Pete Hegseth et l’ETF défense : une tentative d’investissement avant la guerre en Iran

Le broker de Pete Hegseth aurait visé l’ETF défense IDEF avant l’attaque contre l’Iran. Une affaire qui ravive les soupçons éthiques.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Le broker de Pete Hegseth a sondé BlackRock pour un investissement de plusieurs millions de dollars dans IDEF, un ETF sur la défense, avant l’attaque contre l’Iran.
  • L’opération n’a pas abouti car l’ETF n’était pas encore accessible aux clients Morgan Stanley.
  • Le timing relance les soupçons de conflit d’intérêts autour du secrétaire américain à la Défense.

Le sujet est explosif à Washington. Selon plusieurs sources proches du dossier, le broker de Pete Hegseth, actuel secrétaire américain à la Défense, a approché BlackRock en février pour investir plusieurs millions de dollars dans IDEF, son ETF exposé aux industriels de la défense, quelques semaines avant les frappes américano-israéliennes contre l’Iran.

L’information, révélée par le Financial Times, place immédiatement la question du conflit d’intérêts au centre du débat. Hegseth figurait parmi les plus fervents soutiens internes d’une intervention militaire contre Téhéran.

Un ETF défense ciblé avant une décision géopolitique majeure

Le fonds visé, IDEF, pèse 3,2 milliards de dollars et mise sur les entreprises susceptibles de profiter d’une hausse des dépenses militaires mondiales. Ses principales positions incluent RTX, Lockheed Martin, Northrop Grumman et Palantir, soit des groupes directement liés aux contrats du Pentagone.

Autrement dit, il s’agit d’un produit parfaitement aligné avec une thèse d’investissement simple : plus les tensions géopolitiques montent, plus les budgets défense peuvent accélérer.

Le point sensible n’est donc pas la logique financière. C’est le timing. Le département dirigé par Hegseth préparait alors une campagne militaire de grande ampleur contre l’Iran, ce qui rend toute exposition personnelle au secteur particulièrement problématique sur le plan éthique.

Une transaction avortée, mais un risque politique intact

L’investissement n’a finalement jamais été exécuté. La raison est technique : IDEF n’était pas encore disponible à l’achat pour les clients de Morgan Stanley.

Ce détail évite à l’affaire de basculer dans un possible scandale de trading opportuniste pleinement matérialisé. Ironie du calendrier, cette absence d’exécution lui a même probablement évité une mauvaise performance de court terme.

Si IDEF affiche encore une hausse de 28 % sur un an, le fonds a reculé d’environ 13 % sur le dernier mois, malgré la guerre au Moyen-Orient.

Mais l’essentiel n’est déjà plus la performance. Le simple fait qu’un conseiller ait envisagé ce positionnement alors que son client pilotait l’appareil militaire américain suffit à nourrir la controverse.

Démenti du Pentagone, Wall Street sous surveillance

Le Pentagone a rapidement contre-attaqué. Sean Parnell, porte-parole en chef, a qualifié l’accusation de « totalement fausse et fabriquée », affirmant que ni Hegseth ni ses représentants n’avaient contacté BlackRock.

Ni BlackRock ni Morgan Stanley n’ont commenté.

L’affaire intervient dans un climat déjà tendu, où les analystes de Wall Street surveillent de près les flux sur les marchés financiers et les plateformes prédictives avant les décisions majeures de l’administration Trump.

Le passif financier de Hegseth alimente aussi les interrogations. Sa dernière déclaration patrimoniale montrait la vente de titres dans 29 sociétés différentes, tandis que ses revenus récents incluaient 4,6 millions de dollars de salaires chez Fox News, des avances sur livres et près de 900 000 dollars de conférences.

Ce qu’il faut surveiller

La vraie question est désormais réglementaire : les autorités américaines vont-elles examiner les échanges entre le broker, Morgan Stanley et BlackRock ?

Même sans transaction finalisée, le dossier pose une question de gouvernance fondamentale : un responsable directement impliqué dans une décision militaire peut-il, même indirectement, chercher à se positionner sur les gagnants boursiers potentiels de cette décision ?

Dans le contexte actuel, le risque n’est plus financier. Il est institutionnel.

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