Cuba : Trump affirme qu’il aura “l’honneur” de “prendre l’île sous une forme ou une autre”

Trump affirme pouvoir “prendre Cuba sous une forme ou une autre”. L’île subit une panne électrique nationale totale alors que le blocus américain s’intensifie.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Donald Trump a déclaré lundi depuis le Bureau Ovale qu’il pourrait “libérer ou prendre Cuba”, qualifiant l’île de “nation très affaiblie” après des mois de blocus énergétique américain.
  • Cuba a subi lundi une panne électrique totale à l’échelle nationale, après une “défaillance complète” du réseau électrique nationale selon le ministère cubain de l’énergie.
  • Le New York Times rapporte que l’administration Trump chercherait à obtenir la destitution du président cubain Miguel Díaz-Canel.

Les déclarations de Donald Trump sur Cuba franchissent un nouveau seuil. Lundi, depuis le Bureau Ovale, le président américain a affirmé qu’il aurait “l’honneur” de “prendre Cuba, sous une forme ou une autre”, ajoutant :

Que je la libère ou que je la prenne, je pense que je pourrais faire tout ce que je veux avec elle, à vrai dire. C’est une nation très affaiblie en ce moment.

Un blocus qui étouffe l’île

Ces déclarations interviennent alors que Cuba traverse une crise économique et énergétique sans précédent, directement aggravée par la politique américaine. En janvier, Washington a bloqué les livraisons de pétrole vénézuélien à destination de l’île, privant ainsi Cuba de son principal fournisseur d’hydrocarbures. Le Venezuela envoyait du brut en échange de médecins et d’agents de contre-espionnage, jusqu’à l’arrestation de son président Nicolás Maduro le 3 janvier par des forces américaines.

Le Mexique, autre fournisseur historique, a lui aussi suspendu ses livraisons ces dernières semaines sous la menace de tarifs douaniers de l’administration Trump. Cuba ne produit qu’environ 40 % du pétrole nécessaire à sa demande intérieure, rendant le pays structurellement dépendant de ses importations pour alimenter les foyers, le tourisme et l’agriculture.

La situation est telle que lundi, l’ensemble du territoire cubain s’est retrouvé privé d’électricité, après ce que le ministère de l’énergie et des mines a décrit comme une “défaillance totale” du réseau électrique national. L’ambassade américaine à La Havane a indiqué sur X qu’il n’y avait “aucune information sur le moment où le courant serait rétabli”. Carlos Fernández de Cossio, vice-ministre cubain des Affaires étrangères, a directement mis en cause Washington : “Les officiels du gouvernement américain doivent se sentir très heureux du mal causé à chaque famille cubaine.”

Des négociations en cours, une destitution en vue ?

Malgré la rhétorique agressive, des contacts diplomatiques semblent se nouer. Trump a confirmé que Cuba et les États-Unis étaient “en discussions”, sans préciser leur nature. Quelques jours plus tôt, le président cubain Miguel Díaz-Canel avait évoqué des efforts pour trouver des “solutions négociées” au blocus énergétique.

Trump avait déjà suggéré la possibilité d’une “prise de contrôle amicale” de l’île caribéenne. Cette logique s’inscrit dans un schéma déjà observé en Iran et au Venezuela, où l’administration américaine a ciblé les dirigeants en place tout en laissant les régimes institutionnels intacts.

Le New York Times rapporte par ailleurs que Washington chercherait activement à obtenir la destitution de Díaz-Canel lui-même. Le FT précise ne pas avoir pu vérifier cette information de manière indépendante. En coulisses, le petit-fils de Raúl Castro (frère de Fidel, toujours influent au sein de l’armée et de l’appareil politique) serait en train de négocier avec Washington, ce que La Havane refuse de confirmer ou d’infirmer.

Premières fissures dans la société cubaine

Les conditions de vie dégradées commencent à générer une contestation visible, rare pour un régime qui contrôle étroitement l’espace public. Vendredi soir, une manifestation a éclaté à Morón, où des manifestants ont incendié le siège local du Parti communiste, selon des sources officielles.

Le gouvernement tente en parallèle d’ouvrir prudemment certaines vannes économiques : le vice-Premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga a annoncé lundi que les Cubains de la diaspora pourraient désormais investir dans des entreprises sur l’île. Un geste de portée symbolique, encore largement bridé par l'embargo américain de grande envergure, qui reste en vigueur.

Ce qu’il faut surveiller

La trajectoire de la crise cubaine dépendra de plusieurs variables simultanées : l’issue des négociations entre La Havane et Washington, la capacité du régime à résister aux coupures d’électricité prolongées sans provoquer une contestation de masse, et la position que prendront d’éventuels nouveaux fournisseurs d’énergie.

Les déclarations de Trump sur une éventuelle “prise” de l’île, même rhétoriques, posent la question de jusqu’où Washington est prêt à aller dans sa pression sur un régime vieillissant et de plus en plus fragilisé.

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