Ce qu’il faut retenir :
- Donald Trump affirme que le cessez-le-feu avec l’Iran reste “en vigueur” malgré des frappes américaines qu’il qualifie de simple “love tap”.
- Washington et Téhéran s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les affrontements de jeudi dans le détroit d’Ormuz, où trois destroyers américains ont essuyé des tirs iraniens.
- Le Brent se maintient autour de 100,64 $ (+0,6 %), les EAU ont intercepté de nouveaux drones et missiles iraniens, et l’Iran a saisi un pétrolier.
Le cessez-le-feu tient, sur le papier. En pratique, les États-Unis et l’Iran continuent de se frapper mutuellement dans et autour du détroit d’Ormuz. Donald Trump a déclaré vendredi que la trêve en vigueur depuis le 8 avril restait “toujours en effet”, qualifiant les frappes américaines de jeudi de simple “love tap” (tape amicale).
S’il n’y a pas de cessez-le-feu, tu n’auras pas besoin de le savoir. Tu n’auras qu’à observer une grande lueur qui émanera d’Iran.
Chacun accuse l’autre
Les versions divergent radicalement. Washington affirme que l’Iran a tiré des missiles, des drones et lancé des attaques de vedettes rapides “sans provocation” contre trois destroyers américains transitant par le détroit d’Ormuz vers le golfe d’Oman.
L’Iran accuse les États-Unis d’avoir violé le cessez-le-feu en lançant des frappes aériennes contre un pétrolier iranien et un autre navire dans le détroit. Le commandement militaire unifié iranien (Khatam al-Anbiya) dénonce également des bombardements américains sur des zones côtières iraniennes, notamment Bandar Khamir, Sirik et l’île de Qeshm, conduits “avec la coopération de certains pays de la région”. Téhéran affirme que ses forces ont riposté en attaquant les navires de guerre américains.
Saisie d’un pétrolier et nouvelles frappes sur les EAU
L’agence de presse iranienne Tasnim a rapporté vendredi que des commandos navals iraniens avaient saisi le pétrolier Ocean Koi pour avoir tenté de forcer le blocus. La vidéo de l’opération, filmée de nuit, a été diffusée sans précision sur la date exacte de l’incident.
Les Émirats arabes unis ont de nouveau été ciblés. Abu Dhabi a confirmé vendredi avoir intercepté des drones et des missiles iraniens, dans la continuité des représailles iraniennes liées au “Project Freedom”. Plus tôt dans la semaine, l’Iran avait frappé une installation pétrolière à Fujairah avec plus d’une douzaine de missiles et drones.
Project Freedom en pause, négociations en cours
Trump avait suspendu mardi le “Project Freedom”, l’opération d’escorte de navires commerciaux à travers le détroit, seulement un jour après son lancement, pour laisser de l’espace aux négociations. L’Iran a indiqué cette semaine qu’il étudiait une proposition américaine pour mettre fin à la guerre, rouvrir le détroit d’Ormuz et conclure un accord sur son programme nucléaire, en échange d’un allègement partiel des sanctions et du déblocage d’actifs iraniens gelés.
Trump avait suggéré mercredi que la campagne militaire prendrait fin bientôt et que le détroit serait “ouvert à tous”. Mais les écarts entre les parties restent considérables. Le président américain a prévenu que si l’Iran refusait un accord, “les bombardements reprendraient à un niveau et une intensité bien supérieurs à avant”.
Les marchés digèrent l’ambiguïté
Le Brent se maintenait à 100,64 $ le baril vendredi (+0,6 %), un niveau qui reflète l’incertitude persistante. Les actions européennes reculaient : le Stoxx Europe 600 perdait 0,8 %, le Dax allemand 0,9 %.
Le double blocus reste en place : la marine américaine empêche les navires d’entrer ou de sortir des ports iraniens, tandis que l’Iran bloque le transit dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement un cinquième du pétrole et du gaz mondial.
Ce qu’il faut surveiller
La définition du cessez-le-feu est devenue purement rhétorique : les deux camps échangent des tirs quotidiens tout en affirmant que la trêve tient. La capacité de l’Iran à saisir des pétroliers et à frapper les EAU pendant un cessez-le-feu officiel pose la question de la crédibilité du processus de paix.
La réponse de Téhéran à la proposition américaine sera le prochain moment décisif. Si les négociations échouent, l’escalade promise par Trump ramènerait le Brent bien au-dessus des 100 $ et aggraverait le choc inflationniste mondial.
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