Ce qu’il faut retenir :
- L’Iran et les États-Unis ont conclu un accord pour rouvrir le détroit d’Ormuz et prolonger le cessez-le-feu.
- La signature est prévue vendredi en Suisse, et la guerre doit prendre fin sur tous les fronts, y compris au Liban.
- Le pétrole décroche déjà et les Bourses mondiales rebondissent, soulagées par la perspective d’une fin de crise énergétique.
L’accord tant attendu est là. Donald Trump a annoncé qu’un accord entre les États-Unis et l’Iran, visant à rouvrir le détroit d’Ormuz et à prolonger le cessez-le-feu, était désormais « complet ». Cette percée diplomatique, qui couronne des semaines de négociations laborieuses depuis la trêve initiale du début avril, doit être signée vendredi en Suisse et promet d’apaiser la crise énergétique mondiale provoquée par le conflit.
Réouverture du détroit et fin du blocus
Le cœur de l’accord est limpide. À la signature, « le pétrole coulera de nouveau » pour la région et le monde, s’est félicité Trump. Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a confirmé la finalisation d’un mémorandum d’entente, ajoutant que la guerre prendrait fin « définitivement et immédiatement sur tous les fronts, y compris au Liban ».
Le détroit, de fait fermé depuis le 28 février, serait rouvert progressivement à mesure que l’Iran déminera la zone durant les trente premiers jours, sans péage pendant la période de 60 jours. Les États-Unis lèveraient en parallèle leur blocus naval des ports iraniens et accorderaient à Téhéran une dérogation pour vendre son pétrole.
Le volet nucléaire et les médiateurs
L’accord comporte aussi un pan nucléaire. L’Iran réaffirmerait qu’il ne cherche pas à se doter de l’arme atomique, et des discussions porteraient sur le sort de son stock d’uranium enrichi, qui dépasse les 9 000 kg, dont 440 kg proches du niveau militaire. Téhéran, qui assure poursuivre un programme civil, accepterait a minima de diluer cet uranium sur place sous supervision de l’AIEA.
Tout allègement des sanctions resterait progressif et conditionné aux avancées des pourparlers. La médiation a été menée par le Pakistan et le Qatar, dont les négociateurs ont passé 17 heures à Téhéran. Des réunions préparatoires se tiendront cette semaine à Doha avant la cérémonie en Suisse, a indiqué le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.
Les marchés respirent, Israël en trouble-fête
La réaction des marchés a été immédiate. Le Brent a chuté de 4,4 %, à 83,51 dollars le baril, tandis que l’indice Stoxx Europe 600 grimpait à un record et que les contrats à terme américains pointaient en hausse. La percée est toutefois survenue quelques heures après que Trump eut tancé Benjamin Netanyahou, à la suite d’une frappe israélienne contre le Hezbollah près de Beyrouth, qui menaçait de faire dérailler l’accord. Le texte appelle d’ailleurs à la fin de toutes les hostilités régionales, y compris le conflit israélo-libanais. Trump, lui, reste pressé de faire baisser les prix de l’essence avant les élections de mi-mandat de novembre.
Et maintenant ?
La signature de vendredi et les discussions techniques qui suivront seront déterminantes, car l’application de l’accord, du déminage au volet nucléaire en passant par le front libanais, reste semée d'embûches. Mais s’il tient, le reflux du pétrole desserrera l’étau de l’inflation et des taux, offrant un vent porteur aux actifs risqués. Comme nous l’évoquions, le bitcoin a déjà repris des couleurs et les Bourses bondissent, à quelques jours d’une réunion décisive de la Fed.
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