futures discussions sur le programme nucléaire iranien. La Maison Blanche a précisé que les pourparlers techniques n’étaient pas finalisés et que le vice-président JD Vance n’avait pas pris l’avion pour la Suisse jeudi soir, la délégation américaine se disant prête à partir à la première occasion.

Le report a aussi cloué au sol d’autres responsables. Le chef de l’armée pakistanaise Asim Munir et le Premier ministre Shehbaz Sharif devaient rejoindre la Suisse pour l’ouverture des négociations techniques ce vendredi. Leurs déplacements sont annulés pour l’instant.

Pourquoi ce dossier compte pour les marchés

Le détroit d’Ormuz est le nerf de la guerre. Par ce passage transite une part majeure du pétrole mondial, et sa réouverture, prévue par l’accord, a fait refluer les cours. Comme nous l’avions évoqué, le Brent a perdu près de 9 % sur la semaine et la prime géopolitique qui dopait les actifs risqués s’est dégonflée. Un blocage durable des négociations remettrait cette accalmie en question, avec un effet direct sur l’énergie, les Bourses et, par ricochet, les cryptomonnaies.

Et maintenant ?

Deux sources évoquent une reprise possible des discussions dès lundi, à condition que la situation au Liban se calme. Une troisième n’avance aucune date. Côté israélien, la pression monte : après la mort des quatre soldats, les ministres d’extrême droite du gouvernement Netanyahou réclament une riposte musclée. Le compte à rebours de soixante jours laisse une marge étroite, et chaque frappe au Liban rapproche un peu plus le règlement de la rupture.

Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email

Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.

En savoir plus sur notre newsletter crypto →
Retrouvez toute l'actualité dans notre rubrique TradFi sur Coin Academy.
Articles qui pourraient vous intéresser
Logo CoinAcademy
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.