Ce qu’il faut retenir :
- Le WSJ accuse Binance d’avoir facilité 850 millions de dollars de transactions via un réseau lié au régime iranien dirigé par Babak Zanjani.
- Le CEO Richard Teng qualifie le rapport de “fondamentalement inexact” et affirme que les transactions ont eu lieu avant les sanctions.
- Une enquête du DOJ examine si l’Iran a utilisé Binance pour contourner les sanctions américaines, avec plus d’un milliard de dollars potentiellement routés.
Un réseau de 850 millions dénoncé par le WSJ
Le Wall Street Journal accuse Binance d’avoir servi de plateforme à un réseau de paiements lié au régime iranien, facilitant environ 850 millions de dollars de transactions sur deux ans. Le réseau était dirigé par Babak Zanjani, financier iranien qui se présente comme un opérateur “antisanctions”.
Selon le rapport, une grande partie des transactions transitait par un seul compte de trading qui est resté ouvert jusqu’en janvier dernier. Les proches de Zanjani, incluant sa sœur, sa compagne et un directeur de son entreprise, géraient des comptes supplémentaires accessibles depuis les mêmes appareils. Les enquêteurs internes de Binance avaient signalé ce schéma suspect, le compte principal continuant de fonctionner pendant au moins 15 mois.
Binance rejette “catégoriquement” les accusations
Le CEO de Binance Richard Teng a qualifié le rapport du WSJ de “fondamentalement inexact” sur X. Il affirme que les transactions évoquées ont eu lieu avant que les individus concernés ne soient sanctionnés et que Binance avait proactivement enquêté sur ces activités avant que le journal ne les contacte.
Un porte-parole de l’exchange précise que Binance “n’a autorisé aucune transaction avec des individus sanctionnés” et accuse le WSJ de “considérablement exagérer le rôle de Binance” en confondant l’activité blockchain globale avec les flux directs de la plateforme. L’exchange maintient une “tolérance zéro pour les activités illicites”.
Bataille juridique en cours avec le WSJ
Cette nouvelle controverse intervient alors que Binance poursuit le WSJ en diffamation depuis mars pour un rapport similaire publié en février. La plainte conteste les allégations sur les flux liés à l’Iran et le licenciement d’enquêteurs internes de conformité.
Le Département de la Justice américain enquête parallèlement pour déterminer si l’Iran a utilisé Binance pour contourner les sanctions américaines. Plus d’un milliard de dollars auraient été acheminés via la plateforme vers des réseaux liés à des groupes militants soutenus par l’Iran.
Ce qu’il faut surveiller
Le Trésor américain a exigé en mai que Binance respecte strictement le programme de surveillance de conformité indépendant issu de son plaidoyer de culpabilité de 2023. Cette demande fait suite à de nouveaux rapports évoquant plus d’un milliard de dollars transitant vers des entités liées à l’Iran en 2024 et 2025.
L’évolution de la procédure en diffamation contre le WSJ et les résultats de l’enquête du DOJ détermineront si Binance fait face à de nouvelles sanctions réglementaires ou financières.
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